AccueilAccueil  FAQFAQ  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 synthia ϟ bulle de chagrin, boule d'incertitude

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Synthia Eden Grey
Ambitieuse préfète de Salazard. Ruse, pouvoir & responsabilités
avatar
Ambitieuse préfète de Salazard. Ruse, pouvoir & responsabilités

ϟ Parchemins : 1634
ϟ Célébrité : Juno Temple



MessageSujet: synthia ϟ bulle de chagrin, boule d'incertitude   Mer 20 Fév - 23:46


Synthia Aemilya Silva Eden Grey
« Tant de matins que rien ne dissimule, je veux mon hiver, m'endormir loin de tes chimères.
Je sais bien que je mens, je sais bien que j'ai froid dedans.»
« Ce n’est pas du chagrin qui coule sur ma joue. C’est le soleil qui abuse tes yeux. Ce n’est pas des bleus que tu vois sur mes poignets. C’est l’ombre de cet arbre qui te joue un tour. Ce ne sont pas des larmes de douleur qui s’apprêtent à tomber de mes yeux. C‘est l‘éclat de mes yeux qui te trouble ou bien des perles d‘émotions parce que je suis heureuse de te voir. Ce n’est pas un frisson de peur qui m’a parcouru quand il est venu. C’est juste qu’il fait froid ici. Ce ne sont pas des ongles rongés par l’appréhension. Ce sont des ongles cassés parce que je suis tombée. Ce n’est pas un réflexe d’enfant battu. C’est juste que je ne te prêtais pas attention, je ne t’ai pas vu. Ce n’est pas ma lèvre qui saigne. C’est du rouge mal effacé. Ce n’est pas moi que tu vois. C’est juste une poupée brisée sans intérêt, repose-la dans sa malle. Dans son obscurité. »
Poudlard & Serpentard ϟ 20 ans & née le 7 août 2013 ϟ Anglaise
10ème année ϟ sang-mêlée



Vengeance & ambition

ambitieuse ϟ fourbe ϟ hait les Serpentard par principe ϟ déterminée ϟ complètement indécise ϟ courageuse voire inconsciente ϟ rusée ϟ sournoise ϟ peste ϟ cynique ϟ douce ϟ non sûre d'elle ϟ hypocrite surtout envers elle-même ϟ taquine ϟ curieuse ϟ optimiste ϟ garce à ses heures perdues ϟ j'm'en foutiste ϟ collectionneuse d'heure de colle ϟ arrogante ϟ forte tendance à la perversité ϟ malsaine ϟ chiante ϟ perturbée ϟ solitaire malgré un fort besoin d'être entourée ϟ indépendante ϟ tient à sa liberté ϟ jalouse ϟ souriante ϟ sociable ϟ manipulatrice ϟ téméraire ϟ observatrice ϟ réfléchie ϟ attachante ϟ un grain de folie bien dissimulé ϟ mystérieuse ϟ franche ϟ spontanée ϟ rancunière ϟ fière ϟ paranoïaque ϟ culottée ϟ sans gêne ϟ enfant battue


Mes indiscrétions

Histoire des prénoms Synthia Aemilya Silva Grey. Des consonances latines. À l’origine de cette bizarrerie, une famille complète de mages noirs ayant voulu marquer à jamais cette enfant qui n’aurait pas dû naître parmi eux. Aemilya pour la rivalité, et Silva pour le mystère de la forêt. Pourquoi n’aurait-elle pas dû naître ? Celle qui l’a enfanté n’est qu’une ignoble sang-de-bourbe : Anne-Sophie Eden Grey. Synthia devint ainsi une progéniture souillant une illustre famille de sang-pur. Une sang-mêlé donc. Mais pour les intimes uniquement. La valeur du sang tient une place très importante chez les Grey. Bien plus importante qu’il n’y paraît.

Famille et réputation Famille implantée en Grande-Bretagne et en Russie, le nom des Grey est indissociable de la magie noire. À l’époque du règne de Lord Voldemort, la plupart de ses membres se rangèrent même dans les rangs des Mangemorts. Les Grey sont vils, manipulateurs et peu digne de confiance ; mais ils aiment par-dessus tout les postes à responsabilités. Très vieille famille de sorciers, leur sang se veut être des plus purs. Ils ont d’ailleurs toujours prôné cette valeur du sang, mais aussi celle de la puissance, convaincus que l’un ne peut aller sans l’autre. Les mariages arrangés sont une coutume de cette famille.
Deux branches de la famille sont établies en Grande-Bretagne. En Angleterre, celle du Ministre de la Magie et chef des langues-de-plombs, Rafael Septymus Grey, dont son unique descendant est son fils rebelle Owen Grey. Le frère de Rafael, Aethur Grey se maria avec une sang-mêlée, l’auror Anne-Sophie Eden Grey ; de cette union naquit le fruit pourri de la famille, celle qui devait souiller le sang des Grey : Synthia Eden Grey. L’autre branche britannique se trouve en Écosse, elle est cousine de celle d’Angleterre.
Le patriarche du clan Grey est Rafael Septymus Grey.
Suite au mariage d’une Grey avec un Leroy de Buzet, ces deux familles sont unies par les liens du sang depuis un siècle au moins. Mais à part les membres des deux familles, nul ne le sait.

Les Eden ne sont pas connus pour la pureté de leur sang loin de là. D’ailleurs les sorciers dans cette famille se font assez épisodiques, la sorcellerie saute des générations et ne prend racine que chez les filles. Seules les filles Eden ont eu la chance de devenir des sorcières. Des sorcières qui ont tendance à faire du bruit autour d’elle, elles sont fracassantes. De nature sang-mêlé, les rumeurs de la famille veulent même que la première sorcière soit née de parents moldus. Implantée en France, puis en Angleterre, la famille est autant ancrée dans le monde magique que moldu, ils ne font pas de différences. Chez les Eden, certaines particularités sont prouvées. Chez les Eden toutes les femmes sont blondes. Chez les Eden seules les femmes sont des sorcières, mais pas toutes. Chez les Eden la maladresse est une amie de tous les jours. Chez les Eden les sortilèges et enchantements sont un don inaliénable.
Actuellement, en plus de se trouver en France et en Angleterre, un couple d’Eden se trouve en Amérique. La famille, d’apparence sans histoire a été frappée d’un drame sans précédent. Une des membres Eden, la sorcière Anne-Sophie Eden en plus de s’être unie à un mage noir, Aerthur Grey, a trouvé la mort de manière violente. Auror espionne elle était en réalité infiltrée chez les Grey, cette famille qu’elle aimait autant qu’elle haïssait. Suite à ce décès les Eden ce sont fait rare voire inexistant, la sœur de cette dernière Charlotte Eden a d’ailleurs forcé toute sa petite famille à déménager en Amérique. Le nom Eden ne refit surface en Grande-Bretagne que lorsque l’on apprit que la mystérieuse Anne-Sophie Eden n’était en réalité pas morte. Le gouvernement l’avait caché pendant plus de quinze années. A partir de là les Eden reprirent leur place dans le décor de l’action. Le Ministère venait de retrouver une de ses plus grandes aurors, et certains firent un peu plus attention à la nièce du ministre de la magie, fille de l’auror : Synthia Grey, (re)devenue il y a peu Eden Grey.
Pour l'anecdote, les Eden unis depuis la naissance de Anne-Sophie et Charlotte aux Vallins n'aurait fourni qu'une autre et unique sorcière dans une branche cousine de l'arbre. Sorcière unique en tous points également, mais le sang est là. Il se trouve que Maureen Filztter-Muray appartiendrait à cette branche familiale. Totalement brune et d'une précision sans égal, le sang Vallin a largement dilué celui des Eden.


Baguette magique Sa baguette est faite en bois de tremble. Elle mesure exactement 22,5 centimètres, elle est de ce fait facilement maniable en plus de sa légèreté. À l'intérieur de la baguette s'y trouve la crinière d'un animal représentant l'innocence à l'état pur. Il s'agit d'un crin de poulain de licorne.

Forme du patronus Comme quoi les baguettes ne choisissent pas vraiment au hasard, le patronus de Synthia est une jeune licorne, avec un détail assez surprenant pour être précisé : une crinière totalement ébouriffée. Là encore on retrouve une similitude entre la mère et la fille.

Forme de l'Epouventard On aurait pu croire que la plus grande peur de Synthia revêtirait l'apparence de son oncle dont elle a réellement une peur bleue, mais c'est bien cette peur qui est à l'origine de sa détermination. En fait, ce qui lui fait hérisser les poils de manière plus accrue, c'est le vide. L'oubli. Le rien. Toutes les souffrances du monde ne sont rien comparées au trou noir comme elle se l'imagine. La mort en elle-même l'effraie. Voilà pourquoi un épouventard prendra l'apparence d'un Détraqueur.

Animaux possédés Lorsqu'elle entra à Poudlard, Synthia ne possédait aucun animal. Elle n'en voulait pas, de peur qu'eux aussi souffrent de la même manière qu'elle. Mais avec le temps, et en grandissant, en s'affirmant également, elle finit par acquérir une chouette effraie dont le caractère adorable fini par virer à l'exécrable. Une chouette mordeuse dans sa splendeur portant le nom initial d'AnneSo, mais qui pour des raisons qui paraîtront évidentes dans le futur sera rebaptisée So. Plus tardivement encore, elle fut l'heureuse propriétaire d'un chaton bleu-gris, un mâle qu'elle nomma Eden. En grandissant, Eden affirma un caractère plutôt doux, sauf envers les filles du dortoir du Synthia, et certaines autres personnes. Disons que le chat à ses têtes.

Orientation sexuelle Si l'on s'en tient au passé peu glorieux de la verte et argent en matière d'aventures ou de relations plus ou moins suivies, le doute ne peut subsister. Elle est hétérosexuelle. Largement attirée par les charmes des êtres masculins. Jusqu'à présent, elle n'a jamais succombé à des charmes plus proches des siens. Cependant, il n'est pas dit que si l'amour lui tombe dessus et qu'il porte des talons et des longs cils qu'elle le laisse passer. Mais jamais elle ne sera automatiquement attirée par une demoiselle d'elle-même. Elle croit en l'amour, mais se ment à elle-même. D'où le nombre de ses conquêtes masculines.

Transplanage ou balai ? De balais elle en possède constamment deux. Un qui est cher à son cœur, l'autre qui lui sert lors des matchs Quidditch, car il faut savoir que depuis qu'elle a le niveau pour faire partie de l'équipe de sa maison, elle occupe le poste de poursuiveuse. Le second est généralement à la pointe de la perfection, ou bien alors suffisant pour ne pas faire partie de ce que l'on appelle des vieux coucous. Quant à l'autre balai qu'elle garde, elle ne l'utilise plus. Ce balai est un cadeau qui lui a été fait par une personne qui lui demeura longtemps inconnue : Sean Evans.

Transports en commun, voiture, vélo, à pieds ou autre ? À pieds. Elle est loin de connaître le moyen de conduire une voiture, puisqu'elle a été élevée chez les sorciers. Lorsqu'elle se rend du côté moldu, elle essaye d'éviter au maximum les transports en commun.

Études suivies Poursuivant sa quête de suivre les pas de sa mère, et celle d’être la plus forte possible pour affronter son oncle, il n’est alors guère surprenant de voir qu’elle a choisi la filière : défense et auror. Elle n’a jamais regretté son choix.

Matières préférées et détestées Les duels et les sortilèges sont sans nul doute les matières qu'elle préfère, mais aussi celle où elle a fini par exceller. Par contre, là où sert la soupe à la grimace, c'est en botanique. Cette matière ne la passionne pas, si jamais elle devait avoir besoin de plantes pour des potions, elle irait les chercher chez l'apothicaire. En parlant de potions justement, la pratique des potions est un véritable calvaire. Elle est abonnée aux chaudrons explosifs.

Cap sur l'avenir Très longtemps, elle a suivi un but précis : celui de marcher sur les traces de sa mère morte. Sauf que voilà, elle ne savait rien, ni son métier ni sa vie. Des notes qu'elle déroba dans le bureau de son oncle lui permit de remédier à cette absence d'informations : elle était auror. Ainsi donc, Synthia se prédestina à embrasser cette carrière. Malgré les différents évènements qui survinrent, son ambition demeura intacte, car en plus de suivre les pas de cette mère pas aussi morte qu'elle ne l'avait pensé, devenir auror lui permettrait d'éradiquer de la surface de la Terre toute personne similaire à Rafael Grey, son oncle. Finalement, il faut préciser que dans son futur il y a autre chose qui est très précis dans son esprit : elle tuera Rafael.



Le monde et moi

Quel est votre avis sur les moldus ? Jusqu'à maintenant et pour être tout ce qu'il y a de plus honnête, les moldus ne me faisaient ni chaud ni froid. Mes problèmes personnels me suffisaient, et me lancer dans la sauvegarde de l'idée que les moldus ne sont pas une sous-espèce des sorciers n'était pas ma priorité. Maintenant qu'ils connaissent notre existence, ils m'agacent. Je n'aime pas la possibilité d'être une bête de foire.

Que est votre avis sur les cracmols ? Selon moi, il ne faut pas les mettre dans le même panier que les moldus. Ils pourraient être pires que les moldus, certains d'entre eux jalousent nos pouvoirs. Je me méfie des cracmols.

Qui des moldus ou des sorciers sont les plus évolués ? Il est vrai que les sorciers semblent figés dans une époque ultérieure à celle des moldus. Je me poserais plutôt une autre question... Entre moldus et sorciers qui remportent la palme du moins évolué ? Ex aequo.

Que pensez-vous de ces sorciers prônant la supériorité des sang-pur ? On devrait les torturer comme ils se plaisent à torturer ceux qui ne sont pas comme eux. Ces gens-là ne sont pas fréquentables, ils ne veulent pas évoluer. Peut-être faudrait-il les envoyer tous à Azkaban, ou bien alors leur faire subir quelques rencontres avec les Détraqueurs afin de leur donner envie de perdre leurs idéologies. Je ne suis pas une fervente défenseure de la veuve et de l'orphelin, je laisse ce rôle à ma mère, mais ce genre de comportement me répugne. Mariages arrangés, consanguinité; cette race de sang pur est de la vermine. Comme toute vermine elle est difficile à exterminer.

Pensez-vous que les elfes de maisons méritent un meilleur traitement de la part des sorciers ? Oui, mais à la fois, je m'en moque un peu.

Si vous deviez choisir entre Maureen Filztter-Murray et Rafael Grey vers qui se porterait votre choix ? Ou choisir entre la peste et le choléra. L'un est mon oncle tyrannique et violent, l'autre l'ombre noire qui détenait des clefs de mon passé, mais qui n'a jamais voulu m'en parler. Et je ne mentionne pas non plus le fait qu'elle encourage ma mère à suivre la pente abrupte d'une descente vertigineuse. L'un et l'autre sont des fléaux. Trop puissants. Mais pourtant utiles.

Est-ce une bonne chose que les moldus apprennent l'existence des sorciers ? Non. La nouveauté va leur faire peur. J'attends les conséquences. J'espère juste qu'elles ne m'empêcheront pas de suivre ma quête.

Croyez-vous que le premier ministre moldu sait ce qu'il fait ou bien qu'il ne s'agit que d'un moyen de défense face à la crainte ? Absolument pas. Il ne sait pas. Il s'est réveillé un beau jour avec une conscience, se disant que cacher le secret de l'existence des sorciers devenait un mensonge d'état bien trop important. Alors il l'a révélé. Et vous savez quoi, je suis sûre qu'il ne sent pas mieux pour autant.

Quel est votre avis sur les s.e.c.t.e., ne serait-ce pas un moyen pour Poudlard et donc sa directrice d'élargir son pouvoir au monde entier ? La directrice ne prépare-t-elle pas une armée ? Il faudrait être complètement abruti pour penser ce genre de chose. Mais après tout, c'est dans les pensées les plus idiotes que l'on fait de grands projets. Peut-être faudrait-il aller lui souffler l'idée si elle ne l'a pas encore eu. Tout ce savoir venant de quatre lieux différents ne pourrait-il pas donner un cocktail complémentaire ? Mais elle ne fait pas une armée. Elle est trop droite pour ça notre adorable directrice. Si j'étais vous, je reporterais mes soupçons sur l'adjoint, son mari. Edward n'est pas net, tout le monde vous le dira.

La directrice de Poudlard, une des puissances de notre époque, est née de parents moldus. Grande sorcière au mérite immense ou usurpatrice ? Les deux. Mais je ne saurais pas vous dire pourquoi usurpatrice. Je ne la porte pas dans mon coeur et c'est ainsi. Pourtant, c'est une intime de ma famille maternelle dirons-nous.

Que pensez-vous des nés moldus ? Rien. Mis à part qu'ils auront le pouvoir un jour. J'en reste persuadé. Les persécutés sans raison valable finissent toujours par nourrir une ambition de vengeance. Je suis assez bien placée pour l'affirmer. Alors si un jour une rébellion devait avoir lieu parmi les sorciers, l'avantage serait aux nés sorciers. Ils rallieront plus de monde à leur cause, sans compter qu'ils sont bien plus nombreux que tous les sangs purs de la planète réunis.

La Gazette du Sorcier, info ou intox ? Intox. Totalement intox. On ne peut se fier aux articles de Miranda depuis le couronnement de mon oncle comme Ministre. La Skeeter ne valait déjà pas grand-chose avant qu'elle ne lui mange dans la main comme un petit piaf, alors autant dire que maintenant elle n'est plus rien. Et sa Gazette avec, tant que les choses ne changeront pas.

D'après vous, que va-t-il arriver dans un futur proche ? Je n'ai jamais porté attention au futur proche. Par contre, dans quelques années, Rafael chutera du Ministère. Il sera une honte, une risée. Il sera seul. Et il mourra. Le reste ? Je m'en moque complètement. Faites ce que vous voulez de vos moldus et de vos sorciers au sang non pur. Je n’en ai rien à faire.



Je suis moldu et je me soigne.

Juno Temple ϟ Cynthia & Fae ϟ 23 ans

Personnage inventé, poste vacant ou scénario ? Inventé !
Multicomptes ou fraîchement arrivé ? Le premier compte avant les autres !
Activité prévue sur le forum (7/7) : 7/7 en présence.
Comment êtes-vous arrivé sur MM ? Disons que je l'ai créée.
Un petit commentaire pour la fin ? Let's go ! Nous sommes de retooooour *hystérique*
Au fait, le code du règlement, tu peux nous le dire ? Je l'ai écrit le règlement, ça devrait aller -_-



(c) crédits images utilisées dans la fiche : gif thejariana; shiya ; gif ilyria





DON'T JUDGE ME
©️ ZIGGY STARDUST.


Dernière édition par Synthia Eden Grey le Lun 22 Avr - 16:41, édité 19 fois
Revenir en haut Aller en bas
Synthia Eden Grey
Ambitieuse préfète de Salazard. Ruse, pouvoir & responsabilités
avatar
Ambitieuse préfète de Salazard. Ruse, pouvoir & responsabilités

ϟ Parchemins : 1634
ϟ Célébrité : Juno Temple



MessageSujet: Re: synthia ϟ bulle de chagrin, boule d'incertitude   Mer 20 Fév - 23:46


Once upon a time...
« Fairy Tales are more than true;
not because they tell us that dragons exist,
but because they tell us that dragons can be beaten»
Croyez-vous au destin ? Croyez-vous à toutes ces balivernes ? Croyez-vous vraiment que tout est écrit ? Que nous avons un chemin déjà tout tracé ? Que tout est prévu ?
Et bien pas moi. J’ai surtout arrêté d’y croire. Je ne crois plus. Sauf en la vengeance. J’y crois dur comme fer. Vous savez pourquoi ? Parce que c’est moi, uniquement moi qui décide du moment, de la manière, du pourquoi, du comment, des conditions, du temps, du jour, de l’heure. C’est moi. Pas une saloperie de destin, d’entité supérieure qui a décidé qu’il en sera ainsi et pas autrement. Parce que, si ça existait ce genre de choses, est-ce qu’il serait normal que l’on arrache à une gamine innocente ses deux parents alors qu’elle a tout juste cinq ans ? Vous pensez vraiment que c’est normal. Pas moi. J’ai beau y penser, y repenser, retourner des milliers de fois le problème dans ma tête, je ne comprends pas. Je ne comprends pas pourquoi tout cela. Pourquoi s’acharner comme cela. Ce n’est pas humain une telle ironie du sort. Parfois, voire souvent, je me demande qui je serais devenue si je ne m’étais pas retrouvée dans ce rôle. Tout le monde doit bien se le demander au moins une fois dans sa vie. Mais pas durant l’adolescence non ? Plus tard, après avoir vécu, avoir vu, avoir senti le goût amer et sucré de la vie. Et bien parfois, j’ai l’impression, j’en suis même persuadée, que toutes les saveurs de cette foutue vie je vais les ressentir. Les bonnes, comme les mauvaises. Quand je regarde en arrière, et Dieu sait combien les années sont peu nombreuses, je ne vois qu’un parcours en dents de scie. Atteindre les sommets. Chuter. Se relever. Retomber de plus belle. Il paraît que cela forge le caractère. Il paraît bien. Cela vous change un monde, surtout lorsque vous savez par avance qu’une merde vous attend au tournant. Cela fait naître en vous des automatismes, des réactions, des modes de vie qui n’étaient initialement pas les vôtres. Si vous saviez que vous allez forcément finir par souffrir, vous ne chercheriez pas à vous en protéger ? Bien sûr que si. Quiconque saurait avec précision son futur voudrait s’en préserver s’il est néfaste. Alors moi j’ai fini par prendre cette habitude dès la première chute. Je me protège. On appelle ça l’instinct de survie. Je ne suis pas moi-même. Parce que moi est trop sensible. Moi est fragile. Moi est vrai. Alors je ne suis pas moi. Je me falsifie. Je me fais nouvelle. Je suis une fourberie de l‘esprit, rien de moins, peut-être rien de plus. Je me mens. Et j’aime ça. Avant même d’avoir le temps de me rendre compte que je me suis perdue, j’aime déjà. Je me mens et je mens. Je joue un jeu. Celui de la comédie. Jouer vous empêche alors de souffrir. Parce que ce n’est pas vous qui prenez les coups, non c’est l’autre, le personnage, le masque. J’ai ma carapace. Je me recroqueville à l’intérieur. On y est bien. Trop bien peut-être. Si bien que je me suis peut-être oubliée dans l’histoire. C’est même sûr. Alors finalement on joue un jeu, se laisse prendre au jeu, on pense gagner la partie. Mais non. En fait à partir du moment où l’on aime le jeu, on a perdu. Alors quitte à avoir perdu depuis le début, pourquoi ne pas continuer ainsi. Le mal est fait. C’est plus simple de ne pas revenir en arrière. On se complait dans la situation. Parce qu’elle est pérenne, presque sécurisante. De plus, elle est devenue la routine. Comme on le dit, c’est la solution de facilité. L’être humain a tendance à choisir ce qui est le plus facile pour lui. Pour cela, faut-il être encore capable de faire des choix. Ce n’est pas mon cas. Je laisse les autres et les aléas de la vie s’en charger à ma place. Peut-être qu’en agissant de la sorte j’avais d’abord pensé trouver un bon moyen de me protéger, me préserver. Je pensais qu’ainsi, je ne pourrais jamais m’en vouloir d’avoir été dans la mauvaise direction, puisque rien n’était de mon fait. Comme toujours, cela fonctionne très bien au début. Sauf que voilà papillonner cela va bien un temps et quand vient le moment de la prise de conscience, le temps de prendre les décisions, on se rend compte que l’on ne sait pas ce que l’on veut. Voulais-je vraiment dire ceci, ou bien alors participer à cela ? Le voulais-je vraiment ? Pourquoi faire ceci et pas cela ? Des choix. Des choix. Encore des choix. Comment voulez-vous avancer dignement quand vous ne pouvez pas prendre de décisions. Quand vous ne savez absolument pas ce que vous voulez. Si je devais un jour me confesser, mon pêché capital, n’en vous en déplaise, serait celui de l’envie. C’est elle qui me constitue. Il n’y a pas de destin qui me guide. Juste mes envies. Mon envie. Mon ambition. Celle qui me ronge de l’intérieur. Celle qui m’a permis de surmonter toutes les épreuves. La mort d’une mère. La disparition d’un père. La violence d’un oncle. Cette ambition s’est infiltrée en moi dès les premières larmes de douleur. Et comme tout, au début, on ne sent pas le changement s’opérer. On ne sent pas un sentiment prendre le contrôle sur les autres. Alors on grandit, avec cette ambition dans le cœur, et puis on comprend aussi. Terrible malédiction que celle de la connaissance. Nous devrions éternellement rester des enfants. Pleurer pour un genou écorché. Rire pour un regard échangé. Le savoir tue à petit feu. Savoir m’a fait perdre les seules parcelles d’innocence que ma mémoire avait bien voulu garder. Ces cinq années de naïveté, je les ai oubliées. Je n’ai plus d’enfance. Je n’ai plus d’histoire avec mes parents, ni même d’autres enfants. Je n’ai plus toute cette pléiade de jeux d’enfants qui nous rappelle que, au final, nous sommes tous les mêmes. Tous les mêmes avant de savoir. Ma vie à moi, elle commence à cinq ans, sans parents dans le mutisme, recroquevillée sur le sol. Pas même un pleur pour affirmer que le nouveau-né est bien en vie. Paraît que pour certains c’est un mauvais présage. Pourtant de ce bonheur oublié des brides semblent me revenir. Mais je ne les cherche pas. Je ne veux pas me souvenir comment c’était avant pour me rendre compte du désastre actuel. Rien n’est comme cela aurait dû l’être. Je suis la petite fille qui a grandi dans la peur, dans l’adversité et la vengeance comme unique leitmotiv. Qui sait ce que j’aurais pu être. Sûre de moi ? Avec des valeurs irréprochables ? Ressembler pour de bon à cette mère que j’avais idéalisée pour me servir de bouée de sauvetage ? Peut-être. Peut-être pas. Et vous savez quoi ? Si vous vous posez des questions, si vous vous demandez encore pourquoi; et bien faite comme tout le monde. Choisissez la solution de facilité. Dites-vous juste que c’est la faute à cette chose que l’on a inventée pour se soulager. Cette chose immonde à qui l’on donne tous les maux de la planète. Pour moi ce n’est pas, ce n’est plus suffisant.
Mais dites juste vous que… c’est le destin.




01. Dancing bears, painted wings
« Des images me reviennent, comme un souvenir tendre, une ancienne ritournelle, autrefois en décembre. »
Ϟ Loin du froid de décembre - Anastasia
Ϟ
Ce soir-là, c’était le premier Noël que j’allais passer chez ma tante. Mais ce n’était pas la première fois que j’allais chez elle. D’ailleurs, je connaissais déjà tous les recoins de leur immense maison par cœur, ma cousine et moi nous nous y amusions comme des petites folles. Nous étions vraiment très jeunes à cette époque, proches des trois ans, peut-être des quatre ans, je ne saurais réellement le dire. Ce qui importe c’est le souvenir. Et des souvenirs c’est bien tout ce qui me reste de ma cousine, car depuis que ma mère a voulu que l’on déménage en Amérique, retrouver Synthia n’est plus dans mes espérances, surtout avec tout ce qui s’est passé autour d’elle. Je ne sais même pas si elle serait en mesure de me reconnaître, ou bien même si elle se souvient de moi. Alors parfois j’aime me replonger dans certains souvenirs où elle y apparait, parce que mine de rien c’était le bon temps. Mes meilleurs souvenirs d’Angleterre, je pense bien. Ceux où Sofia Lohman et Synthia Grey les deux cousines terribles en faisaient voir de toutes les couleurs à leurs parents. Nous avions l’imagination débordante et beaucoup de ressources. Un peu trop peut-être. Comme ce fameux vingt-cinq décembre.

Je me souviens combien j’étais impatiente derrière la porte, combien j’aurais voulu ce soir-là être plus grande pour actionner sans relâche la cloche du manoir, et combien j’ai maudit mon oncle Aerthur d’être aussi lent à venir à nous accueillir. Dès que la porte s’ouvrit, je m’engouffrais dès l’espace suffisant, glissant un empressé, mais très poli, « Bonsoir oncle Aerthur », je gambadais dans le hall d’entrée, passais dans la salle à manger où j’ouvrais à nouveau la bouche pour un « Bonsoir tante Anne-Sophie. », et courrais vers la bibliothèque tandis que dans mon dos j’entendais le sempiternel « AnneSo, appelle-moi AnneSo ! » de ma tante, un sourire amusé aux lèvres. Sofia : un, Synthia: zéro.
C’était un jeu entre nous.
Et puis brusquement, je m’étais arrêtée sur le pas de la porte, elle était là, rigoureusement assise au centre de la salle des livres, ses yeux clairs posés sur moi. « Neuf secondes. », me dit-elle dans un sourire triomphant tandis que je baissais les épaules. Synthia : un, Sofia : un, et en plus c’était toujours elle qui détenait le record de « celle qui rejoint l’autre la plus vite tout en pensant à saluer les parents » qui était de six secondes. Puis je finis par m’installer à côté d’elle, et elle commença : « Bon cette année, le Père Noël ne pourra pas nous échapper. Nous allons l’enlever, tous les objets sont répartis aux endroits stratégiques de la maison. La corde sous le canapé qu’il faudra tirer entre les deux fauteuils en face de la cheminée. Le bois et les allumettes pour rallumer le feu à proximité. Le verre de lait dans la cuisine avec des gâteaux pour se faire pardonner. » À cet âge-là, notre plan était sans faille. En un mot parfait. Nous avions mis plusieurs jours à le mettre en œuvre, car il nous avait fallu nous renseigner auprès de nos parents pour savoir exactement quel était le chemin que le Père Noël allait emprunter. Nous avons voulu qu’ils nous confirment l’arrivée et la sortie par la cheminée, et le fait qu’il n’aille que le salon, là où se trouvait bien entendu l’immense sapin des Grey. J’étais satisfaite de cette explication et attendais désormais avec impatience le moment où nous nous glisserions hors de nos lits pour tendre un piège au Père Noël. Une satisfaction telle qu’elle s’empara de ma gorge puis de celle de ma cousine et nous rîmes de bon cœur un certain temps, jusqu’à ce que mon père passe la tête pour voir ce que nous faisions. Il s’assura que nous allions bien et pour le conforter nous nous calmâmes le regardant de nos grands yeux ronds innocents. Impossible de nous résister. Déjà à cet âge nous avions vite compris ce potentiel qui était le nôtre. Deux petits anges blonds et malicieux. Rien n’aurait pu nous arrêter.
Même à table nous n’avions pu cacher notre empressement. Si bien que pour nous occuper nous avions fini par nous lancer dans une véritable guerre de lancer de petit pois. Un manège qui dura un certain temps dans la mesure où cela ne semblait pas déranger les adultes. Néanmoins lorsque nous croisâmes le regard rempli de reproches de tante Anne-Sophie suivi du regard amusé de son mari, je sentis bien Synthia hésiter un instant. En fait, ce n’était pas de l’hésitation, elle avait juste fait dévier la trajectoire de ses projectiles histoire que sa mère soit le moins touchée possible par ses attaques. Une stratégie qui sembla porter ses fruits, nous pûmes nous amuser à coups de poing sur nos cuillères retournées jusqu’au moment de l’arrivée du dessert. Bûche de Noël. Chocolat. Nous étions à ce moment-là sages comme des images, bien que presque sautillantes sur nos chaises.
Le repas touchant à sa fin, nous jouâmes aux enfants fatiguées, nous étirant de tout notre long avec à la clef quelques bâillements. Les parents ne tardèrent à nous envoyer au lit, perplexes, mais cela leur laissait le temps de savourer les bouteilles encore bien remplies disposées sur la table. Pas d’enfants pour vous forcer à vous modérer. Ils nous virent quitter la table avec soulagement, et nous avec excitation, car bien évidemment le début de notre plan était pleine action. Ça y est, les rouages venaient de se mettre en marche. Le Père Noël n’allait pas tarder à vivre chez nous.

Comme des professionnelles, nous enfilâmes notre costume d’aventurière de la nuit avec fierté. Il ne s’agissait ni plus ni moins que de nos chemises de nuits, des pyjamas qui prenaient une tout autre allure en cette occasion. L’une comme l’autre nous étions pieds nus, et nous attendions patiemment que le bruit venant de la salle à manger commence à s’estomper, c’était le signal de l’arrivée du père Noël. Je me souviens que pendant que j’écoutais attentivement à la porte, Synthia escaladait pour la seconde fois la commode pour aller tendre la main vers un bougeoir. Cette fois, elle ne tomba pas et lorsqu’elle retoucha le sol ce fut une bougie dans une main, une tablette de chocolat dans l’autre. « Je n’allais tout de même pas oublier l’essentiel », me dit-elle blasée en passant à côté de moi me donnant nonchalamment la tablette au passage. Quand j’y repense, je dois dire qu’elle avait le don de penser à des détails déroutants parfois. Il y avait quelques minutes à peine elle venait de faire preuve d’une très grande maladresse en posant son pied sur une broderie la faisant ainsi glisser, et pourtant elle avait été en mesure de mettre au point ce plan sans rien oublier, sans que rien ne soit du fait du hasard. Je ne sais pas si elle a fini par garder cette manière de procéder, mais en tout cas à cet âge là, elle était très sélective dans ce qui en valait la peine. Kidnapper le Père Noël en valait, de toutes évidences, la peine.
Le temps passa et les provisions gourmandes vinrent à manquer. Je crois même que j’avais commencé à piquer du nez lorsque Synthia me secoua par les épaules pour me dire qu’il fallait se dépêcher. IL était là. C’était LE grand moment de la soirée. Nous nous faufilâmes dans le couloir et puis à travers les escaliers. Je me souviens avoir pris la précaution de laisser Synthia passer devant histoire d’être en mesure de la rattraper en cas de chute, juste au cas où, quitte à l’attraper par les tresses pour qu’elle ne dégringole pas. Une fois dans le salon nous nous positionnâmes à toute vitesse, conscientes d’une présence humaine dans le coin, mais pas dans cette pièce, la voisine. Ce qui laissa le temps à Synthia de me lancer l’autre bout de la corde, qui gisait désormais au sol au travers des deux fauteuils derrière lesquels nous nous trouvions, persuadée d‘être totalement invisibles. Mon cœur battait la chamade et dans le noir j’étais persuadé de voir briller les yeux de ma cousine, je me souviens même avoir parié sur la couleur ces derniers. Je les imaginais profondément bleus. Puis IL fit son entrée dans le salon. IL avança des paquets à la main vers le sapin. IL enjamba notre piège. IL était à nous. Sans avoir besoin de nous concerter, nous tirâmes sur la corde en même temps, faisant choir le Père Noël. C’était l’accomplissement d’un an de frustration et de travail. J’entendis alors Synthia se relever d’un bond une exclamation de joie et de fierté à la bouche. Moi je regardais la tête du Père Noël, qui m’était étrangement familière même dans la pénombre. Pendant que Synthia sautait par-dessus notre capturé pour fêter sa victoire avec moi, la lumière se fit dans le salon.
La lumière dans nos esprits aussi.
Bouche bée se trouvaient debout devant nous les parents de Synthia et ma mère, des cadeaux sous les bras. Et au sol, celui que nous avions pris pour le Père Noël, « Mais Oncle Jason qu'est-ce que tu fais là?! », n’était autre que mon père, comme le traduisait la surprise qui se lisait dans les grandes billes rondes de Synthia.

Voilà comment avec notre imagination et en voulant égoïstement garder le Père Noël pour nous, nous avons levé le voile sur cette antique tradition enfantine.


Ϟ
Sophia Lohman, Shreveport, Louisiane
À Synthia Grey,

Chère Synthia,
Je ne sais pas si tu recevras cette lettre, mais je prends tout de même la peine de l’écrire. Pour tout te dire, cela va faire quelques jours que je reste assise devant mon parchemin et ma plume sans trouver le courage de coucher mes mots. Je ne sais même pas si tu te souviens de moi. Sache que moi je ne t’ai jamais oublié. Nous n’avions que cinq ans, je te le concède, mais tu as fait partie des sourires de mon enfance, et parfois il m’arrive de me demander ce que tu as bien pu devenir. Je garde une image de toi pétillante et d'inventrice. La Grande-Bretagne me manque. Je n’ai jamais réussi à trouver ma place ici. Il a toujours été entendu que tu étais une sorcière, tu ne seras guère étonnée de savoir que moi aussi. Salem est une école étrange. J’aurais adoré que tu sois avec moi pour la découvrir, pour y vivre aussi. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai l’impression que tu es l’amie qui m’a toujours manqué.

Ϟ
C’était une de ces nuits sans nuages. Une de ces nuits d’été où la lune éclaire le ciel et les étoiles fascinent les petits comme les grands. C’était une de ces nombreuses soirées en famille. Nos mères étaient proches, et pour une raison que je comprends désormais, elles voulaient faire de Synthia et moi des sœurs aussi complices qu’elles pouvaient l’être.
Comme à chaque fois, nous finissions toutes deux allongées sur un édredon, le ciel en face de nous, à observer le mouvement des étoiles. « Tu vois la constellation là ? »
« Laquelle ? »
« Mais celle-là, à dix étoiles de la lune »,
« Oui. »
« Je l’aime bien. », dit-elle en guise de fin de conversation. Soyons honnêtes, nous devions avoir quatre ans, et nous ne connaissions pas la carte du ciel. Ni même le nom des étoiles, encore moins des constellations, et que dire de leur mouvement. Mais parmi toutes les promesses que nous nous étions faites, j’ai tenu celle où je disais qu’un jour je saurais tout du ciel, de jour comme de nuit. J’aime l’astronomie.
« Tu crois que dans dix ans, nous pourrons encore faire ça ? »
« Oui. Sauf si maman déménage. »
« Promesse ? », dis-je en me redressant, le regard devenant de plus en plus amusé. Ma cousine me suivit dans notre rituel et me tendit son petit doigt de la main gauche. « Promesse ! » Je faisais de même et nous nous attrapions les petits doigts. « Promesse à tresses, promesse enchanteresse ! », scandâmes-nous ensemble. Vous pouvez le dire, c’était tout ce qu’il y a de plus ridicule. Mais nous avions notre petit univers. Et lorsque nous apprîmes à écrire, nous dressâmes une liste de nos promesses. Je suis celle qui détient cette liste, je l’avais gagné. Parfois, je me demande si mes souvenirs seraient les mêmes si je ne l’avais pas gardée.

Ϟ
Sans que je ne sache d’où elle vient, je fredonne très souvent une mélodie dont je ne connais ni les paroles ni l’origine. Lorsque je la chantonne, j’ai l’affreuse impression qu’il me manque quelque chose. Comme une personne pour m’accompagner. Comme si, j’avais l’habitude de chanter avec elle. Existe-t-elle vraiment ? Qui est-elle ? N’est-ce pas juste une des nombreuses inventions de mon esprit ? Ou bien, est-ce un des nombreux vestiges de mon passé ? Une de ces ruines que je veux conserver en état.





02. The forgotten childhood
« Les jeux des enfants ne sont pas des jeux, et les faut juger en eux comme leurs plus sérieuses actions. »
Ϟ Essais - Montaigne
« Allez chéri va jouer avec eux. »
« Ton gamin devient muet dès que la blondinette se pointe, si j‘étais toi je me méfierais. »
« Je suis là, tu sais. »
« Où serait l’intérêt sinon ? », avais-je dû glisser doucement à l’intention d’Anne-Sophie, tandis qu’elle prenait faussement la défense de sa fille. De la même manière que Synthia s’en prenait à mon fils je m’en prenais à la mère. Même s’il était vrai que moi je ne faisais pas manger le sable à ma voisine et n’essayais pas de la faire tomber à tous va. Il n’y avait pas à dire, déjà petite, cette gamine avait su nous montrer tout son potentiel. Le fait qu’elle ait mal tourné n’a pas été pour moi une grande surprise. Anne-Sophie n’a pas dû le voir du même angle que moi vu sa retraite forcée, quant à Lily, oh Lily et bien qu’elle repose en paix.
« Synthia est adorable. », c’était bien ainsi que Lily-Rose avait d’ailleurs l’habitude de qualifier la petite. C’était à voir. Premièrement, elle était la fille de Grey. Elle était ancrée dans ce monde et avait de la mauvaise graine en elle. Deuxièmement, elle était aussi la fille d’AnneSo. Bien sûr AnneSo je t’adore, mais tu es loin d’être un cadeau. Alors concernant sa fille elle était déjà mal partie. Sans parler de son air innocent. De la blondeur de ses cheveux. Et de la couleur de ses yeux. Un jour bleu, l’autre vert, comme si même son corps voulait nous montrer combien elle pouvait être changeante. Combien ce serait une enfant à laquelle il ne faudrait pas de fier. Bien sûr, je ne dis pas cela parce que les seuls souvenirs que je garde d’elle petite sont ceux où elle enfonce la tête de mon grand dadais de fils dans le bac à sable…

Ϟ
« Alphaïce relèves toi et ne te laisse pas faire ! », hurla presque Appoline qui pour le coup gesticulait sur le banc comme une anguille. Une scène qui était devenue une habitude depuis que nous venions toutes trois au parc avec les enfants. Cela ne faisait pas très longtemps que nous avions décidé de nous fixer de tels rendez-vous. Il fallait dire que si Appoline pouvait se permettre n’importe quelle sortie, concernant AnneSo et moi-même ce n’était pas le même combat. Et c’était bien le cas de le dire. Auror toutes deux, il était compliqué de conjuguer à l’unisson nos emplois du temps. Parfois, seuls Alphaïce et mon fils étaient présents. Ils s’entendaient d’ailleurs très bien, dans un monde parfait j’aimerais que cette entente perdure dans le temps. Pour le reste, j’avais cru que les liens se créeraient aussi facilement avec Synthia. Force fut de constater que non, et Damian devient rapidement la cible des douces moqueries d’Appoline.
J’avais beau le presser vers le bac à sable, l’y porter même, il revenait tout le temps, les mains presque jointes dans le dos ou derrière la nuque. Comme si la peur le saisissait instantanément.
« Il est peut-être amoureux le petit Turner ? », avait finit par lancer un jour Appoline. Cette pensée m’a longuement fait sourire, je dois même dire qu’elle me plaisait, tout en semblant être la plus raisonnable. Maintes fois, nous avions vu la petite Synthia venir vers nous pour essayer de lui demander s’il ne voulait pas s’amuser avec elle ou à la limite avec elle et Alphaïce. Il y avait fallu plusieurs tentatives pour qu’elle réussisse à l’attraper par la main et le tirer derrière elle. Même si la première fois, il ne la suivit que sur deux mètres et vint par la suite se cacher dans les jupons. Il était timide. Et elle, elle était adorable, un véritable petit ange. J’aimais cette petite quand elle riait aux éclats, j’aimais quand elle parlait à mon fils, j’aimais ses airs dégourdis quand elle s’en prenait à Alphaïce. Synthia était une enfant pleine de ressources et d’énergie, peut-être un peu trop taquine vous dira-t-on. Mais elle allait être une belle personne. J’en étais certaine. Elle me faisait craquer.

Ϟ
« Il a mis moins de temps aujourd’hui pour les rejoindre. »
« Forcément, la petite n’a pas arrêté de le séduire dès qu’elle la vu. »
« Hum… elle a quatre ans, quand même ce n’est pas exagéré ? »
« Justement. »
« Toi tu n’as pas digéré l’œil au beurre noir de ton fils c’est ça ? »
« Je ne vois pas pourquoi tu dis ça AnneSo »
« Il faut dire qu’elle a un bon crochet du gauche. »
« Je croyais que tu étais neutre Rose ? »
« C’est pour l’honneur de mon fils. »
« Allez-y riez, riez… ALPHAÏCE ! ICI … Les tresses… Hop tu files. »
« Oh ! »
« Là, tu exagères. »
« Je le conditionne. Il n’est pas question qu’il me ramène une blonde à la maison, elle me ferait de la concurrence vis-à-vis de son père. Je lui apprends la vie. »
« Et voilà, elle est tombée… pfff. »
« Vengeance ! Et Lily, comme ton Damian ne sait rien faire d‘autre que la suivre des yeux, il faut bien qu‘on lui résiste à la petite, d‘autant plus que cela ne peut pas lui faire de mal. »

Ϟ
Parfois lorsque je ferme les yeux, des souvenirs viennent me hanter. Des ombres dansent autour de moi. Parmi les scènes récurrentes, il y a celle où je suis debout au milieu de ce qui semble être un parc. En y regardant de plus près, je crois même que j’ai les pieds dans le sable. Autour de moi, j’entends des rires de femmes, j’entends des enfants. Je vois deux silhouettes dans mon sillage, et je sens que je les apprécie. Je sens qu’ils sont mes amis. Mais je ne les connais pas. Je n’arrive pas à savoir qui ils sont. Ils restent des fantômes de mon enfance. Des fantômes que ma mère garde avec elle, car je sais que parmi les rires des femmes j’entends le sien. Je sais qu’elle est là. Qu’elle n’est pas loin. Mais je ne lui demanderais pas. Je veux garder mes fantômes. Je les préfère comme ça.

Ϟ
« Mais.. Mais… Alphaïce ?! Oh la garce… »
« Laisse-le il adore être couché ton gamin. »
« La garce… »
« Ne me dis pas que tu as osé ? »
« Donner un surplus d’électricité statique aux cheveux de ma fille pour que mini Russelow se prenne un coup de jus ? »
« Je n’aurais pas dit mieux. »
« AnneSo, tu vas le regretter ! »
« J’adore le spectacle pas toi ? »
« Moi je suis neutre, je te rappelle. »
« Alors, cache mieux ce sourire, elle revient. »

Ϟ
Grey ? Synthia Grey ? Vous voulez vraiment que je vous parle d’elle ? Je ne suis pas sûre d’être la mieux placée pour le faire pourtant. Je préfère me tenir loin d’elle. C’est bien simple, elle me met hors de moi. Cette fille se gâche, et je ne peux pas le supporter, sans compter les piques désagréables qu‘elle me lance à chaque rencontre. Enfin… Mais tout le monde le sait ça, si je me m’abuse et en plus j’ai un cours particulier qui m‘attend avec impatience, je dois traverser les sept étages, alors… Lorsqu’elle était enfant ? Tiens c’est étrange que vous m’en parliez. Personne ne semble y faire attention ici, pas même elle c’est pour dire. Mais je crois que ça, c’est dû au choc de la perte de ses parents, elle a tout oublié. Du coup, elle a oublié que nous étions amies à cette époque. Incroyable, je le sais bien. J’ai bien essayé de laisser passer son comportement en mémoire de ses rares journées dans le parc, mais rien n’y fait je ne peux pas. En tout cas, si vous voulez mon avis, déjà petite elle cachait très bien son jeu cette chère demoiselle. Elle obtenait ce qu’elle voulait avec ses grands yeux bleus et son visage arrondit. Ce qui est amusant c’est de voir que finalement, avec les années passées et la perte de mémoire, elle a bien fini par l’avoir Damian. Façon de parler bien sûr. Même si j’ai l’impression qu’elle était bien plus sincère enfant qu’il y a quelques mois. Mais ça encore je crois que je suis une des rares personnes à pouvoir vous le dire. Ils ont tous oublié. Dam’ très certainement pour les mêmes raisons que Synthia, il faut dire que la vie n’a été très tendre avec lui non plus. Le pauvre. Quant à Alpha, je ne saurais dire. Il aurait pu oublier parce que c’était chiant de se souvenir ? Je reprends juste ses mots, quoique cela ne m’étonnerait pas. Sacré Alpha ! Si j’en ai déjà parlé à quelqu’un ? Mais non. Bien sûr que non. Je ne suis pas comme ça qu’est-ce que vous croyez. Et si vous vous le demandez, je n’irais pas lui en parler. Si elle veut parler du passé, elle viendra me trouver. De même pour Dam’ ou Alpha, et puis rien ne dit qu’ils ont tout oublié. Si cela se trouve ils sont tous très au courant du lien qui les unit enfants et ils ont décidé d’en faire fi. Après tout, Synthia et Damian ont été ensemble, et avec Alphaïce, il y a toujours cette relation comme chiens et chats. Alors, pourquoi se poser tant de questions ? Les choses ne sont-elles pas telles auraient dû être ?





03. We was family, or maybe not
« Others things may change us, but we start and end with family. »
Ϟ Antony Brant
Ϟ
Le faire-part de naissance était arrivé le matin même au manoir. Il l’avait délaissé sur la table basse du salon, jusqu’à ce que la soirée arrive. Désormais installé sur le canapé de cuir noir et dégustant un whiskey, Rafael tenait le bout de papier entre ses doigts. Il soupira tristement. Une fois. Puis il se résigna à mettre à exécution ses mises en garde. Pourquoi ne l’avait-il pas écouté ? Pourquoi Aerthur n’avait-il pas su laisser cette femme et en choisir une autre ? Il l’avait pourtant prévenu, à Poudlard déjà et même après. Il se souvenait très bien d’un de leur échange à ce propos :

« Ca y’est tu as fini de t’amuser avec la petite Eden ? »
« Je ne m’amuse pas. »
« Sois sérieux un peu. »
« Tu ne sembles pas comprendre. Je l’aime ! »
« Tu l’aimes ? Cette femme est un nid à embrouilles. »
« C’est ce qui me plait chez elle. Je vais l’épouser. Elle a dit oui. »
« Alors tu seras mort pour moi. »
« Je le suis déjà depuis que j’ai envoyé sur les roses la famille et ses affaires. »
« Ta femme et tes enfants le seront aussi. »
« Ne me menace pas Rafael. »
« Je ne menace jamais. Je préviens et j’exécute. »

Se penchant vers la table, il fit passer le faire-part au-dessus de la flamme d’une chandelle. C’était ainsi que dans son esprit, il réduit en cendres la naissance de Synthia. Ils étaient morts. Tous les trois morts. Pas encore. Mais cela ne saurait tarder. Il n’y a pas d’erreurs chez les Grey. Aerthur n’était plus un Grey mais un lâche, un déserteur, un indésirable.


Ϟ
« A ton avis, il y a quoi derrière ? »
« Mon père ne veut pas j’y aille. »
« Ça veut dire qu’il faut essayer de pousser la porte non ? ». Les yeux de Synthia venaient de s’animer d’un éclat qu’on lui connaissait bien lorsqu’elle préparait un mauvais coup. Pour l’heure, elle avait décidé de forcer la porte de cette cabane qui trônait dans le jardin immense du manoir de son oncle. Elle pouvait braver tous les interdits lorsqu’elle avait ce genre d’idée en tête. Même un interdit venant de la bouche directe du son père de son cousin Owen. Un oncle qu’elle ne portait pas vraiment dans son cœur. Pour elle, il était une ombre malfaisante, un de ces monstres que les enfants imaginent en dessous de leur lit ou bien cachés dans le placard. Ce qui posait un énorme problème à la jeune petite fille. Comment son cousin pouvait-il être le fils d’un méchant alors que lui, il était si gentil avec elle ? Lorsqu’elle venait à se poser cette question, sa logique d’enfant finissait de la convaincre. La réponse devenait évidente. Rafael n’était pas méchant, il ne savait juste pas comment sourire. Sa mère lui avait dit un soir : on ne lui a pas appris à être gentil, c’est tout mon ange. Mais Synthia était loin de se douter qu’en prononçant cette phrase sa mère n’en pensait pas le moindre mot.
« Aïe. », hurla-t-elle, une fois qu’elle et Owen se furent projetés en même temps contre la porte. Elle se frotta la tête et l’épaule. Il n’y avait pas à dire, cela faisait mal. Frustrée de ne pas trouver une solution, elle se mit à gambader autour de la cabane, et à sautiller à chaque fois qu’elle voyait une fenêtre. Essoufflée au bout de son deuxième tour, elle se posta à nouveau devant la porte, et par la même occasion devant son cousin qui n’avait pas jugé bon de la suivre dans sa course effrénée et surtout inutile. La petite blonde fit la moue, et se concentra avec une force nouvelle en fusillant du regard la porte et posa ses mains dessus. Le regard parut tellement suspect à son cousin que ce dernier finit même par s’éloigner un peu de la porte, de peur qu’elle se consume. Et il fit bien. Mais elle ne se consuma pas, non, la porte explosa en mille morceaux, et, une partie de ce que contenait la cabane avec. Une explosion qui ne passa pas inaperçue aux oreilles des adultes restés dans le manoir. Rafael arriva furibond dans le jardin. Cette remise contenait des objets devant être vendus à des sorciers dont nous tairons le nom pour question d’anonymat. Des objets rares et anciens qui venaient de partir en fumée à cause d’une gamine insouciante et trop curieuse qui voulait fourrer son nez là où elle ne devait pas. Sa colère fut telle, qu’il ne put s’empêcher de gifler violemment la gamine alors que la mère de cette dernière était elle aussi dans le manoir. Avec cet acte il récolterait plus tard un coup de poing de la part d’Anne-Sophie mais ce n’est pas ici que cette histoire à sa place.

Synthia resta plantée devant la cabane une main sur la joue et son cousin dans les parages un bon moment, une fois son oncle fut parti. Elle ne comprenait pas tout. Sauf peut-être qu’elle venait de faire de la magie. Et que pour la récompenser d’être une sorcière on venait de la frapper ? Rafael Grey était-il donc vraiment un monstre ? Oh oui, et le pire des montres pour une petite fille. Le pire.


Ϟ
Assise en tailleur dans le jardin, non loin de la balançoire alliant fer forgé et bois, Synthia attendait patiemment. Elle tripotait la boule d’onyx autour de son cou tout en attendant le retour de sa mère. Cela faisait trois jours qu’elle effectuait le même rituel. Il n’était pas rare qu’Anne-Sophie quitte la demeure pendant presque une semaine. C’est qu’elle était une auror très demandée. Un fait qui rendait la petite fille totalement admirative face à sa mère. Certes, elle ne la voyait pas autant qu’elle l’aurait voulu, mais Synthia comprenait. Sa maman se battait contre des grands méchants. Et en plus, elle gardait le sourire. L’image qu’elle avait de sa mère était celle d’une véritable héroïne. Alors elle l’attendait. Lorsqu’il faisait beau, elle était dans l’herbe, ou bien dans l’entrée de la maison, sinon elle restait bien calfeutrée à l’intérieur, assise sur la banquette derrière la fenêtre du salon. Et elle manipulait sans cesse son pendentif. Se raccrochant à ce cadeau de sa mère qui symbolisait sa présence quand elle n’était pas là.
Bien sûr, il y avait son père qui restait avec elle. Son métier, qu’elle ne sut jamais d’ailleurs, lui permettait de travailler depuis son chez-soi et ainsi de pouvoir garder un œil bienveillant sur sa perle rare qu’était Synthia. En somme, tout allait pour le mieux dans cette maison. C’était à l’extérieur que se trouvait la menace. Hors de ces murs, mais dans l’intimité de la famille. Dans l’intimité des Grey.

Puis maman revient au bout du troisième jour. Elle semblait pour le moins perturbée. C’est alors que Synthia sut lui redonner le sourire de la manière la plus adorable qu’il soit. Une simple phrase : « Ne t’en fais pas, aujourd’hui c’est moi la maman, va te reposer. » Un souvenir qui aurait pu être un des plus beaux de Synthia. Mais elle a tout oublié. Et si vous étiez curieux de savoir, la maman du reste de la journée fut bien sûr Aerthur car à cinq ans, aussi dévouée soit-elle, elle n’était pas à pas la hauteur de l’exploit.

Aerthur, Anne-Sophie et Synthia vécurent ainsi dans leur petite bulle, une fois dans la maison tous les tracas disparaissaient. Ils étaient nombreux les tracas. Oui, Anne-Sophie était une auror, une chasseuse de mage noir donc. Sa cible n’était nul autre que Rafael Septymus Grey, son désormais beau-frère, l’oncle de la fille. Un premier souci. De plus, Anne-Sophie était une sang-mêlée mariée à un sang pur. Leur union n’avait jamais été acceptée par les Grey, mais la goutte d’eau qui fit déborder le vase fut la naissance de Synthia. C’était officiel : il y avait une sang-mêlée dans la famille. Rapidement, cependant, les Grey se consolèrent, c’était une fille, elle ne perpétuerait donc pas le nom de famille ; ils pouvaient juste se contenter de la haïr elle et ses parents. Ce qui faisait une montagne de soucis qui s’accumulait sur leur bonheur factice. Mais jamais la bulle n’éclata entre les deux parents ou avec la petite. Jamais. On força la bulle à éclater.
Le drame se mit alors en place.

Ϟ
« Et voilà, tu es prête mon ange. », je me retournais et m’accrochais à son cou pour la remercier.
« Allez, viens avec nous maman ! ». Petite, j’étais une de ces enfants fières d’être au milieu de ses deux parents et de leur tenir à la main en souriant bêtement à l’univers. Comme si quelque chose avait voulu me faire profiter au maximum des moments que je pouvais passer avec eux. Ils étaient uniques et sans lendemain.
« Je dois me reposer un peu chérie. Tu ne veux pas sortir qu’avec ton père ? ». J’étais très possessive envers ma mère, pour moi, elle était tout. Je pense que ce sont ses absences qui ont fait naître en moi ce sentiment de dépendance. Je portais ma main à mon cou et souriait en sentant la pierre sous mes doigts. « D’accord. Mais quand je reviens, on va chasser les gnomes dans le jardin. » Je trouvais ces bêtes répugnantes, affreusement amusantes. Longtemps après encore, rien que le fait de les nommer me faisait pleurer.
« Prête ? », mon père venait d’entrer dans ma chambre dans laquelle ma mère et moi étions assises sur le lit pendant qu’elle me faisait mes sempiternelles tresses. J’aimais les tresses. Puis, je les ai haïs.
« Oui ! », je me remettais sur pieds dans un saut au sol et quittais ma chambre en trombe pour descendre tout aussi rapidement les escaliers. En moins de temps qu’il ne fallait pour le dire, je trépignais d’impatience sur le palier de la porte. Si bien que je commençais à faire des allers et venues devant la maison. Je mis même mes mains sur la grande fenêtre du salon puis j’approchais mon visage pour voir à l’intérieur. « Oh ! ». À cet instant, mes parents arrivaient enfin à la porte, je ne les avais pas vus arriver. Je les rejoignais en trombe. « Maman ta baguette est sur le rebord de la fenêtre ! » Ça, par contre, je l’avais vu.
« Merci mon ange. » dit-elle comme bien souvent lorsqu’il s’agissait de sa baguette magique. Et le départ fut amorcé. Je tournais à moitié la tête quand mes parents s’embrassaient et entrainais mon père sur le chemin. Au dernier moment je me retournais. « À tout à l’heure maman ! ». Un dernier signe de la main. Des tresses. Une robe blanche.
Les rouages étaient déjà enclenchés. C’était déjà trop tard. Et si j’avais plus insisté ?

C’était à Pré-au-lard que nous nous étions rendus. Mon père devait, semblait-il, passer à la boutique de Derviche et Bang pour y faire réparer un petit objet qui était emballé dans un tissu beige et caché au fond de sa besace. Aussi loin que je cherche dans mes souvenirs, rien ne me permet de savoir ce que c’était. En rapport avec les affaires de la famille Grey ou son métier ? Le mystère qui planait était d’une épaisseur phénoménale. Et il l’est toujours. Je n’en sais absolument pas plus sur mon père et je n’en saurais jamais plus, c’est désormais un choix que j’ai pris. Je compte le respecter. Ainsi donc, nous firent escale chez le réparateur qui indiqua à mon père que son colis serait prêt pour la fin de la semaine. La raison officielle de la sortie achevée, il ne restait plus qu'à réaliser la raison officieuse ! Aller au paradis des enfants, chez Honeydukes. C’est dans la confiserie que je remarquais le nombre important d’élèves qui trainaient dans les rues du village. J’interrogeais mon père sur ce fait étrange, après tout, pourquoi, n’étaient-ils pas l’école ? Il m’expliquait alors Poudlard et les sorties à Pré-au-Lard. J’aurais pu l’écouter des heures durant. C’est d’ailleurs ce que je fis, puisqu’ayant un peu froid nous nous réchauffâmes autour d’un chocolat chaud. Mon père était un fabuleux raconteur d’histoire. Il savait manier le suspense et les mots avec une aisance fascinante pour une petite fille de cinq ans. Je buvais ses paroles. Lorsque mon père nous fit transplaner pour renter, le soleil venait d’entamer sa course vers le couché ; et il y avait des gens chez nous. Pleins de sorciers aux mines sombres. Dès que nous arrivâmes, ils se tournèrent tous vers nous.

Comme un réflexe de protection, je m’accrochais de mes deux mains au bras droit de mon père. Ce dernier qui, voyant arriver deux hommes vers nous, me prit dans ses bras et avança à son tour. « Monsieur Grey, vous ne devriez p… »
« Poussez-vous, c’est chez moi ! » Il semblait être autant en colère qu’avoir peur. Une peur qui se propageait en moi aussi, pourquoi tous ces gens étaient-ils là ?
« Papa, elle est où maman ? » chuchotais-je en me blottissant contre lui. J’étais effrayée. Nous étions dans la maison, dans le salon. Je voyais des hommes étalés au sol, jonchant entre les meubles renversés et les bris de verre. Je m’agrippais à ses vêtements sentant qu’il voulait que je retourne sur la terre ferme. Mais je ne voulais pas. À terre, il faisait froid, il y avait des gens qui ne bougeaient plus et du sang. Je vis le sang lorsque mes pieds se posaient sur le sol. Je levais la tête vers lui et répétais encore : « Papa, elle est où maman. »
C’est alors qu’il se mit à ma hauteur. Je pus me plonger dans son regard émeraude une ultime fois. Il était perturbé et retenait des larmes aux coins de ses yeux. C’était contagieux, mais je n’avais pas sa retenue, les larmes coulaient sur mes joues. Je ne comprenais pas vraiment tout ce qui était en train d’arriver. Ou alors je comprenais, mais pour une enfant de cinq ans, ce n’était pas possible que cela puisse arriver. Les histoires de papa avaient toujours une fin heureuse, alors pourquoi pas mon histoire à moi ? « Je dois m’en aller ma chérie. » Entre deux sanglots j’articulais péniblement quelques mots : « Pour-quoi ? ». Mais les héroïnes ne finissent jamais leur histoire toute seule ? Qui allait m’aider ? « Je ne peux pas rester ici mon cœur. », le ton de sa voix se fit plus faible encore, il ne voulait pas être entendu, « Tous les gens que tu vois sont ici pour… l’accident. Je sais qui est derrière tout ça, mais les messieurs autour de nous, non. Je suis même sûr qu’il pense que j’ai fait cela à maman. »
« Qu’est-ce qu’elle a eu maman ? », par contre, ma voix à moi était tout ce qu’il y avait de plus audible ; d’ailleurs, les deux aurors dans le salon me regardèrent tristement. Une nouvelle vague de pleurs me brouilla la vision.
« Tu vas devoir être forte ma chérie. Maman ne viendra plus jamais. Et ils pensent que c’est de ma faute. Sache que je t’aime de tout mon cœur ma petite Synthia. Ne laisse personne te faire du mal. Je reviendrais te chercher. Je te le promets. »

Mais il ne vint jamais. Et ne reviendra plus. Un après-midi. Pire, en quelques heures, j’avais tout perdu. J’étais seule avec un collier autour du cou.


(c) crédits images utilisées dans la fiche : maiden voyage




DON'T JUDGE ME
©️ ZIGGY STARDUST.


Dernière édition par Synthia Eden Grey le Jeu 7 Mar - 11:20, édité 4 fois
Revenir en haut Aller en bas
Synthia Eden Grey
Ambitieuse préfète de Salazard. Ruse, pouvoir & responsabilités
avatar
Ambitieuse préfète de Salazard. Ruse, pouvoir & responsabilités

ϟ Parchemins : 1634
ϟ Célébrité : Juno Temple



MessageSujet: Re: synthia ϟ bulle de chagrin, boule d'incertitude   Dim 3 Mar - 21:28


Twice upon a time...
« Fairy Tales are more than true;
not because they tell us that dragons exist,
but because they tell us that dragons can be beaten»



04. Hell is loading
« All human wisdom is summed up in two words - wait and hope »
Ϟ Alexandre Dumas
Ϟ
Mes yeux n’arrivaient pas à se détacher de la flaque rouge. Ma main enrobait encore la pierre d’onyx et les larmes n’arrêtaient pas de couler. J’étais seule dans mon chez-moi, sans mes parents. D’ailleurs, je commençais même à parler seule. « Mon papa va revenir, mon papa va revenir. » « Maman ? Où es-tu maman ? ». Je n’arrêtais pas, c’était mon moyen de combler le vide. Je finis par ressentir une présence proche de moi. Dans mon dos. Je me retournais le regard rempli d’espoir. « Papa ? » Le mot à peine prononcé, je me rendais compte de mon erreur. Oh non ce n’était pas mon père, mais le regard froid et noir de mon oncle qui m’attendait. Il était calme, distant, comme à l’accoutumée. Pourquoi ne pleurait-il pas lui ? m’étais-je même demandé. Pas un sourire. Pas un câlin ou même une parole de réconfort. Ne serait-ce qu’une suite de mots pour rassurer l’enfant de cinq ans que j’étais. Non. Il posa sèchement sa main sur mon épaule qu’il serra d’une poigne à vous en faire presque mal, et tout disparu autour de moi.

Une fois arrivés à destination, il me lâcha sans délicatesse, m’ordonnant de le suivre rapidement. Une minute à peine j’étais dans le hall d’entrée du manoir Grey. La résidence de mon oncle Rafael et de mon cousin Owen. Je n’avais jamais vraiment vu la dénommée Jenny Adams avant sa mort, si bien que je n’aimais pas ce manoir, j’avais l’impression qu’il était hanté par une personne. La mère d’Owen. Un frisson me parcourut en même temps que les sanglots revenaient de plus belle. « Mon papa va venir me chercher. » Rafael claqua des doigts et une elfe de maison apparue aussitôt, s’occupant de prendre nos affaires. Enfin celles de mon oncle, car moi, je n’avais rien d’autre que ce que je portais sur moi et je voulais le garder comme ultime rempart de sécurité. « Je dois rentrer chez moi, il m’attend peut-être. », hurlais-je alors à son attention, totalement persuadée que je ne devais pas être ici, mais chez moi, MON chez moi et celui de mes parents. Parce que papa allait revenir et que maman aussi, j’allais être gentille et elle allait revenir. Je ne voulais pas croire au reste. Je commençais déjà à apprécier les mensonges que pouvait inventer mon esprit pour me protéger de la dure vérité. « Maman ne va pas être contente. » continuais-je. Et là, je l’entendis rire. Un rire à vous glacer le sang. Il me pétrifia sur place lorsque je le vis se retourner vers moi. Tétanisée, je n’osais plus cligner des yeux. « Ta mère est morte espèce de pleurnicharde. » À cette phrase je ne vis plus rien. Les yeux me piquaient de plus en plus. La vérité avait été prononcée et j’avais l’impression d’étouffer dans mon si petit corps. « Ce n’est pas vrai. » dis-je fébrilement. Ma maman ne pouvait pas mourir. Les mamans ne doivent pas mourir quand elles ont des enfants, elles doivent s’occuper d’eux. « Et ton père ne va pas tarder à subir le même sort lui aussi. » Je fronçais les sourcils, un élan de courage dans le corps, je tapais du pied et serrais les poings. « CE N’EST PAS VRAI ! » Et il me gifla. « Maman n’est plus là pour te consoler. » dit-il en pesant ses mots. Il m’attrapa par le poignet en le serrant vraiment très fort, un acte qui m’offrirait mon premier bleu avant tous les autres. Il me força à monter les marches des escaliers, se moquant bien que je puisse trébucher. Une fois sur le palier de l’étage, il me traina dans son sillage, ouvrit une porte sur la gauche et m’y laissa sans ménagement ; lorsqu’il refermait la porte, j’étais sur le sol. De derrière la cloison je l’attendais me dire : « Ce sera ta nouvelle chambre. »

Les yeux complètement rougis, je me recroquevillais sur moi-même un instant. Jusqu’à ce que je décide d’avancer difficilement vers le lit, puis vers le chevet qui se trouvait à sa tête. Je m’adossais contre le lit, ramenais mes genoux contre ma poitrine et les entourais de mes bras. Comme depuis que j’étais rentrée avec mon papa, je laissais les larmes couler le long de mes joues. J’étais seule. J’étais une orpheline. J’allais vivre dans un monde hostile. Puis un bruit dans la chambre me fit sursauter. Je craignais déjà que Rafael revienne, alors je me resserrais un peu plus sur moi-même. M’enfermant dans ma bulle afin de me déconnecter du monde, je sentis à peine des petits bras m’entourer de leur chaleur. Je relevais la tête vers la personne et la posais sur ses bras. C’était Owen. Il venait me réconforter, m’offrir ce que ni son père ni le mien ou encore ma mère ne pourrait jamais m’offrir en cet instant.

Ϟ
Et les années se passèrent dans le manoir sans que je ne puisse décider de ma vie. Rafael la commandait à ma place. Bien sûr, je ne me laissais pas faire. Alors je finissais en pleurs dans un coin en train de me masser les poignets ou bien les joues. Jusqu’à ce que les bleus sur les poignets finissent par ne plus partir. Au moins jusqu’à ma troisième année à Poudlard, il devait encore y avoir des marques persistantes de son mauvais traitement. Ce qui ne veut pas dire qu’il arrêta par la suite, non. Ce fut juste moins souvent. Et plus douloureux à chaque fois. Mais personne ne savait ce qui se passait dans le manoir. Personne puisqu’en public ou en présence d’étranger, j’étais présenté comme l’adorable nièce de Rafael Grey qui était toujours fourrée avec son cousin. Même si je n’étais pas forcément considérée comme une personne capable d’émotion et d’action, matériellement parlant, je ne manquais absolument de rien. D’ailleurs, chaque sortie ou réception était l’occasion pour mon oncle de faire preuve de générosité, en me faisant parvenir une nouvelle robe par le biais d’elfe de maison. Mais ce n’était pas le genre d’offrandes qui cachaient de bons sentiments, pas du tout. C’étaient des cadeaux empoisonnés qui déguisaient un message : fais-moi honneur et taches de bien te tenir, tu n’es qu’une poupée. Au fil des ans, j’avais fini par comprendre quel était le jeu qu’il jouait avec moi. Aussi séduisant et charismatique que pût devenir mon cousin, une fille fait toujours plus belle devanture. Ainsi, il cachait mes origines mêlées et faisait de moi une digne héritière de la terrible famille Grey. Parfois, il m’arrivait de ne pas jouer la comédie, mais c’était le plus souvent avec le soutien d’Owen. Dans ces jeunes années, nous devenions capables de tout. Je ne manquais de pas courage, n’allez surtout croire non plus que j’étais lâche. Mais il était le monstre de mon enfance. Il me faisait peur. Il me faisait mal. Que vouliez que je fasse face à lui ?

Ϟ
Cela faisait plusieurs mois que je planifiais cette expédition. Ma rentrée de troisième année m’avait certes donné plus de travail, mais elle ne m’avait pas fait oublier ma quête obsessionnelle. Je devais pénétrer dans le bureau fermé de mon oncle et le fouiller. Pour réussir cela, j’avais dû l’observer pendant plusieurs mois afin de savoir avec précision son emploi du temps. Bien entendu, je devais toujours tenir compte du fait que ledit emploi du temps de Rafael change du tout au tout le jour où je déciderais enfin de me lancer. Je craignais assez ce qui pourrait m’arriver, mais depuis que j’avais cette idée en tête j’avais pris l’habitude de serrer les dents à chacune de ses nouvelles attaques. J’étais prête. Je devais le mettre à découvert, percer ses secrets. Il y avait trop personnes sombres qui passaient dans ce manoir et je voulais y mettre fin. Dans un sens, je pensais assez naïvement que s’il n’y avait plus de Rafael Grey je pourrais retrouver une partie de ma vie d’antan. Finalement, heureusement que ce jour-là, je mis la main sur autre chose que des parchemins pouvant compromettre mon oncle.
J’avais bien potassé mon intervention. Si un simple Alohomora avait suffi à forcer la porte, pour sûr que l’affaire aurait été vite réglée. Mais en plus de m’entraîner d’arrache-pied à lancer un sort que je ne devais apprendre que durant mon année scolaire, j’avais dû m’improviser forceuse de serrure. Trouver un moyen d’ouvrir la porte sans user de la magie. Le stratagème paraissait enfantin n’est-ce pas ? Mais mon oncle n’était pas encore assez sensibilisé aux techniques moldues pour y avoir pensé. Autant dire que cette excursion achevée, il le fut. C’était les vacances d’Halloween, une fois n’est pas coutume, j’avais décidé de les passer au manoir Grey. J’avais profité du départ d’Owen et de son père pour me poster devant la porte de son bureau, qui à cette époque se trouvait encore à l’étage ; à proximité des chambres. Des épingles et une clef, au bout de dix minutes je réussissais à faire s’ouvrir la porte. Pour une enfant de treize ans autant dire que j’étais assez fière de moi, mais je ne m’y attardais pas. Je rentrais dans la pièce et me dirigeais directement vers le meuble. Persuadé que personne ne pourrait rentrer par effraction dans son havre de décision malsaine, aucun sortilège ne protégeait la pièce. Là encore, cela a bien changé. Je mettais tout sens dessus dessous. Jusqu’à ce que mes doigts se referment sur un petit carnet noir qui n’était pas sans m’être familier. Sauf que je ne comprenais pas très bien pourquoi. Je l’ouvrais alors. Il me suffit de quelques pages pour comprendre qu’il s’agissait là d’un journal de bord appartenant à ma mère. Un journal racontant ses missions. C’est alors que j’appris qui elle était vraiment. Elle ne m’avait jamais menti sur sa condition d’auror, mais elle était surtout une espionne au service de ministère de la magie. Et sa mission était d’infiltrer la famille Grey. Sur le coup, j’en eus des hauts le cœur. N’étais-je que le fruit d’une mission, un détail en plus pour que sa couverture soit parfaite ? C’est bien ce que je crus. Jusqu’à ce que je lise les toutes premières pages du carnet. On l’avait assigné à cette mission après son mariage et pendant sa grossesse. Ce fut à partir de cet instant que l’image de la femme forte et du modèle à suivre se construit dans mon esprit. Je voulais même reprendre son flambeau. Être exactement comme elle, pour avoir les armes idéales pour nuire à mon oncle. Une ambition qui prit de plus en plus d’ampleur lorsque je lisais qu’elle avait à plusieurs reprises était la cible d’attaques se voulant mortelles de la part de Rafael. Ce fut aussi à partir de ce moment de ma vie que je fus persuadée d’une chose : il avait fait tuer ma mère. Il était le coupable. Il payerait. Mais en attendant, je n’étais pas encore à la hauteur. Plongée dans ma lecture, je ne l’avais pas entendu revenir.

En un battement de cils, je me retrouvais à un mètre du sol, m’étranglant à moitié. « Qu’est-ce que tu fais là petite peste. » Je ne pouvais pas parler et je manquais d’air, je ne pouvais que me débattre. Rafael était là et il me maintenait fermement. « Ta mère ne t’a pas appris à ne pas te mêler des affaires des autres ? » Des larmes commençaient à perler au coin de mes yeux. L’air commençait très sérieusement à se faire rare, je crus un instant que mon histoire prendrait fin ainsi. Et à vrai dire, cela ne m’étonnait même pas. « Non. Elle est morte avant. » , dit-il en me laissant retomber sur mes genoux. Je portais mes mains autour de mon cou qui était très certainement devenu écarlate. Je reprenais mon souffle et l’accusais d’une voix rauque. « Vous l’avez tué! » Je relevais la tête vers lui, un air de défi dans le regard. Encore une fois, il m’attrapa par le col, mais pour me remettre sur pieds cette fois-ci. Le sourire qu’il me fit me terrifia. « Prouve-le », dit-il alors en me poussant hors des murs par un sortilège cuisant de repoussement avant de faire claquer la porte. Il me faudrait deux jours complets pour me remettre, car aucun médecin ne fut appelé pour mes bleus et l’insuffisance respiratoire qu’avait temporairement créé le stress de l’altercation.





05. Ghosts of the future
« 'cause I'm just one of those ghost, travelling endlessly, don't need no road, in fact they follow me, and we just go in circles, now I'm told that this life, and pain is just a simple compromise, so we can get what we want out of it »
Ϟ Misguided ghosts - Paramore
Ϟ
La première fois… La première fois, c’était un jour de grande chaleur. La brise du vent venait faire chanter le feuillage des arbres et portait par la même occasion celui des oiseaux. Une mélodie enfantine qui vous reste éternellement en tête. Et pour la retrouver, il suffit d’être dans un jardin, de fermer les yeux et de vous laisser aller. Souvent je l’ai fait, pour me rappeler ces moments d’insouciances. Souvent plongée dans ma pénombre, j’ai entendu nos rires, revu nos visages, nos jeux. Tandis qu’à d’autres, les ombres dansantes et immobiles m’ont fait le voir, lui. Cet homme au visage si familier et dont je ne connais absolument rien, officiellement. Il est une ombre sur ma route. C’est ainsi qu’il m’est apparu en cette journée ensoleillée. D’abord, telle une ombre. Je ressortais de la cuisine où Rafael nous avait mis au courant de la venue d’importants sorciers pour le repas et que de ce fait nous devrions être présentable. Tous les deux. Tous les deux, bien qu’il ait longuement insisté sur mon cas. En plus d’être de sang-mélé il m’a toujours fait comprendre que je devais avoir quelques déficiences d’ordres mentales. Mais j’étais ressortie pour profiter du soleil, de toute façon il ne voulait déjà plus de moi. Il cherchait toujours à me séparer d’Owen. À sept ans je ne comprenais pas tellement pourquoi, j’étais encore trop jeune. J’étais devant les grandes portes quand je l’ai vu. Il était tout noir, il avait le visage masqué par sa cape. Une ombre. En soi, il pouvait faire peur. Mais depuis bien longtemps déjà, j’avais appris à ne plus me méfier des ombres. Alors je m’étais approchée du grillage, un doux mélange de protection et de barreaux de prison. Il abaissa sa capuche. Il avait les yeux noirs. Qui était-il ? Que voulait-il ? Pourquoi me regardait-il ? J’avais jeté une œillade vers l’arrière de peur de voir Rafael débarquer et me sommer violemment de rentrer immédiatement pour le voir discuter avec cet homme. Je ne voulais pas que ce soit le cas. Je me souviens avoir pensé que c’était un homme triste. Il ne bougeait pas, ne souriait que très peu voire pas du tout et il était si sombre, alors que la journée était si belle. Des personnes sombres j’en avais vu pleins déjà à cet âge, mon oncle étant le modèle idéal, mais celle-là était malsaine. J’étais jeune, et je comprenais que cette personne sombre en face de moi n’était pas la même que Rafael. En fait, je l’espérais secrètement, car c’était un homme qui posait les yeux sur moi sans aucune envie de me réprimander et de me blesser. C’était la première fois. La première fois depuis la mort de papa et maman…
Ceci dit, je ne bougeais pas non plus. Je n’osais pas pour dire vrai. De peur qu’il s’en aille. Et si à la place d’être une ombre, cela avait été un mirage ? Il aurait fallu que je le quitte des yeux pour le voir disparaître. Pourquoi restait-il ? Je ne le connaissais pas. Je me souviens être restée prostrée de la sorte les yeux ronds comme des billes et la bouche semi-ouverte une bonne minute durant. Jusqu’à ce que mes lèvres s’étirent en un sourire. Je voulais le faire sourire. Parce que je l’aimais bien, je suppose. Mais mon prénom résonna dans les airs, Owen venait vers moi. Je retournais la tête vers le trottoir. Il n’était plus là…
Qui était-il ? Que voulait-il ? Pourquoi me regardait-il ? Pourquoi uniquement moi ?

La fameuse soirée suivant cette vision je l’avais cherché parmi les invités de mon oncle. J’avais été déçue de ne pas le voir, et à la fois assez soulagée. J’étais contente, car je ne m’étais pas trompée. Il n’était pas comme eux tous. Non il était différent. Il m’avait offert son regard, il m’avait montré que des grandes personnes pouvaient encore me considérer autrement que comme de la vermine. Et pour cela, la silhouette de cet homme était à jamais gravée dans ma mémoire.
La nuit j’avais même rêvé de lui. Lorsque je me réveillais le lendemain matin, j’eus l’impression d’avoir passé un moment avec mon père. D’ailleurs, j’ai longuement pensé qu’il était mon père. Il venait me chercher. J’allais partir d’ici. Mais il n’a jamais passé le portail du manoir, il n’a jamais frappé à la porte, il n’est jamais venu me parler, dans les jours qui suivirent. Il avait disparu. Lui aussi. Alors finalement. Oui c’était peut-être mon père, et il avait disparu, comme il savait si bien le faire.

Mais alors s’il était mon père. S’il était celui que l’on avait porté disparu depuis son départ à elle. Que voulait-il ? S’assurer que je sois heureuse ? Pas morte moi aussi ? Que j’étais bien traitée ? Des questions et encore des questions.

Ϟ
La deuxième fois fut toute aussi discrète, mais bien moins intime en soi. Je revenais de Poudlard. En fait, c’était au début des grandes vacances de ma deuxième année. J’avais douze ans, et j’avais passé tout le trajet en compagnie de Owen. Nous avions bien ri. Mais je me souviens également que je lui avais fait part de la peur qui commençait à être mienne rien qu’à l’idée de retourner au manoir. Je savais, que Rafael nous attendrait sur le quai. Je savais que Rafael prendrait son fils dans les bras, pas trop longtemps histoire de ne pas froisser son costume, et que moi je les regarderais marcher devant. Je savais que je porterais ma valise toute seule, jusqu’à ce qu’il se rendre compte des regards posés sur moi, et qu’il décide de m’aider afin de soigner son image au mieux. J’avais douze ans, et mes problèmes étaient ceux-là. J’aurais préféré que cela soit une banale histoire de couleur de vernis à ongles. Alors, malgré les rires et le réconfort d’Owen, c’était anxieuse que je descendais les marches du train et que je posais pieds sur le quai. Relevant la tête, je me figeais.
C’était lui. Il était là. Mon ombre. Je me souvenais parfaitement de cette ombre. Mais qui était-il ? À nouveau il n’avait d’yeux que pour moi. Étrangement je n’avais pas peur. Faisant quelques pas, afin de ne pas être bousculée par les autres passagers, je le fixais toujours. De là où j’étais, je crus voir un sourire perché sur le bout de ses lèvres. Alors je lui souris en retour.
Je ne savais pas qui il était, mais j’aimais me dire qu’il était lui, qu’il était mon père, et qu’il veillait sur moi. Ca se trouve ce n’est qu’un mirage, pensais-je souvent. Peut-être étais-je vraiment atteinte mentalement, et que mon seul moyen de vivre le décès de mes parents avait été de m’inventer une présence masculine qui serait là pour me remonter le moral.
Ma valise me faisant mal au poignet, je la posais au sol pour changer de main. Lorsque je regardais à nouveau dans la direction de mon ombre, il n’était plus là. Une nouvelle fois. Il fuyait dès que je le quittais des yeux.

Rafael me rappela à l’ordre. Je m’empressais alors de les rejoindre entre panique des punitions et questionnements. Serais-je un jour en mesure de savoir qui il était ? J’étais maintenant sûre qu’il n’avait rien à voir avec mon oncle, sinon il n’agirait pas à couvert de son regard. J’étais aussi sûre que c’était pour moi qu’il venait. Et je me doutais que les deux fois où je l’avais aperçu ne devaient pas être les seules où il était dans mon dos. Par moment, je me sentais observée. Mais finalement peut-être n’est-ce que Rafael qui était l’affut de la moindre de mes erreurs prêt à me faire pleurer de douleur une nouvelle fois.

Cet homme est une ombre sur ma route. Comme une ombre, je me complaisais à penser qu’il me suivait, parce qu’avec le temps j’avais bel et bien appris à ne plus me méfier des ombres. Dans mon esprit, il était toujours là, caché dans un coin.

Ϟ
Mettre un nom sur cette ombre fut pour moi d’une importance capitale, car au fond, je voulais que ce soit lui, je le voulais vraiment. D’une certaine manière, j’en avais fait un besoin vital. Il était mon père. Mais pourtant, je savais très bien que ce n’était pas lui. Je le savais, mais je préférais vivre dans mon utopique ignorance. Ma bulle se perça la veille de Noël, celle de ma treizième année. J’étais à Poudlard pour cette veillée, c’était un choix. Je n’avais pas voulu rentrer. Je préférais passer ce moment de fêtes parmi les vipères de l’école, leur venin ne m’était d’aucun effet, tandis que celui de Rafael et ds vacances d'Halloween, je le sentais encore couler dans mes veines; ses marques étaient plus que jamais visibles sur mes poignets. Alors je ne voulais pas rentrer. Je ne rentrais jamais en fait. C’était mieux ainsi.

Cette soirée-là j’étais sortie pour le bal de Noël, mais une fois n’est pas coutume je n’avais pas supporté bien longtemps tous ces faux semblants. C’était Noël mais toute cette hypocrisie me donnait mal au cœur et au ventre. J’avais donc quitté la grande salle, un petit peu avant minuit, me faufilant à travers les élèves en espérant ne pas me faire voir. Je n’avais pas envie de fêter. Ni Owen, ni Adrian, ni même encore Charly ou Heath n’avaient réussi à me donner le goût de participer. Je les avais donc abandonnés un par un par pour retourner dans ma salle commune. C’était mieux ainsi.

Immédiatement, j’étais descendue dans les dortoirs, et m’y étais couchée. Je ne voulais pas m’endormir, ce fut pourtant ce qu’il m’arriva, alors que je voulais juste m’assoupir un peu, pour ensuite prendre le temps de me dévêtir.
Le lendemain matin lorsque je rouvrais les yeux, je constatais, légèrement courbaturée, que ma sieste avait été plus longue que prévue. J’avais cependant eu l’impression de n’avoir fermé les yeux que quelques minutes. Une nuit courte en somme, même si le temps était bel et bien passé. M’étirant, je m’asseyais sur le lit, la plupart des filles dormaient encore dans mon dortoir. Logique. Alors je me levais et sortais. Toujours en tenue de bal. Je n’en avais rien à faire. Cette journée allait être une de ses journées où j’allais être amorphe, pas capable de prononcer une phrase complète, et où il faudrait me pousser dans la salle de bain pour que je me change. Je me rappelais même avoir imaginé la tête de mon meilleur ami lorsqu’il me verrait ainsi vêtu, tandis que j’arrivais près de la cheminée de la salle commune. À ses côtés, le grand sapin des Serpentard. Étrange qu’il soit encore debout, l’année passée à cette heure-ci il avait déjà été brulé. Mes yeux passèrent de l’étoile en son sommet, à son pied. Une enveloppe attira mon attention. Il était vrai qu’en me levant je n’avais pas fait attention à de possibles colis posés près de mon lit par les elfes de maisons. À quoi bon de toute façon. Je n’avais pas besoin des vœux de Rafael. Ca l’amusait de se rappeler à moi, quoique je fasse il était là. Mon attention se porta de nouveau vers la lettre. Je m’abaissais pour la prendre, curieuse. Je me souviens qu’elle était encore chaude, comme si elle venait tout juste de quitter la main de son expéditeur. J’aurais très bien pu laisser la chose là où elle était, mais j’étais bien trop intriguée pour penser cela. Alors je l’ouvris, et manquais de tomber sur le coup de la surprise.

Tout se bouscula dans mon esprit. Je laissais tomber l’enveloppe au sol et gardais la photo. Il fallait que j’en aie le cœur net, même si c’était pure folie que de penser qu’il puisse être encore là. J’étais persuadée qu’il était venu, et qu’il n’était pas loin. Alors je quittais la salle commune, et courrais dans les couloirs des sous-sols. Épaules à nues je me souviens qu’il faisait terriblement froid, sans parler du sol qui était gelé. Je montais les marches quatre à quatre et me faufilais entre l’espace des grandes portes menant dehors. Je regardais droit devant moi. Il était là. Cela dit, le manteau neigeux était lui aussi bel et bien présent, et comme j’étais pieds nus, le freinage ne se passa pas dans les meilleures conditions. Je glissais sur la neige et m’étalais de tout mon long. C’était froid. Mais je m’en moquais, je ne voulais pas le voir partir à nouveau, alors je me redressais tout de suite. Il était là.
Je me rappelle lui avoir hurlé de me dire qui il était, tout en essayant de me relever. Peine perdue pour la suite, car je retombais à nouveau. J’avais été d’une maladresse étonnante. Et quand mes yeux allaient de nouveau dans sa direction, je le voyais partir, tournant les talons lentement. Je crois bien qu’à ce moment-là, je haïssais cet homme. Il ne pouvait pas être là et disparaître tout de suite après. Je n’étais pas d’accord. Absolument pas.

De nouveau dans le hall, je regardais la photo. Comment pouvait-il se permettre d’agir ainsi ? Malgré cette animosité naissante, je souriais. Je pense même que des larmes coulèrent le long de ma joue. Elle là en train de sourire. Elle bougeait. Elle me souriait, lui souriait, et je pouvais la toucher. J’aurais tellement voulu la prendre dans mes bras à cet instant. Pourquoi m’offrir une photo d’elle et de lui. Ils avaient l’air tellement heureux. Mais ce n’était pas mon père. Qui était-il pour qu’elle lui sourie ainsi ? Je retournais la photographie mouvante. Sean Evans. C’était ce qu’il y avait écrit dans son dos.

Ϟ
En plus de celle de Sean, d’autres ombres firent partie de mon enfance. Souvent, je voyais une femme blonde. Mais je sais que celle-là n’était qu’une invention de mon esprit. J’aurais tellement voulu que cela fût vrai pourtant. Plus je grandissais, plus mes espoirs de voir mon père venir me chercher s’estompaient, alors je me construisais un monde où un fantôme m’observait. D’autres fois encore, j’ai eu l’étrange impression de sentir une présence à mes côtés. Justes des craintes d’enfants. J’étais seule et la présence de mon cousin ne suffisait pas vraiment. Néanmoins, quand je me promenais dans le parc en sa compagnie j’aurais juré l’avoir vue assise sur un banc. Elle était emmitouflée dans sa cape et je voyais des cheveux blonds sortir de son capuchon. Je dus l’apercevoir deux à trois fois. Juste de quoi me faire tourner la tête un peu plus, parce qu’il était évident qu’elle était morte. Enfin, en théorie, ma mère n’a jamais aimé être comme tout le monde.






06. Made in romance
« We always believe our first love is our last, and our last love our first »
Ϟ
« Et si on y allait main dans la main. »
« Hum il va détester. »
« Je savais que tu aimerais l’idée. » Un sourire complice et l’accord était scellé. J’étais en cinquième année et éperdument dépendante de mon cousin Owen. Vous vous rappelez le fils de mon oncle Rafael. Owen et moi étions comme les deux doigts de la main, inséparables. Mais nous étions bien plus que cela. Il était mon meilleur ami autant que mon confident, mon cousin, mon frère et celui que j’aimais secrètement. Notre relation était tout ce qu’il y avait de plus malsain, mais par Merlin ce qu’elle faisait du bien. À Poudlard, avant même qu’il ne se passe quelque chose de sérieux entre nous deux, nous étions déjà considérés comme un couple incestueux. À une période, nous étions même des fiancés en secret. Les rumeurs allaient bon train nous concernant, et autant dire que nous ne faisions rien pour les faire taire. Au contraire. Nous en jouions. C’était notre force. Nous aimions cela. Par exemple, nous venions de décider de nous rendre à une soirée de haute couture tel un jeune couple d’amoureux, dans l’unique raison de faire rager mon oncle. Pour ce faire, j’avais dû user d’un stratagème que la victime me ferait regretter par la suite, mais ce n’était rien comparé à notre escapade. J’avais berné un élève que je savais entiché de moi pour obtenir des invitations. Durant cette soirée, je devais me faire présenter aux parents du dit élève comme étant sa petite amie. Il a bien vite déchanté en me voyant arriver collée à mon cousin. Nous étions ainsi, sans limites. Mais pas de baisers ou d’actes réservés aux amants. Mais nous étions proches extrêmement proches. C’est ainsi que Owen devient à jamais le premier. Premier homme de confiance, premier ami, premier amour. Pas le premier acte charnel, malgré ce que vous diront les mauvaises langues.

Ϟ
Si parfois nous arrivions à nous faire inviter officiellement, il faut dire que souvent nous étions de ces garnements capables de s’inviter sans invitation (et c’est là que l’on s’amuse bien plus) à des cérémonies. Et notamment quand venait la belle saison : les mariages. Nous nous y amusions comme des enfants à la foire. Si j’aimais batifoler avec les beaux jeunes hommes en costume et boire les coupes de champagne, j’aimais aussi prendre le temps d’observer la robe de la mariée. Je m’étais toujours imaginée portant une telle tenue. Moi aussi je voulais avoir le droit à ce vrai bonheur. Mais je ne l’observais que de loin, et mes quelques secondes de nostalgie s’envolaient avec la gorgée de la cinquième coupe d’alcool. Comme d’habitude c’étaient éméchés que nous rentrions de la fête, avoir bien rit et cavalé à travers champs, car Owen avait, semblait-il, eut des gestes disgracieux envers la mariée, à moins que ce ne fût la demoiselle d’honneur ? Lorsque nous fûmes au manoir, nous nous étalâmes sur le lit de la première chambre venue. Dormir ensemble ne constituait aucune gêne pour nous, ce n’était qu’un grand lit deux places et nous étions trop fatigués pour jouer la carte de la pudeur. En fait, nous n’étions pas si fatigués que nous en avions l’air. Par contre, nous avions trop bu. Beaucoup trop bu. Et nous nous aimions. Beaucoup trop aussi.

Ϟ
Je sortais tout juste de mon sommeil et comprenais d’emblée que j’avais encore passé la soirée à faire la folle tout en étant sacrément alcoolisée. Je levais ma main sur mon front pour me masser les tempes. Ce faisant, je me rendais alors compte que je n’étais pas seule dans le lit. C’était bien le mien, mais il était occupé. Je me redressais. Et là, je dus faire preuve d’une énorme maitrise de moi-même pour ne pas hurler et sauter au plafond. Je ne voulais pas risquer de le réveiller. J’avais passé la nuit avec mon cousin et, à en voir l’état de nos vêtements au sol, autant dire que nous n’avions pas été très sages. Si pour certains cette découverte les aurait tétanisés et dégouttés, pour moi elle n’était qu’une juste continuation. Mais, ce n’était pas normal, et puisqu’il dormait, il ne devait jamais le savoir. Je ne voulais pas que notre relation change pour rien au monde. J’avais besoin d’Owen à mes côtés et je savais par avance que le sexe n’aiderait en rien à le garder auprès de moi. Je me glissais donc doucement hors des draps pour m’habiller sans le moindre bruit. C’est ensuite que la partie délicate arriva. Je devais absolument lui rendre ses vêtements à lui aussi. S’en suivit alors, une scène cocasse de contorsion et d’arrêt sur image pendant laquelle je tentais le plus discrètement possible de rhabiller Owen. Je ne saurais encore comme dire j’ai réussi la manœuvre, toujours est-il que lorsqu’il ouvrit les yeux à son tour, j’avais les yeux clos à ses côtés. Je fis alors semblant de sortir de ma torpeur. Un sourire et Owen me confia son étrange impression. Il me demanda ce que nous avions fait durant la nuit. C’est alors que je jouais la comédie comme je l’avais prévu et le rassurais dans l’immédiat. « Tu as dû rêver que nous faisions l’amour. »
C’était durant les grandes vacances d’été suivant l’arrivée de ma septième année à Poudlard. En mettant en place ce mensonge, je pensais pouvoir le garder à mes côtés. Cet espoir était vain, car si lui ne savait rien, moi je devais vivre avec le fait que j’avais abusé mon cousin adoré après avoir dépassé les limites avec lui. J’avais du mal à me regarder en face. J’avais la désagréable sensation d’avoir manqué de respect au seul être de confiance dans ma vie. Alors je mis de la distance entre nous deux. Une distance qui s’est agrandie avec le temps. Fini les après-midi collés l’un à l’autre, les moments de partage intense et les rumeurs commencèrent à être moins persistantes puisque l’on nous voyait moins souvent ensemble. Quelque temps après, je finis tout de même par mettre au courant Owen de ce petit secret. Une chose était alors sûre, nous ne regrettions pas. Nous nous étions aimés. Les liens du sang n’avaient pas de prise sur nos sentiments. Et Owen garde sa place de choix dans mon cœur.


Ϟ
« Synthia veux-tu m’épouser ? »
« Oui. » Tout était allé si vite. La rentrée de la septième année, une rencontre au clair de lune, une attirance immédiate. L’histoire venait de commencer lors de l’échange de baiser. Le préfet des Gryffondor et la préfète des Serpentard étaient en couple. Damian J. Turner et Synthia Grey (je n’étais que Grey à cette époque). Je n’ai jamais su faire dans la norme, un héritage maternel sans doute. Nous étions faits pour être ensemble même si tout nous opposait. La demande se fit rapidement. Mais nous étions sûrs de nous, personne ne pourrait jamais nous faire croire le contraire, être ensemble était comme une évidence. Et puis la malédiction de Pandore passa par là. Je n’étais pas connue pour être une personne de posée en amour. À peine fiancée, j’étais dans le lit d’un autre. Oh je n’aurais pas dû c’est sûr. Mais là encore, il trouva la force de me pardonner. Pandore me faisait vivre de manière volage, mais je n’étais plus moi-même durant cet épisode sombre de l’existence des sorciers. Cependant, Pandore ne fut pas à l’origine de ce qui arriva par la suite. Seulement ma vie autodestructrice et l’absence.
« Je vais assumer, et tu vas pouvoir dégager comme tu le dis si bien. À quoi ça mène notre histoire ? À rien du tout. Alors permet-moi de revenir sur certaine chose, non Dam’ je ne veux pas passer le restant de ma vie à tes côtés. Et non Dam’ je ne t’ai pas oublié. Par contre, oui Monsieur Turner, c’est terminé. Il n’y a plus de nous deux qui tient. » Une nuit aux Trois balais n’avait pas suffi à nous rabibocher. Elle avait même donné suite au contraire. La séparation était officielle et en prime j’avais eu « le droit » de garder la bague de mariage de Damian. Rapidement, elle a fini en pendentif autour de mon cou, aux côtés du bijou de ma mère, jusqu’à ce que je prête ce dernier à ma meilleure amie Charly. Au départ, garder la bague sur moi était une manière de me dire que dans un sens ce n’était pas fini. J’avais tout de même accepté de devenir la future madame Turner, ce n’était pas que du pipeau notre histoire. Elle avait un sens. Comme nous l’avions toujours pensé, nous finirions par être ensemble. Ensuite, le fait de porter cette bague autour de mon cou me servit à me rappeler combien mes non-choix pouvaient être douloureux, car il ne faut pas se leurrer ma relation avec Damian, je l’avais laissé courir sans la rattraper. À la fois, il faut dire que niveau péripéties j’avais de quoi être servie et tâcher de reconquérir le jeune homme passait au second plan. D’ailleurs, il passa au second plan pour de bon. Les ponts ne sont pas coupés entre nous, mais parfois j’ai bien l’impression que c’est tout comme. Je suis certaine d’un fait concernant notre histoire : l’amour ne viendra plus s’en mêler. Reste alors à savoir ce qu’il nous attend entre l’ignorance et la promesse d’une amitié sincère. Ou rien de tout cela.




(c) crédits images utilisées dans la fiche : maiden voyage




DON'T JUDGE ME
©️ ZIGGY STARDUST.


Dernière édition par Synthia Eden Grey le Jeu 7 Mar - 11:20, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Synthia Eden Grey
Ambitieuse préfète de Salazard. Ruse, pouvoir & responsabilités
avatar
Ambitieuse préfète de Salazard. Ruse, pouvoir & responsabilités

ϟ Parchemins : 1634
ϟ Célébrité : Juno Temple



MessageSujet: Re: synthia ϟ bulle de chagrin, boule d'incertitude   Jeu 7 Mar - 10:50


Third upon a time...
« Fairy Tales are more than true;
not because they tell us that dragons exist,
but because they tell us that dragons can be beaten»



07. Hell is loading, again. Destiny sucks.
« Watch your thoughts, for they become words. Watch your words, for they become actions. Watch your actions, for they become habits. Watch your habits, for they become character. Watch your character, for it becomes your destiny. »
Ϟ
À partir de l’année 2031, ma vie se mit à basculer dans un nouvel enfer. Les révélations et faits furent nombreux. En plus de ma relation qui battait de l’aile avec Damian d’autres préoccupations venaient perturber mon quotidien. Zéké Jordans, un simple ami et une connaissance s’avéra être un loup-garou, il disparut. Charly, ma meilleure amie devient une junkie aux mœurs de la rue; pour l’aider à penser à moi je lui prêtais temporairement le collier que ma mère m’avait offert quand j’étais petite pour la même raison : combattre l’absence. . Owen devenait un clone de son père. Justement, son père m’avait torturé à coup d’imperium après avoir appris notre relation incestueuse entre mon cousin et moi-même. Mais il y eut pire. Bien pire.

Ϟ
Je m’étais mise sur mon trente-et-un à l’occasion du bal d’Halloween et parce que j’avais aussi dans l’optique de renouer avec Damian. Nous étions dans une phase où nous pensions pouvoir repartir de zéro avec de bonnes bases. J’avais d’ailleurs fait preuve d’une franchise à damner un saint. Un discours de cinq minutes pour raconter les moments importants de ma vie, les bons, comme les mauvais. Soit. Nous nous retrouvions ensemble au bal d’Halloween, et l’ambiance entre nous deux était comment dire ? Gênante. Nous ne savions pas vraiment comment nous comporter et nous avions l’air de deux parfaits idiots. De l’intérieur en tout cas, c’était ce que ça donnait. Qu’à cela ne tienne, nous tentions de danser au milieu de la salle, lorsqu’une invitation à valser, que l’on ne peut refuser fut prononcée. Mon oncle. En effet, ce bal d’Halloween se voulait novateur, des adultes n’ayant rien à voir avec l’école avaient été conviés. Alors, je me suis retrouvée à danser avec mon oncle, autant dire que je frissonnais de haut en bas même si j’avais pour moi le fait que nous étions en public. Il ne pourrait rien m’arriver. C’était sans compter ce qu’il avait à me dire.
Son regard glacial devient de véritables couteaux lorsqu’il ouvrit la bouche pour prononcer sa phrase : « J’ai une excellente nouvelle pour toi. J’ai reçu une visite pour le moins inattendue. Il semblerait que vous soyez aussi increvable l’une que l’autre. Je veux parler de ta mère bien sûr. Allez, souris tu devrais être heureuse. », il me tapota la joue sans sympathie et me laissa plantée là avec son message. La tête commença à me tourner. Je n’étais pas bien sûre d’avoir compris ce qu’il venait de me dire. Ma mère était-elle en vie ? Se pouvait-il que depuis dix-huit ans je vive dans le mensonge le plus immonde que l’on puisse faire à une enfant ? Je ne voulais pas y croire. Cela ne pouvait qu’être qu’une injection de venin du grand Rafael Grey qui vouait une partie de sa vie à pourrir la mienne. Il fallait bien qu’il me fasse regretter d’être encore là ainsi que le fait que je porte son nom de famille ce qui l’empêchait de me renier purement et simplement. Il n’y a pas de scission chez les Grey. C’est une famille puissante et unie, il ne fallait surtout pas déroger à la règle. Oui bien sûr l’explication était là. Mon oncle voulait juste me saper le moral. Si seulement ce n’avait été qu’une de ses nombreuses manigances. Si seulement.

Chancelante, je retournais vers le buffet, je ne tardais pas à être rejointe par mon cavalier de la soirée. Mais tout ce que je voulais c’était Owen. Cependant, je n’arrivais pas à poser le regard sur lui. Je vis autre chose et je m’attrapais le ventre un instant tout en me retenant à la table. Un instant, je crus tituber, mais la rage s’empara de mon être. Elle était là. Ma mère. En chair et en os. J’avais pleuré sur une tombe vide depuis tout ce temps. Elle avait été cachée, elle s’était cachée de moi, elle s’était défaite de ses fonctions de mère et elle osait se montrer ? La suite de la soirée ne fut pas très glorieuse. Elle était en compagnie de Sean Evans, le fameux homme qui m’avait surveillé de loin et que je voulais imaginer être mon père. Je reniais les deux. Comment cela était-il possible ? Comment pouvait-on se permettre de faire pareille supercherie ? J’avais souffert le martyre. Il m’avait fallu du temps pour me construire, et maintenant que je commençais un peu à savoir ce que je voulais, tout venait de s’effondrer. J’étais blessée. Abasourdie. On venait de me transpercer le cœur. Pendant deux semaines, je n’apparus nulle part. On ne put me contacter. Je n’arrivais pas à me remettre. Ma mère était en vie. Anne-Sophie Eden Grey n’était pas morte. J’étais un mensonge. Je suis un mensonge. À cette période, ma pensée était claire : elle aurait dû rester dans sa tombe.

Ϟ
Zéké mourut. Sa petite amie Ashley, que j’appréciais particulièrement tenta de se suicider. Je rompais définitivement avec Damian. Owen se rapprochait de ma mère revenue d’entre les morts, me délaissant totalement. Je trouvais le moyen de passer l’éponge concernant l’ardoise de Charly, d’autant qu’elle m’assurait avoir changé, mais elle avait égaré mon collier et m’apparaissait totalement droguée. Charly venait de chuter du piédestal sur lequel je l’avais placé. Mon oncle Rafael se battait pour devenir le seul Ministre de la Magie, le maître du monde en somme.

Ϟ
« Je suis enceinte. »
Et elle me disait ça avec le ton le plus naturel qu’elle semblait avoir en réserve. Je me levais et déguerpissais la laissant seule. Je ne lui avais pas encore pardonné son retour à la vie, et pour être honnête, je ne le ferais très certainement jamais. Il resterait toujours cette pointe d’amertume tandis que je goûtais à la joie de pouvoir compter sur une mère. Ou tout du moins, de me faire à l’idée que je puisse compter sur une autre personne que moi-même. Cependant, c’était assez mal parti, puisque tout cet amour dont j’avais besoin, elle comptait l’offrir à une autre progéniture. De toute évidence, je ne lui suffisais pas, ou alors je n’étais pas ce qu’elle avait désiré. Toutes mes craintes remontèrent à la surface. Je n’étais pas assez digne de ma mère. Toute ma vie j’avais voulu lui ressembler et maintenant que j’avais l’occasion de pouvoir me comparer à elle, je me rendais compte que j’étais très loin du compte. Même si, égoïstement je voulais garder cette mère que je venais tout juste de retrouver rien que pour moi à chaque fois que je croisais son regard, je ne pouvais m’empêcher de me remettre en question. C’était plus fort que moi. Au départ, je crus bon de tout arrêter. Je dois même dire que j’ai bien failli claquer la porte à tout. Oui même à Poudlard dont j’avais fait mon deuxième foyer. Mais une autre idée germa dans mon esprit. Je voulais affirmer mes origines. Pas celles du sang, mais celles du nom de famille. J’étais en quête d’identité et ce léger détail avait comme des airs de sortie de secours provisoire. Cela ne me ferait par contre pas oublier que ma mère était prête à me remplacer.

Ϟ
Ma mère et Owen complotaient contre Rafael. Rafael attaquait ma mère dans une mission officielle et devenait l’unique ministre. J’apprenais la vie désastreuse de Charly et de sa famille. La grossesse de ma mère ne se passait pas bien à cause d’un stupide serment inviolable qu’elle avait fait avec Maureen. Pendant un temps, je songeais à faire exploser la tour de la directrice. J’apprenais qu’il y a plusieurs années, j’avais couché avec le parrain de Damian, même famille, décidément j’étais une abonnée à l’inceste. J’apprenais aussi que celui qui avait mis fin aux jours de la mère de Damian était Sean. Mon monde s’écroulait, et en plus… on voulait m’en construire un nouveau, car la nouvelle que j’appris en fin d’année scolaire en neuvième année fut autant la meilleure que la pire. Puis Owen fut kidnappé moyennant rançon. Et ma mère, héroïne comme toujours réussi à le sauver.

Ϟ
« Je vais adopter Charly, les procédures sont lancées, elle a besoin d’une famille. »
J’étais à peine jeune demi-sœur qu’elle arrivait me dire ce genre de nouvelle. Même manège qu’à chaque fois, je me levais et partais à toutes jambes. Et moi ma famille, je n’en avais pas eu besoin à cinq ans ? J’étais passée de la fille orpheline et sans passé, à celle à la famille reconstruite et au futur orchestré par de nombreuses sorties familiales. Ainsi, c’était donc pour cette raison que nous nous étions retrouvés, Sean, Charly, ma mère et moi avant que son ventre ne soit visible dans une fête foraine à jouer la comédie du bonheur. Revenir ne lui avait pas fait perdre sa propension à cacher des choses et les révéler au dernier moment. Ma meilleure amie allait donc devenir ma demi-sœur. Si je dis que l’ai déjà embrassé vous me prenez pour une dérangée des relations de famille ou pas ? Pourtant c’est vrai. Mais c’était encore la faute de l’alcool. Ce que je pense de ce revirement de situation ? Pas grand-chose. À vrai dire encore une fois je n’ai pas le choix. Je vais terminer ma dernière année en me mettant bien dans la tête que désormais j’ai une famille. Il ne me reste plus qu’à récupérer Owen. Et éliminer la bête noire de mon enfance : Rafael Grey. Faites exploser le reste si vous voulez, mais Rafael est à moi. Rien qu’à moi.



(c) crédits images utilisées dans la fiche : mistaken




DON'T JUDGE ME
©️ ZIGGY STARDUST.
Revenir en haut Aller en bas
Synthia Eden Grey
Ambitieuse préfète de Salazard. Ruse, pouvoir & responsabilités
avatar
Ambitieuse préfète de Salazard. Ruse, pouvoir & responsabilités

ϟ Parchemins : 1634
ϟ Célébrité : Juno Temple



MessageSujet: Re: synthia ϟ bulle de chagrin, boule d'incertitude   Jeu 7 Mar - 16:04


« Synthia Eden Grey»
« Ambition et crainte sont tes maîtres mots,
Tu possèdes le courage d'aller où tu voudras,
Mais pour avancer tu devrais être parmi les rusés. »

Bienvenue à Serpentard !

En tant qu'élève de Poudlard, tu peux si tu le souhaites devenir préfet de ta maison, ou bien encore aller remplir les rangs de l'équipe de Quidditch de ta maison. Et enfin, si tu es un élève qui a du temps en revendre les clubs de l'école t'attendent, dont le club Duel.
Tu peux désormais aller chercher des relations pour ton personnage en créant ta fiche de liens. Pour ensuite t'occuper de la gestion de tes sujets et entrer pleinement dans le jeu en te trouvant des partenaires de jeu. Afin que tes nouveaux compagnons puissent te contacter, n'hésite surtout pas à créer ta boîte à hiboux.
N'oublie pas d'aller régulièrement réclamer tes points pour participer à la compétition !

Excellent jeu sur Mutinlutin Malinpesti !




DON'T JUDGE ME
©️ ZIGGY STARDUST.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: synthia ϟ bulle de chagrin, boule d'incertitude   

Revenir en haut Aller en bas
 

synthia ϟ bulle de chagrin, boule d'incertitude

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Boule de Chagrin >> Ombre
» Cendre de lune, petite bulle d'écume ϟ Bercée par le vent, je déambule [U.C]
» Manifestan bizango lavalas fè konnen Si yo tire sou nou, nap boule KEP
» HAITI: NAP BOULE
» Boule et Tessie couple de caniches toy abricot

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Mutinlutin Malinpesti :: Révèle tous tes secrets :: Cérémonie de répartition. :: Felix Felicis-