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 alice •• mon alice, malice, pendue au bout de son fil

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Alice M. Ewing
L'ambition de Salazard. Ruse & pouvoir.
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L'ambition de Salazard. Ruse & pouvoir.

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MessageSujet: alice •• mon alice, malice, pendue au bout de son fil   Ven 22 Fév - 22:21


Alice, Marble, Olivia & Ewing
« Her love is a gun, her love is a blade, she's a killer, bitch's insane, she deals in pain, she's a killer.»

Poudlard & Serpentard ϟ 18 y.o. âge & date de naissance inconnus ϟ supposément britannique
année d'étude ϟ inconnue ϟ cas clinique surveillé de près par la directrice



Moi en quelques mots

cynique ϟ sans-gêne ϟ brutale ϟ sournoise ϟ dépravée ϟ orgueilleuse ϟ égoïste ϟ morbide ϟ névrosée ϟ élitiste ϟ franche ϟ manipulatrice ϟ autodestructrice ϟ démente ϟ ambitieuse ϟ paranoïaque ϟ danger public ϟ potineuse ϟ fouineuse ϟ croit que tout lui est dû ϟ influente ϟ persuasive ϟ libre ϟ insolente ϟ inconsciente ϟ insatiable ϟ je m'enfoutiste ϟ nonchalante ϟ fière ϟ bornée ϟ ne supporte pas avoir tort ϟ asociale ϟ (mono)maniaque ϟ solitaire ϟ égocentrique ϟ froide ϟ méprisante ϟ médisante ϟ lunatique ϟ contradictoire ϟ très probablement masochiste ϟ rancunière ϟ contestataire ϟ perdue ϟ insensible


Mes indiscrétions

Histoire des prénoms Alice, Marble, Olivia. Alice ne sait même pas d'où viennent tous ces prénoms, en fait, en les regardant tant ils paraissent disparates, la demoiselle a l'impression que la personne qui lui a donné ces prénoms ne savait pas lequel choisir, alors elle a hérité de tous. La seule certitude qu'elle a à ce jour, c'est qu'Alice, son prénom, a été choisi par sa mère avant que celle-ci ne l'abandonne dans un orphelinat. Alice, c'était là, brodé sur cette couverture, et depuis, c'est resté, tout simplement.

Famille et réputation Alice ne connaît pas sa famille, par conséquent elle ne sait pas quelle est la réputation des siens. Eileen, sa mère, s'est débrouillée pour brouiller les pistes et pour qu'Alice ne puisse jamais remonter jusqu'à elle. Ewing, ce n'est pas du tout le nom de sa mère. Elle ne peut que supposer que c'est le nom de son père. Il n'y a pas de sang-pur qui portent le nom d'Ewing. Elle a donc pu en déduire qu'il s'agit de sang-mêlés, voire de moldus. Et des Ewing, chez les Moldus, il y en a à la pelle. Difficile, dans ces conditions, de faire le tri.

Baguette magique Celle qu'elle a achetée avant d'entrer à Poudlard était taillée dans le houx, bois qui convenait à merveille à la jeune sorcière puisqu'elle avait une nette tendance à l'agressivité et à l'impétuosité, qu'il fallait dès lors tempérer pour qu'elle puisse être efficace dans l'exécution de ses sortilèges. Il paraît aussi que ces baguettes guident les sorciers qu'elles choisissent dans leur quête, et celle d'Alice est non seulement sa quête d'identité, mais aussi sa rédemption. En son cœur se trouve un ventricule de cœur de dragon, et encore une fois la baguette a bien choisi son maître puisqu'Alice était vouée à faire le mal, et on sait que les baguettes contenant un élément provenant du dragon se tournent plus facilement vers le mal. Lorsqu'elle s'est évadée de Poudlard suite au meurtre d'Alban Klyde, Alice a réussi à garder sa précieuse baguette avec elle. Cette baguette mesure environ 24,9 centimètres et elle est extrêmement rigide, difficile à manier. Il faut dire lien très fort existe entre l'instrument et la sorcière, que cette baguette a déjà tué et qu'il s'agit d'un instrument très dangereux, impossible à manipuler par des mains innocentes.

Forme du patronus Si seulement Alice était capable d'en produire un...Lors de ses premières années, la sorcière était capable de produire une simple volute argentée, toute bête, un peu faiblarde, mais semblant de patronus quand même. Seulement, à partir du moment où Alice s'est tournée vers le mal, son âme a été damnée d'avoir pris des vies, et partant, elle a renoncé à produire toute forme de patronus jusqu'à la fin de sa vie.

Forme de l'Epouventard Alice n'a peur de rien, même de la mort, mais ce serait être trop catégorique que de l'affirmer. Avant le meurtre d'Alban Klyde, l'épouvantard prenait la forme d'un gouffre béant, aux profondeurs abyssales, reflétant sa peur des hauteurs. Depuis le meurtre de sa première victime, l'épouvantard endosse son apparence, et il est vrai que les traits du jeune homme reviennent régulièrement hanter ses cauchemars.

Animaux possédés Aucun. Tous les animaux que la sorcière a pu posséder ont tous péri dans des circonstances plutôt étranges. Le dernier en date était une sorte de lézard qui est mort à cause d'un sortilège que la Serpentard s'est amusée à inventer.

Orientation sexuelle Bisexuelle. Alice ne se refuse rien, elle n'a aucune préférence pré-établie, elle suit ses envies et ses coups de cœur, ne se laissant pas brider par les conventions sociales ou le regard des autres. Elle a envie de vivre avec une femme ? Et pourquoi pas ?

Transplanage ou balai ?Transplanage, sans hésiter. Alice n'est pas vraiment au point s'agissant de ce moyen de transport, ayant toujours été une bien piètre sorcière, mais c'est toujours mieux que le balai volant. Non seulement Alice a peur des hauteurs, ce qui fait qu'elle n'a jamais joué au Quidditch et désespéré son prof de vol sur balais, mais en plus, Alice n'est pas nécessairement friande de vitesse et de sensations fortes. Le transplanage n'est certes pas le moyen de transport le plus sûr au monde – le risque de désartibulation reste tout de même présent – mais c'est tout de même plus sage.

Transports en commun, voiture, vélo, à pieds ou autre ?Bien qu'étant londonienne, Alice n'a jamais eu l'occasion de prendre le métro. En effet, lorsqu'elle était enfant, Alice vivait dans un orphelinat de jeunes sorciers et de toute évidence, les moyens de transport moldus étaient proscrits. De toute manière, ils n'avaient pas le droit de sortir de l'orphelinat sans être accompagnés par un adulte. Les enfants sorciers ayant des pouvoirs bien trop instables, mieux valait les surveiller pour qu'ils ne provoquent pas de catastrophes ! Toutefois, Alice n'était pas du genre à respecter le règlement intérieur à la lettre. Lorsqu'elle partait en vadrouille, c'était presque systématiquement à pieds. Encore aujourd'hui, Alice aime marcher, ne serait-ce que pour réfléchir tout en flânant. À préciser enfin qu'Alice n'est jamais montée dans une voiture non plus, et ça ne lui a pas particulièrement manqué.


Etudes suivies Défense et Auror. Ce choix peut paraître surprenant lorsque l'on connaît le lourd passé de l'adolescente, mais au fond, cela coule presque de source. Alice a toujours aimé faire des expériences plus ou moins douteuses, le parcours recherche lui serait allé comme un gant, cependant dans la vie on ne fait pas toujours ce que l'on veut. Il faut bien l'avouer, le consentement d'Alice pour suivre cette filière a quelque peu été forcé, elle n'a pas eu le choix du tout. En tout état de cause, elle aurait dû finir à Azkaban en raison des deux meurtres de sang-froid qu'elle a commis, mais le Ministère a accepté qu'elle soit réintégrée à Poudlard à condition qu'elle suive ce cursus et devienne un de ses larbins. De cette façon, le Ministère peut l'avoir à l'oeil et elle peut se racheter, ce qui semble tout bénef' pour tout le monde. Au début, elle grognait encore un peu, mais maintenant elle se plie plus ou moins à ces contraintes car elle sait que sa liberté, certes conditionnelle est au bout.

Matières préférées et détestées Alice a toujours adoré les potions, et ce depuis sa toute première année à Poudlard. C'est sans doute la seule matière où elle excelle véritablement, au point même qu'elle va beaucoup plus loin que les autres étudiants dans son apprentissage. Elle n'hésite pas à faire de nouvelles expériences et développer de nouveaux projets, néanmoins, la plupart de ses inventions ne sont sûrement pas brevetables. Néanmoins, là où ça coince, c'est plutôt dans les matières qui nécessitent une baguette magique. Alice a toujours eu un niveau catastrophique en métamorphose et cela ne s'est pas arrangé avec le temps. Elle n'arrive pas toujours à métamorphoser une simple allumette en aiguille. Elle n'aime pas non plus les soins aux créatures magiques. Les seuls animaux qu'elle a eus sont morts dans d'étranges circonstances, il fallait dire qu'ils servaient de cobaye à ses expériences plutôt douteuses, alors les soigner, autant dire que c'est une autre paire de manches.

Cap sur l'avenir Comme beaucoup d'autres sorciers de son âge, Alice ne savait pas forcément quoi faire dans sa vie. Elle était en effet bien trop indépendante pour accepter un quelconque lien de subordination avec un quelconque patron, et elle est trop touche à tout pour se décider. À une autre époque, elle aurait sûrement répondu apothicaire ou spécialiste en poisons, mais la jeune femme a dû emprunter une toute autre direction. Elle est désormais vouée à être larbin du ministère à temps plein. Elle a dû accepter de travailler pour eux en échange de sa liberté. Dans ce cadre, elle suit le cours de défense et auror et pense sérieusement à s'engager dans la brigade de tireurs d'élite.



Le monde et moi

Dans cette partie nous vous demandons de répondre à des questions précises. Les réponses doivent concerner votre personnage et ce qu'il en pense. Comme l'exercice peut paraître fastidieux, sur le panel des questions qui vous est proposé vous devez obligatoirement répondre à cinq questions. A cinq questions de votre choix. Vous remarquerez que pour certaines des questions moldus ou sorciers ne peuvent pas répondre correctement, vous pouvez soit relever le challenge, soit en prendre une autre, il y en a suffisamment pour tout le monde. Bien entendu pour les plus courageux et inspirés vous pouvez répondre à plus voire à toutes les questions.

Quel est votre avis sur les moldus ? Je n'en ai pas spécialement, en fait je m'en fiche. Ils vivent leur vie de leur côté, et moi je vis la mienne du mien. Je ne sais pas me servir de leurs appareils électroménagers, j'ai peur des voitures et je n'ai jamais emprunté aucun transport en commun. Pourtant, je le vis bien, je ne me sens pas particulièrement sous-évoluée par rapport à eux. Cela dit, il serait bien hypocrite de dire que je suis contre les moldus, car il doit bien y en avoir quelques uns dans mon arbre généalogique. Mes parents biologiques pourraient en être tous les deux que cela ne me dérangerait même pas, je ne les ai jamais considérés comme étant inférieurs aux sorciers, je ne partage pas l'opinion de la plupart de mes camarades Serpentard à ce sujet.

Quel est votre avis sur les sorciers ? Hum, cette question est délicate. J'ai toujours eu des rapports très compliqués avec mes propres pouvoirs magiques. Disons que je ne m'attendais pas spécialement à naître différente des autres, dirons-nous. Si j'avais vécu dans un orphelinat moldu, j'aurais sans doute très mal vécu ma condition de sorcière, j'aurais probablement été vue comme une bête curieuse, un animal de foire. Le simple fait d'avoir vécu dans un orphelinat d'enfants sorciers m'a permis d'accepter cette différence comme étant la normalité, je n'ai pas trop souffert d'avoir été exclue en raison de mes pouvoirs. Dans un sens, j'ai pu être préparée à l'idée d'aller à Poudlard. Je peux considérer aujourd'hui que ma condition de sorcière m'a permis de sortir de mon trous. Si je n'avais pas eu ces pouvoirs, j'aurais sans nul doute fini par moisir dans cet orphelinat jusqu'à ma majorité. Je n'aurais pas eu la chance de devenir quelqu'un.

Que est votre avis sur les cracmols ? Pour être honnête, il ne me semble pas avoir eu affaire à un cracmol un jour. Je savais qu'ils existaient, mais pour moi c'était plus une légende urbaine qu'autre chose. Mais après tout, pourquoi pas ? Si un enfant sorcier peut naître de deux enfants moldus, pourquoi un enfant de deux sorciers aurait-il forcément des pouvoirs magiques ? L'inverse reste possible. Pour moi, il ne s'agit pas d'une anomalie génétique. Au contraire, je trouve ces phénomènes tout à fait fascinants. J'aurais presque envie d'étudier ces individus pour essayer de comprendre d'où ça vient, pourquoi la magie peut sauter ainsi des générations. J'aimerais bien en rencontrer un pour pouvoir me faire une idée plus précise, pour en faire mon sujet d'étude. Ils ne me paraissent pas anormaux. Bien au contraire, ils me paraissent même plus normaux que bon nombre de sorciers.

Qui des moldus ou des sorciers sont les plus évolués ? J'ai le droit au joker ? Plus précisément, chacun a ses propres avantages et ses propres inconvénients. Les moldus sont plus avancés que nous d'un point de vue technologique, ça c'est sûr. Et je pense également qu'ils sont plus évolués question mœurs. Lorsque j'ai mis les pieds à Poudlard, j'ai été choquée par cette espèce de ségrégation qu'il y avait envers les enfants de moldus. Très franchement, j'ai eu l'impression de mettre les pieds dans une autre époque. Voir les couloirs éclairés à la bougie a quelque chose d'insolite. Là où par contre on se rend compte des limites de la technologie, c'est que les appareils moldus ne peuvent pas fonctionner à Poudlard. La magie sait très bien prendre la relève quand il n'y a pas de technologie. Qui plus est, les moldus ne peuvent pas tout faire, nous, on le peut, on a su défier les lois de la physique en lévitant ou en faisant disparaître des objets alors que c'est à priori impossible.


Que pensez-vous de ces sorciers prônant la supériorité des sang-pur ? Tiens, il se trouve que j'en parlais juste avant. Tout du moins, je n'ai fait que survoler le sujet, sachant que j'aurais l'occasion de l'approfondir plus tard. Comme dit plus haut, j'ai été choquée par cette espèce de ségrégation qu'il y avait envers les sorciers nés-moldus. Je n'ai jamais compris pourquoi les sang-pur seraient supérieurs aux autres. Au contraire, je pense qu'à force de refuser tout moldu dans leur lignée, ils finissent par s'affaiblir eux-mêmes, et je vois bien leur lignée s'éteindre purement et simplement dans un futur plus ou moins proche. Puis à leur place, je ne serais pas fière de leur consanguinité, à force de se reproduire entre eux, ils doivent avoir bien des squelettes dans leurs placards.

Que pensez-vous de la poignée de familles aisées dans le monde qui se pense au-dessus des lois ? Pourquoi vouloir à tout prix condamner leur attitude ? S'ils en ont la possibilité, qu'ils en profitent donc. Ils seraient bêtes de rester bien sagement à leur place. L'être humain par définition est cupide et le mal est inhérent à chacun de nous. Les lois quant à elles sont faites pour être transgresser. Seule ombre au tableau, je ne pense pas que la richesse fasse tout. On peut très bien être un hors-la-loi tout en étant partis de rien, et on peut acquérir le pouvoir nécessaire pour s'affranchir des règles en gravissant les échelons. L'argent ne fait pas tout, et surtout pas le charisme et le pouvoir. Dans un sens, je suis mal placée pour en parler. Pour beaucoup, je suis la petite protégée du Ministère et je pourrais être exemptée de bien des règlements, mais dans les faits, ce n'est pas vraiment ainsi que les choses se passent. Toute médaille a ses revers. Moi, je n'ai simplement pas le droit à l'erreur. Au moindre faux pas on ne me laissera aucune chance. Mais attention toutefois. Une fois qu'on a goûté à l'ivresse du pouvoir, à l'euphorie procurée par la puissance, il devient difficile de s'en passer.

Pensez-vous que les elfes de maisons méritent un meilleur traitement de la part des sorciers ?Les elfes de maison sont faits pour servir. C'est dans leur nature même. Sans ce lien d'asservissement, ils perdent leur raison d'être. Dans ce cas, prôner l'égalité entre les sorciers et les elfes me paraît excessif. Ils ne seront jamais égaux. Déjà, parce que ce ne sont pas des êtres humains. Ensuite, parce qu'il y a ce lien de subordination. Néanmoins, je pense que ce n'est pas une raison pour les maltraiter. Je ne pense pas qu'il faille leur allouer un salaire, après tout, nous servir, c'est ce pourquoi ils existent. Je peux comprendre que cela leur paraisse déplacé de leur proposer d'être payés ou autres. Seulement, ils restent des êtres vivants malgré tout et ils méritent d'être traités comme tels – ce qui ne vient pas forcément à l'esprit de certains sorciers qui les considèrent plutôt comme des objets.

Que vous inspirent ceux qui pensent que l'être humain se doit de suivre un modèle bien précis ?À tous ceux qui pensent ainsi, j'aurais plutôt envie de leur rire au nez. Si l'être humain pouvait être programmé, ça se saurait. Jusqu'à preuve du contraire, nous sommes encore libres de devenir ce que nous voulons. Pourtant, la société même exige que l'on suive un certain standard, un modèle de bienséance sous peine d'être marginalisé. Je trouve ça triste. Chacun est unique à sa manière. De toutes les façons, je ne crois absolument pas au déterminisme. Ce n'est pas parce que papa est professeur que le fils deviendra obligatoirement professeur. Un désir est par définition égoïste. Si nous vivons selon nos propres désirs, il n'y a pas lieu de suivre un modèle en particulier. Je ne comprends pas ceux qui sont en quête d'une certaine normalité. C'est une notion tout à fait relative. Qu'est-ce que la normalité ? Bonne question. En ce qui me concerne, j'ai toujours été plus ou moins marginale. J'ai toujours eu une façon de penser différente, un mode de raisonnement pas toujours orthodoxe. Je peux faire peur, parfois. Mon seul tort aura été de suivre le chemin pour lequel j'étais prédisposée. L'être humain est libre. Je n'ose pas imaginer à quoi pourrait ressembler un monde où nous sommes tous formatés. Cela s'appelle l'endoctrinement, je pense. C'est un fléau qu'il faut absolument éviter.

Si vous deviez choisir entre Maureen Filztter-Murray et Rafael Grey vers qui se porterait votre choix ? L'une détient Poudlard, l'autre détient le Ministère de la magie. Je ne pense pas qu'il y en ait un qui vaille mieux que l'autre. Pour moi, ils sont à mettre dans le même sac. Ils ont chacun leurs pions, leur échiquier. Ils pensent que tous les coups sont permis. Un individu qui a trop de pouvoir est par essence dangereux. Je pense qu'ils font partie des têtes à abattre. Pourtant, je n'ai pas le droit d'être ingrate envers eux. Après tout, ils ont le pouvoir de me faire enfermer s'ils le désirent. L'un comme l'autre m'ont permis de retrouver une vie presque normale malgré mes crimes. Mais Filztter a accepté de me vendre au Ministère dès lors que mes études seront finies. Je n'ai pas pu m'empêcher de me sentir trahie. Elle a été la première à m'accorder une seconde chance. Elle a tout fait pour que je puisse réintégrer Poudlard. Mais je m'en méfie malgré tout. Ces gens là, il ne faut pas leur faire confiance. Ils sont capables du meilleur comme du pire. Ils ne valent pas mieux l'un que l'autre.

Est-ce une bonne chose que les moldus apprennent l'existence des sorciers ? Je suppose que ça devait arriver. Les oubliators font tout ce qu'ils peuvent pour continuer à cacher l'existence du monde magique aux yeux des moldus, mais ils ne peuvent pas être partout à la fois, aussi je suppose que cette révélation peut être bénéfique dans le sens où on n'aura plus à se cacher pour exister. Pour autant, beaucoup de moldus sont aussi intolérants que la plupart des sorciers de sang-pur. Pour l'un comme pour l'autre, la révélation de notre existence est tout simplement une hérésie. À titre personnel, je crains les évènements à venir. Ce n'est pas demain la veille qu'on assistera à une coopération étroite entre les deux mondes. Les moldus sont devenus sceptiques à tout, ils ne croient plus à la magie. Savoir qu'on existe pourrait les effrayer. Quelque chose de grave est en train de se préparer. Cela dit, on ne peut pas non plus ménager éternellement la chèvre et le chou. Il leur fallait bien un électrochoc. C'est peut-être violent et soudain comme révélation, mais c'est comme tout, ils finiront par s'y faire. En attendant, j'espère que l'histoire me donnera tort en évitant qu'une guerre n'éclate entre sorciers et moldus.

Croyez-vous que le premier ministre moldu sait ce qu'il fait ou bien qu'il ne s'agit que d'un moyen de défense face à la crainte ? Vous savez, rien n'arrive par hasard. Ce que je veux dire par-là, c'est que ça me paraît gros que le ministre ait balancé l'info sous l'effet de la crainte. En fait, une telle hypothèse me laisse carrément sceptique. C'est un homme de pouvoir, et par définition, il ne peut pas être innocent. Je ne pense pas qu'il faille le voir comme une victime. Cela fait des années que le ministre de la magie et le ministre moldu coopèrent, il ne faut pas croire. L'existence du monde magique est classée comme un secret d'état. Alors oui, je pense que le ministre sait ce qu'il fait. À mon avis, tout ça était voulu. Ça fait trop longtemps que nous sommes manipulés, que les puissants tirent les ficelles à nos dépends. Vous pouvez penser que je suis paranoïaque que vous aurez – en partie – raison.

Quel est votre avis sur les s.e.c.t.e., ne serait-ce pas un moyen pour Poudlard et donc sa directrice d'élargir son pouvoir au monde entier ? La directrice ne prépare-t-elle pas une armée ? Une armée ? Je pense que c'est un peu excessif comme terme. Mais pourquoi pas, après-tout, venant d'elle, ça ne m'étonnerait même pas. Il fut un temps où je pensais qu'établir des partenariats entre les différentes écoles était un bon moyen de s'unir pour contrer une éventuelle menace. À présent...je suppose que mon optique n'est plus à même. Vous savez, quand on a goûté au pouvoir, il devient difficile de s'en passer. On en veut toujours plus, on a la folie des grandeurs. Alors oui, ces SECTE sont un moyen comme une autre d'asseoir son hégémonie sur d'autres pays, même si dans la situation actuelle, je vois mal comment une poignée d'élèves pourrait à Filztter de s'infiltrer dans les autres pays. Il faudrait pour cela que les directeurs de Beauxbâtons, Salem et Durmstrang finissent par abdiquer à son profit. Lorsque les directions de ces trois écoles seront renversées, là je pourrais valider cette théorie. En attendant, ça me laisse bien sceptique. Cela dit, s'agissant des SECTE en eux-même, abstraction faite de cette idée d'armée complètement délirante, ils ne me dérangent pas plus que ça. En fait, pour tout vous avouer, je m'en fiche un peu.

La directrice de Poudlard, une des puissances de notre époque, est née de parents moldus. Grande sorcière au mérite immense ou usurpatrice ? Pourquoi la taxer immédiatement d'usurpatrice ? Je ne comprends pas. Si elle y est arrivée, tant mieux pour elle, non ? Elle est même la preuve vivante que certains enfants de moldus peuvent mieux réussir que les fils de sang-purs. Cela dit...je ne pense pas que son ascension soit tout à fait saine. Je n'irais pas jusqu'à dire qu'elle a été pistonnée, mais c'est surtout qu'elle a bien su choisir ses relations. Comme quoi l'entourage peut tout faire, dans une certaine mesure. Tout ça pour dire que pour moi, il y a un peu des deux. Si ça se trouve, elle-même est un pion sur l'échiquier de l'Histoire. Si elle en est arrivée là, c'est qu'elle devait arriver là. Peut-être qu'un jour elle dégringolera de l'échelle, je n'en sais rien, je ne suis pas en mesure de prédire l'avenir, mais une chose est sûre, c'est que le pouvoir tout comme la gloire sont éphémères. Elle ne devrait pas se reposer sur ses lauriers.

Que pensez-vous des nés moldus ? Je pense qu'il ne faut pas les sous-estimer. Je n'irais pas jusqu'à dire qu'ils sont capables à eux seuls de faire la révolution, mais...je n'en sais rien, dans le fond. Je pense qu'il est normal qu'il existe une hiérarchie entre plusieurs catégories d'individus. C'est peut-être injuste, mais c'est comme ça, on ne peut rien y faire. Par contre, je condamne les sorciers de sang-pur qui les considère comme des moins que rien. Je ne supporte pas non plus cette espèce de ségrégation qui les entoure. Ce sont des sorciers comme des autres. S'ils ont été choisis pour avoir des pouvoirs magiques, c'est pour une bonne raison. Comme je le dis toujours, rien n'arrive par hasard. S'ils sont là, c'est qu'ils ont une raison d'être. Ce ne sont pas des erreurs de la nature, des anomalies génétiques. Il faut les accepter et ne pas les exclure.

Avez-vous des croyances ? (religion ? sciences occultes ? ou autre ? ) Dans l'absolu, je dirais que je suis nihiliste. Je ne crois ni en Dieu, ni à la morale. Je ne suis pas le genre de personne à avoir un idéal, et je rejette les modèles pré-établis par la société. Je suis vide, dépourvue de toute croyance. Je suis de ceux qui pensent que l'existence n'a aucun but, que vivre est inutile puisque d'une façon ou d'une autre nous sommes voués à mourir. Dans le fond, une croyance, c'est surtout pour se rassurer face au néant qu'est notre existence. Une sorte de parachute pour ne pas sombrer trop vite dans ce gouffre sans fin.

La Gazette du Sorcier, info ou intox ? Intox, sans hésiter. Cela fait bien longtemps que j'ai cessé de porter cette feuille de chou dans mon estime. Je ne dis pas que tout est à jeter, il doit bien y avoir deux ou trois articles qui sortent du lot, mais c'est si peu au regard du nombre d'articles qui paraissent quotidiennement. Enfin. Cela ne m'étonne pas lorsque je vois qui est la rédactrice en chef. Je ne cache pas que j'ai une dent contre elle, c'est en partie de sa faute si j'ai été affichée comme une bête de foire, tout porte à croire qu'elle réglait ses comptes personnels à travers ses articles. Une vraie cour de récréation. S'il existe encore des personnes qui lisent ce torchon, grand bien leur fasse, mais à partir du moment où le Ministère a mis son nez là dedans, il convient de crier au loup. Si la Gazette était totalement indépendante du gouvernement actuel, ça se saurait.

D'après vous, que va-t-il arriver dans un futur proche ? Nous sommes à la veille d'une nouvelle ère, c'est certain. Des têtes vont tomber. À commencer par celles de Filztter et de Grey. Les gens n'en peuvent plus des tyrans de ce monde. Ils nous ont foutus dans la merde depuis trop longtemps. La révélation de l'existence des sorciers aux moldus n'aura été qu'un catalyseur. Les sorciers ne vont plus se sentir en sécurité. Les moldus non plus puisqu'ils nous prendront pour de dangereux psychopathes. La guerre est inéluctable dans un certain sens. Mais elle est nécessaire pour voir émerger notre nouvelle société. Il y aura sans doute beaucoup de dégâts, beaucoup de morts, mais c'est pour aller mieux ensuite. Après tout, tous les grands changements qui ont pu avoir lieu dans l'Histoire sont le fruit de plusieurs guerres et révolutions. C'est détruire pour reconstruire.




Je suis moldu et je me soigne.

Nina Dobrev ϟ styxx/audrey ϟ 22 y.o.

Personnage inventé, poste vacant ou scénario ? Personnage inventé. Elle commence d'ailleurs à se faire vieille, la petite!
Multicomptes ou fraîchement arrivé ? (à préciser pour les multicomptes) Premier compte de tous. Viendront ensuite Erwann J. Winnfield (feat. Nicholas Hoult), Eileen C. Wembley (feat. Marion Cotillard) et Eugen H. Heppenheimer (Jamie Bell)
Activité prévue sur le forum (7/7) : Je passe tous les jours pour l'administration et pour papoter sur la box ou autres, mais pour le RP, c'est variable, d'une part je suis en première année de master en droit des affaires et d'autre part j'ai aussi d'autres personnages sur d'autres forums à gérer, donc je m'arrangerai quand même pour ne pas être trop lente pour RP.
Comment êtes vous arrivé sur MM ? Trois petites lutines m'en ont soufflée l'idée...plus sérieusement, j'ai contribué plus ou moins à sa reconstruction, then, il paraît logique que je connaisse l'adresse!
Un petit commentaire pour la fin ? Je suis en mode fangirl depuis que je sais que le fo' va rouvrir, mes personnages m'ont grave manqué!
Au fait, le code du règlement, tu peux nous le dire ? Chut, je ne parlerai qu'en présence de mon avocat.



(c) Glory night & comforting sounds & bombshellr & slightly pretentious (tumblr)





Dernière édition par Alice M. Ewing le Ven 10 Mai - 9:51, édité 14 fois
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MessageSujet: Re: alice •• mon alice, malice, pendue au bout de son fil   Mer 20 Mar - 17:04


Il était une fois...
« Mettre une citation de votre choix.»


DISCLAIMER: Je tenais à préciser que pour certains passages de cette fiche, j'ai repris d'anciens RP, remaniés, certes, mais les répliques des autres intervenants (notamment dans l'ordre Anne-Sophie, Maureen, Hope, Charly, Derek, Sezuan pour ne citer qu'eux) ont été gardés tels quelles. C'est une volonté de ma part afin de ne pas dénaturer leurs personnages en leur prêtant des mots qui ne sont pas les leurs mais aussi parce que ces RP ont été importants pour l'évolution de mon personnage. Les parties concernées sont les parties 2 à 4, plus particulièrement les passages avec ces personnages. Le reste (la narration) a été remanié par mes soins, je n'ai fait qu'emprunter les répliques.

Chapitre 1: la genèse.

ANECDOTE 001. « Je dois lui trouver une famille. » Eileen Wembley faisait les cent pas dans sa demeure familiale, l'air anxieux comme à son habitude. Jamais on n'avait vu l'ancienne Serdaigle un tant soit peu sereine, c'était comme on disait une grande stressée de la vie. Pourtant, cette fois-là, la toute jeune femme, âgée de dix-huit ans à peine, avait une bonne raison de se ronger les sangs. Elle venait de donner naissance à une petite fille, et elle songeait déjà à l'abandonner, sa famille de sang-purs conservateurs ayant très mal digéré la nouvelle. Garder un bâtard parmi eux ne ferait que nuire à l'image de cette illustre famille, et ils n'avaient pas besoin de ça. Des années durant, Soledad Wembley s'était efforcée de diriger sa dynastie d'une main de maître, élevant sa fille de façon presque impitoyable. Son humeur s'était adoucie à l'égard d'Eileen au fil des années, mais le coup de  l'enfant, ça n'était vraiment pas passé. Aussitôt qu'elle eut pris sa décision, elle avait contacté Anne-Sophie, son amie de toujours. Jeune mère elle aussi, elle saurait forcément quoi faire. « Eileen… Je t’aide que si tu es sûre de toi. Comment veux-tu t’y prendre ? »   C'était bien ça le problème, Eileen n'était sûre de rien, mais c'était un mal nécessaire. Elle devait se séparer de l'enfant pour qu'elle puisse avoir une belle vie. Eileen se sentait déchirée de l'intérieur, après tout, abandonner un enfant était un acte terrible en soi, mais c'était pour son bien. C'était ce qu'elle se répétait comme un mantra, pour se convaincre du bien fondé de son geste.  « Alice n’est pas un enfant légitime, Anne-Sophie. C’est pourquoi je ne peux pas la garder. Ma famille n’en veut pas. »  Eileen retardait le moment où elle devra répondre à cette question, cela se voyait, cela se sentait. Elle avait besoin de vider son sac, de raconter à son amie l'histoire de cette enfant. Alice était née hors mariage, de sa liaison malheureuse avec Arthur Ewing.  Elle avait aimé Arthur, à la folie même, mais tout portait à croire qu'elle ne comptait pas pour lui. Il les avait abandonnées, toutes les deux. Il n'avait même pas pris la peine de répondre à sa lettre.  « Tu veux faire quoi exactement alors ? La placer dans une famille d’accueil ? La placer dans un orphelinat ? Beaucoup de jeunes mères choisissent cette manière de procéder. En fait pour être honnête avec toi Eileen, c’est que je ne vois pas très bien en quoi je peux t’aider. Tu as quelque chose à me demander ? Parce que si t’attendais juste à ce que je te soutiennes tu devais bien te douter de ma réaction. » Eileen avait déjà pris sa décision. Elle avait assuré ses arrières, comme toujours. Mais la jeune mère voulait bien faire les choses. Elle ne voulait rien laisser au hasard. Elle voulait que sa fille garde tout de même un lien avec sa famille d'origine. C'était au cas où la petite voulait retrouver sa famille une fois qu'elle sera en âge de comprendre. C'est pourquoi Eileen avait une requête spéciale à faire à son amie. « Sache que tu n’es pas obligée d’accepter. Je ne t’en voudrais pas, tu sais? Mais…voudrais-tu être sa marraine, s’il te plaît? » Elle avait pensé à tout. À l'orphelinat pour jeunes sorciers, au cas où elle serait comme eux, une sorcière. Au pire, si elle devait être une cracmole, elle ne sera pas pour autant exclue du monde magique.  « Je peux être sa marraine. Je ne parlerais pas d’honneur après ce malencontreux rire. Par contre… Tu te doutes bien que je ne te laisserais pas fuir éternellement. Pour toi, pour elle, je t’obligerais s’il le faut à revenir dans sa vie. Pas en grandes pompes cela va de soi, sans pour autant lui dire qui tu es. Mais tu le feras. Crois moi. » Elle avait dit oui, mais à cette condition. Eileen ne romprait pas tout contact avec sa progéniture. Elle n'en avait de toute façon pas l'intention. Voilà pourquoi elle avait demandé à une de ses plus proches amies de veiller sur elle. Si elle voulait définitivement s'en débarrasser, Eileen aurait tout fait pour, mais elle n'avait pas le cœur à couper les ponts pour de bon. « Ce sera mon secret. Ma famille veut que je m’en débarrasse, et j’accéderai à leur requête. Cependant, ce qu’ils ignorent, et ce qu’ils continueront d’ignorer, c’est que je veillerai sur elle de loin. Mais ils ne doivent pas savoir, jamais. C’est le mieux que je puisse faire. »  Et Eileen tint parole. Pendant longtemps, elle se rendit à l'orphelinat, surveillant Alice de loin, constatant avec un regard ému qu'elle grandissait bien et qu'elle avait l'air très avancée par rapport à son âge. Ce qu'elle ne savait pas cependant, c'était qu'Arthur était lui aussi à la recherche de sa fille et qu'il rôdait aussi dans le coin. Plus d'une fois, ils ont failli se croiser mais heureusement, ils ne sont jamais rencontrés. Sans même qu'elle le sache, Alice avait ses deux parents qui veillaient sur elle, de loin. Pourtant, elle grandit quand même avec l'idée que sa mère l'avait abandonnée à sa naissance et qu'elle ne connaîtrait sans doute jamais son père.

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ANECDOTE 002. Alice avait toujours su qu'elle n'était pas une enfant normale. Aussi loin qu'elle se souvienne, elle avait souvent été à l'origine de phénomènes étranges. Ces phénomènes allaient des cheveux de ses camarades qui prenaient brusquement feu à des objets qui disparaissaient ponctuellement. Étrangement, jamais on n'avait grondé Alice de semer ainsi le chaos dans l'orphelinat, parce que justement, c'était parfaitement normal. Les autres enfants provoquaient aussi des catastrophes. Les éducateurs ne disaient rien. Ils se contentaient de réparer les dégâts, apparemment, ils savaient ce qu'ils faisaient. Néanmoins, la jeune enfant faisait l'objet d'une attention redoublée. Si la plupart de ses camarades étaient inoffensifs, Alice, elle, était déjà réputée dangereuse. L'enfant était colérique et capricieuse, elle peinait à maîtriser ses émotions. Ses colères étaient brutales et fulgurantes, et il n'était pas rare qu'elle cassait les objets qui se trouvaient à proximité lorsqu'elle extériorisait sa rage. Les adultes ne perdaient pas espoir, ils espéraient vraiment que le caractère ardent de la petite allait s'adoucir avec le temps. Force était de constater que ces attentes restaient vaines. Alice ne s'adoucissait pas, loin s'en faut. On avait fini par lui retirer tous les objets contondants ou qui se cassaient facilement. On avait mis du double vitrage à la fenêtre de sa chambre. Alice n'appréciait pas ces mesures qu'elle jugeait trop coercitives. Elle ne comprenait pas. Ce n'était pas de sa faute pourtant. Les éducateurs étaient pourtant sûrs d'une chose. Alice était une sorcière.

À cet effet, après une énième vitre brisée, elle avait été convoquée dans le bureau de la directrice de l'orphelinat, où on allait, l'espérait-on, lui révéler certaines choses. Vêtue de sa plus jolie robe, l'enfant s'était avancée dans le bureau, les mains derrière le dos. « Ai-je fait quelque chose de mal ? » demanda-t-elle de sa voix claire et fluette. « Non, pas du tout. »  s'empressa de la rassurer la directrice. « Assieds-toi. » L'enfant s'exécuta. Elle s'installa sur l'une des chaises qui faisait face à la dame aux cheveux poivre-sel. Pour ne pas angoisser plus longtemps l'enfant, qui s'attendait sans doute à être punie, Mme Mason décida d'aller droit au but. « Sais-tu pourquoi tu es ici ? » Hochement de tête négatif. Mme Mason soupira. Ça s'avérait plus compliqué que prévu. « N'as-tu pas remarqué que tu étais à l'origine de phénomènes étranges ces temps-ci ? » Alice écarquilla les yeux. « Ce n'est pas de ma faute. » dit-elle, le regard sombre. « Je sais. » L'enfant releva la tête et regarda la vieille dame, interloquée. « ça va sans doute te paraître fou, ça va être dur à avaler, mais...tu es une sorcière, Alice. Comme tous les autres enfants qui vivent ici, tu es dotée de pouvoirs magiques que tu as du mal à maîtriser compte-tenu de ton jeune âge. Tous ces objets qui se brisaient sous l'effet de la colère, c'était simplement la manifestation de la magie qui dort en toi. » La petite fille émit un ricanement. « Vous plaisantez ? » Mme Mason hocha la tête négativement. « Ai-je l'air de plaisanter ? » Alice ne répondit rien. C'était une question rhétorique de toute façon. Bien sûr que Mme Mason ne plaisantait pas. « C'est pour ça que ma famille ne voulait plus de moi ? » osa-t-elle demander, redoutant une réponse. « Non, bien sûr que non. » s'empressa de démentir la directrice. « Au contraire, ta mère savait que tu allais être une sorcière. Elle ne pouvait pas te garder avec elle, alors elle a fait tout le nécessaire pour que tu puisses grandir avec des enfants comme toi, pour que tu ne te sentes pas différente, rejetée. » « Les autres enfants ont peur de moi. » objecta Alice, sourcils froncés. « Je me sens quand même exclue et rejetée, ça ne change rien. » Mme Mason la regarda avec compassion. « Qu'est-ce que je vais devenir ? » demanda-t-elle enfin. Mme Mason s'enfonça dans son fauteuil et soupira. « Tu iras à Poudlard, l'école de magie. Lorsque tu auras onze ans, tu recevras une lettre avec ta liste de fournitures. Tu iras les acheter sur le Chemin de Traverse. Et, lorsque le moment sera venu, on viendra te chercher pour t'y amener. » Alice pinça les lèvres, pas très convaincue par l'histoire de Mme Mason. Tout ceci lui paraissait dément, elle n'y croyait pas. « As-tu d'autres questions ? Si tu en as, c'est le moment de les poser. » Alice hocha négativement la tête. Elle voulait déjà oublier cette conversation, faire comme si elle n'avait jamais eu lieu. « Je peux y aller ? » demanda l'enfant, la bouche sèche. « Bien sûr. » répondit Mrs Mason, après quelques minutes de silence pesant. Alice fila alors sans demander son reste. Une fois qu'elle eut tourné les talons, Mme Mason soupira. Elle ne savait pas si elle avait bien fait de révéler à Alice sa nature de sorcière maintenant, seul l'avenir ne le dira. En attendant, la vieille dame se sentait apaisée. Il fallait dire que gérer un cas comme Alice n'était pas de tout repos. Tant que la fillette sera entre ces murs, elle continuera de se faire des cheveux blancs.  

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ANECDOTE 003.  Dès son plus jeune âge, Alice avait toujours eu un certain dédain pour les règlements. Même petite fille, Alice était incapable de respecter des règles simples. Elle faisait les choses comme elle avait envie, même si ce n'était pas très orthodoxe. Plus d'une fois, elle s'était échappée de l'orphelinat pour aller vadrouiller dans Londres alors que c'était interdit. Mme Mason l'avait bien réprimandée à plusieurs reprises, mais rien n'y a fait, Alice, toute insensible aux punitions qu'elle était, avait recommencé. En plus de cela, elle était irresponsable en plus de n'avoir aucune notion du danger. Cet après-midi là, Alice avait décidé d'explorer les alentours de l'orphelinat, lassée d'être enfermée entre ces murs. Au gré de ses vagabondages, la fillette s'était retrouvée à errer sur une grande artère où il y avait beaucoup de circulation, et des automobilistes pas toujours consciencieux et respectueux du code de la route. Le regard d'Alice fut attiré par quelque chose, de l'autre côté. Il s'agissait d'un homme vêtu d'un costume bigarré, un artiste de rue. Titillée par la curiosité, l'intrépide fillette qu'elle était avait voulu aller le voir de plus près. Alors, purement et simplement, elle traversa. Inconsciente du danger, elle allait slalomer quand une voiture freina net, dans un crissement de pneus pour le moins impressionnant. Le conducteur émit une flopée d'injures en tous genres tout en brandissant son poing hors de l'habitacle pour témoigner de son mécontentement. Alice avait échappé de peu à la catastrophe, mais elle n'en avait même pas conscience. Pour elle, il ne s'était tout simplement rien passé. Derrière elle, un homme la tenait par le col, fermement, quelque fois qu'il viendrait à l'idée de la gamine de traverser à nouveau la route sans regarder. « ça va ? » demanda-t-il à l'enfant, qui cligna des yeux, baignant dans l'incompréhension la plus totale. « Hé ! » s'écria l'homme en s'agenouillant pour être à sa hauteur. « Combien j'ai de doigts ? » Alice cligna des yeux encore une fois, bêtement. « Trois. » se contenta-t-elle de dire mécaniquement, s'attirant un signe de tête approbateur de la part de son interlocuteur. « Tout va bien, je suis là maintenant. » L'homme parlait d'une voix rassurante, l'enfant se sentait immédiatement en sécurité à ses côtés. Dans son regard, on pouvait voir qu'il ne lui ferait jamais de mal. Jamais. Au contraire, aujourd'hui, il lui avait sauvé la vie. Alice jeta un œil de l'autre côté de la route. Comme c'était à prévoir, le clown chatoyant avait fini par se faire la malle. En fait, elle ne savait même plus pourquoi elle avait voulu traverser, c'était comme si elle avait perdu la mémoire. Instantanément. « Comment tu t'appelles ? » demanda l'homme, toujours de son ton doux et avenant. « Alice. » répondit-elle d'un ton monocorde, déjà totalement désintéressée de la conversation. « Moi c'est Arthur. » se présenta-t-il avec un sourire doux et avenant. « Enchanté. » Alice ne répondit pas. Elle continuait à regarder autour d'elle, une lueur perdue dansait au fond de son regard sombre. « Ce sont tous ces gens qui te stressent ? » interrogea-t-il une nouvelle fois, tandis qu'Alice pensait qu'il parlait beaucoup trop. « Viens, on va aller autre part, où on sera plus tranquilles. » Puis, l'homme releva la tête et toisa les passants qui s'étaient agglutinés sur le lieu de l'accident. « Je m'occupe de la situation, je suis son père. » Ils pourraient penser qu'il était irresponsable et qu'il ne s'occupait pas bien de sa gamine qu'il s'en fichait. Pourtant, en affirmant qu'il était le père de la fillette, il ne croyait pas si bien dire. En fait, c'était tout à fait ça. Le dénommé Arthur esquissa un sourire triste, puis il appuya doucement sur le nez de la fillette qu'elle était – il paraissait que ça amusait les enfants, tout autant que ça pouvait les traumatiser, il espérait simplement qu'Alice ne faisait pas partie de la seconde catégorie. « Où sont tes parents ? » demanda Arthur. « Ils doivent bien te chercher à l'heure qu'il est, non ? » Face à l'absence de réponse de la part de la fillette, Arthur comprit qu'elle n'avait pas de parents, que c'était une orpheline comme tant d'autres. Il soupira lourdement. « oui, je comprends. » dit-il en lui ébouriffant les cheveux. « Moi aussi j'ai une fille, qui s'appelle comme toi d'ailleurs, mais je ne la connais pas. Tu la connais, toi ? » pas de réponse. Arthur décida d'abandonner la partie, comprenant également qu'il n'aurait décidément aucune réponse de sa part. « Je vais te ramener chez toi. » décréta-t-il en prenant la fillette par la main. « Tu me montres où c'est ? » Alors, Alice se mit enfin à bouger, marchant vers l'orphelinat d'un pas raide.  

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ANECDOTE 004.  Alice jouait sur le bord d'un puits, s'amusant à jeter des cailloux au fond. Elle s'amusait du petit ploc qu'elle entendait à chaque fois que les pierres coulaient. Alice était assise à califourchon sur le rebord, un pied balançant dans le vide. Elle ne craignait ni le vide, ni de faire tomber sa chaussure. Pourtant, ce n'était pas au goût de Kelly, une autre gamine qui suivait Alice partout, et que la fillette prenait un malin plaisir à terroriser. Qu'importe. Que Kelly pense qu'elles étaient de grandes amies si cela lui chantait. De toute façon, Kelly était une pétocharde. Et surtout, elle était chiante, à toujours dénoncer tout le monde pour se faire bien voir. Une vraie lèche-bottes. Tu m'étonnes après que personne ne voulait jouer avec elle. « Alice, on n'a pas le droit d'être ici ! » s'écria Kelly d'une voix geignarde, alors qu'elle regardait tout autour d'elles pour savoir si quelqu'un risquaient de les voir. « Rentre si tu veux. » lui asséna Alice, sèchement. « Personne ne te retient. » un sourire aigre s'invita sur les lèvres rosées de la petite fille, tandis qu'elle pensait véritablement envoyer Kelly voir ailleurs si elle y était. « Marble... » geignit Kelly, encore une fois. « Seuls mes amis ont le droit de m'appeler Marble. Tu n'es pas mon amie. Donc tu n'as pas le droit de m'appeler Marble. » asséna Alice, durement. « Et si tu allais embêter cette grosse vache de Cassandra? Peut-être qu'elle voudra bien jouer avec toi. Entre looseuses, vous faites la paire. » continua Alice de sa voix traînante, tandis que les yeux de la frêle Kelly s'humidifièrent de belles larmes de crocodile. Alice décida cependant que le bizutage de Kelly n'était pas encore terminé, bien que Kelly était dans le collimateur d'Alice depuis des années déjà et ce n'était pas près de s'arranger. « Tiens, approche. » ordonna Alice en tapotant du bout des doigts la pierre froide et rugueuse du puits. « Viens t'asseoir là. » Kelly regarda au fond du puits, peu rassurée, avant de hocher la tête de gauche à droite, négativement. « Non, ça fait trop peur. » dit-elle en se tordant les mains. Alice ricana méchamment. « Poule mouillée, poule mouillée. » chantonna Alice, toujours plus fort, alors que Kelly avait recommencé à pleurnicher. « C'est faux ! » s'écria l'autre d'une voix tremblante, alors qu'elle se hissait cahin-caha sur le rebords du puits. Alice lui décocha un sourire triomphant. « Alice, j'ai peur. » gémit Kelly. « Poule mouillée ! » renchérit la brunette, alors qu'un sourire malsain venait d'éclore sur ses lèvres rosée. « Arrête ! » s'écria Kelly, terrorisée. « Allez, maintenant, penche-toi. » ordonna Alice, en se penchant par-dessus bord pour donner l'exemple. « Non. » s'entêta Kelly. « Si tu ne le fais pas, je dirai à tout le monde que tu fais encore pipi au lit. » menaça Alice, qui venait de se tourner légèrement, ses deux jambes balançant à présent dans le vide. Kelly s'exécuta alors. Alice ricana. C'était presque trop facile. Alors que Kelly s'était effectivement penchée, Alice lui demanda alors : « Alors, tu ne vois rien ? » Kelly tourna la tête vers elle. « Voir quoi ? » Alice lui décocha un sourire mystérieux. « Il y a un truc qui brille au fond du puits. Mais on ne peut le voir que si on se penche bien. Moi, je le vois. » Kelly se redressa. « Moi je n'ai rien vu. » La réponse fusa. « C'est parce que tu es bigleuse alors. » Kelly esquissa une moue boudeuse. « Non, je ne suis pas bigleuse. » Alice lui décocha un sourire narquois. « Alors montre-le, que tu n'es pas bigleuse. » Alors, Kelly se pencha un peu plus. Elle ne vit pas le sourire mauvais d'Alice. La brunette posa brutalement ses mains sur les épaules de la blonde Kelly. « Bouh ! » Kelly poussa un cri strident alors qu'elle menaçait de chuter dans le puits. À la place, Kelly se cogna la tête contre le rebord et se mit à pleurer tandis qu'un mince filet de sang coulait depuis son arcade sourcilière. « Merde. » siffla Alice qui se leva brusquement se mettant debout sur le rebord du puits. « Si seulement tu étais moins idiote aussi » s'énerva-t-elle tandis que les surveillants rappliquaient, alertés par les cris de Kelly. Comme il fallait s'y attendre, Alice fut punie pendant plusieurs jours, ce qui était cher payé pour ce qui, au départ, ne devait être qu'une petite blague.

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ANECDOTE 005.  La punition n'avait toujours pas été levée le jour de l'anniversaire d'Alice. En réalité, Alice n'avait jamais fêté son anniversaire, de toute façon, elle s'en fichait. Ça ne signifiait rien du tout pour elle, elle ne comprenait vraiment pas pourquoi les gens s'extasiaient à l'idée d'avoir un an de plus. C'était même assez flippant, comme idée. Peut-être aussi était-ce dû au fait qu'Alice n'avait jamais reçu de cadeau en cette occasion, ni même de cadeaux tout court. Offrir et recevoir étaient des notions inconnues pour la petite fille. Pourtant, ce matin là en particulier, quelqu'un était venu la chercher. Elle, Alice Ewing, tout juste âgée de onze ans Il s'agissait d'une femme brunes, avec des yeux très clairs – bleus, si sa mémoire était bonne. Elle lui a remis une  lettre en personne. Sans mot dire, Alice s'était emparée du parchemin cacheté, et elle avait ouvert la lettre. C'était bien ce qu'elle pensait. C'était sa lettre d'admission à Poudlard. Alice regarda alternativement la directrice de l'orphelinat et la femme venue lui apporter la lettre. « Maureen Filztter, directrice de Poudlard » se présenta cette dernière, sur un ton solennel. « Alice a été informée de sa vraie nature. » s'empressa de dire Mme Mason, désireuse de se faire bien voir. « Il semblerait qu'Alice ait attendu ce jour avec la plus grande impatience, elle qui répétait si souvent qu'elle voulait partir d'ici... » Alice darda un regard froid sur celle qui fut sa tutrice pendant des années. Pour qui se prenait-elle pour se permettre de s'exprimer à sa place ? Certes, Alice voulait plus que tout partir de cet endroit, mais elle n'attendait pas non plus ce jour avec impatience, il ne fallait pas exagérer. Et surtout, il ne fallait pas lui prêter des paroles qui n'étaient pas les siennes. « Que me vaut un tel privilège ? » demanda-t-elle finalement après quelques minutes de silence. Les deux adultes se tournèrent instantanément vers Alice, qui n'avait pas bougé d'un iota. La directrice la toisa quelques instants, mais ne dit rien – sans doute estimait-elle qu'elle n'avait pas à se justifier quant aux décisions qu'elle prenait. Au lieu de répondre à la question posée par la fillette, la Directrice embraya tout à fait sur autre chose. « Je repasserai dans quelques jours pour qu'Alice puisse acheter son matériel sur le chemin de Traverse. Je m'en occuperai personnellement. » Alice arqua un sourcil, se demandant pourquoi la directrice de Poudlard s'occupait personnellement d'elle. Peut-être était-ce parce qu'elle était orpheline ? Cependant, Alice ne chercha pas à en savoir davantage. Malgré son jeune âge, elle était dotée d'une certaine sagacité, et elle se doutait bien que Maureen Filztter devait avoir bien des secrets. Qui plus est, elle n'était probablement pas le genre de personne qui passait son temps à se justifier pour tout et n'importe quoi. Alors, le temps des réponses viendrait bien plus tard. Elle avait sûrement d'autres chats à fouetter. Mme Mason marmonna quelque chose entre ses dents. Alice n'en saisit pas bien la teneur, mais peu importait, ses réponses, elle les aura en temps et en heure.  





Chapitre 2: l'ascension.

ANECDOTE 006.  Dès mes premiers pas en ces lieux, j'ai immédiatement pensé que les fondateurs de Poudlard avaient eu la folie des grandeurs en construisant cette école. Tout était grand, trop grand même pour des centaines d'élèves – certaines salles étaient même inusitées ce qui à mon sens était un formidable gâchis, ces mêmes salles avaient un réel potentiel. Seulement, j'étais loin d'imaginer toutes les merveilles que Poudlard recelait. Toutes ces merveilles étaient à présent miennes et je ressentais l'envie, le besoin de toutes les explorer, au détriment de certaines règles pourtant élémentaires. Finalement, j'étais un peu comme ces fondateurs : je voyais loin, je voyais grand, et surtout, impossible n'était pas sorcier. Dans le fond, je n'étais pas mécontente d'avoir quitté l'orphelinat. Les autres enfants m'insupportaient tellement, et j'étais si avide de découvertes...Toute jeune enfant que j'étais, j'étais certainement plus occupée à regarder le décor plutôt que de prêter une quelconque attention aux consignes que la Directrice elle-même s'efforçait de nous prodiguer, ce qui me valut un premier rappel à l'ordre. « Miss Ewing, allez vous mettre là. » Je finis alors par obtempérer, me rangeant alors à l'endroit qu'elle m'avait désigné. Apparemment, il fallait se ranger par ordre alphabétique – une formalité pourtant nécessaire si on voulait essayer le Choixpeau. Les premiers noms furent enfin appelés. Déjà les nouveaux arrivants se prenaient maladroitement les pieds dans leurs capes en voulant se hâter jusqu'au tabouret où ils étaient censés s'asseoir. L'attente me paraissait déjà interminable tant j'étais impatiente de connaître le nom de la maison qui allait m'accueillir pendant ces prochaines années. « Ewing, Alice. » appela finalement la directrice. Je m'avançai à mon tour vers l'estrade, le front droit et fier, le regard empli de défi – je ne faisais définitivement pas partie de ces mauviettes qui tremblaient comme des feuilles en attendant de savoir à quelle sauce ils allaient être mangés. « AHA ! » s'exclama aussitôt une voix dans ma tête, tandis qu'on venait de me coiffer du Choixpeau. « Jeune Alice, où vais-je donc te mettre ? » Je me retins de lever les yeux au ciel, déjà lassée de la conversation – en fait, je n'avais pas vraiment envie  de faire la causette avec un vieux truc tout miteux, quand bien même il serait doté d'une certaine forme d'intelligence. « Je vois en toi une certaine sagacité, et un esprit créatif, Serdaigle pourrait t'aider à déployer tous tes talents, tu sais ? Seulement, je ne pourrais pas t'y laisser en paix, je vois pour toi toute autre chose... Tu as de l'ambition à revendre, ta volonté de faire tes preuves est assez remarquable, je dois l'avouer. Tu t'imagines déjà parmi les plus grands que tu n'aurais pas tort. Je vois un esprit malin et un sens aiguisé de la compétition, tu as de l'esprit, du panache, la grandeur que tu convoites est à portée de main... » Le silence revint bientôt dans ma tête, tandis que le Choixpeau était en train de prendre sa décision. Puis, cette fois, le Choixpeau se remit à parler pour annoncer publiquement ce qu'il venait de décider pour moi. « SERPENTARD ! » cria le vieux couvre-chef, alors que mes nouveaux camarades de maison m'accueillaient en applaudissant poliment.

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ANECDOTE 007.  Je n'aimais pas les travaux de groupe. C'était un fait. Je préférais de loin faire cavalier seul. Pas de contraintes. Personne pour trouver quelque chose à redire dans ce que je faisais – hormis les professeurs. En tant que sorcière, je n'avais pas beaucoup de talents. J'avais la baguette capricieuse, comme on disait. Pour autant, s'il y avait bien un domaine dans lequel j'excellais, c'était sans doute les potions. J'adorais en fabriquer, doser les différents ingrédients, c'était un art à la fois subtil et précis et c'était tout ce qu'il me fallait pour me captiver totalement. Comme à mon habitude, j'avais fini avant les autres, alliant rapidité et efficacité. Mon inactivité flagrante n'avait pas manqué d'alerter mon professeur, qui s'empressa de venir me rabrouer. « Et bien, Miss Ewing, vous avez déjà terminé ? » un sourire teinté de fausse modestie s'invita sur mes lèvres. « Je crois bien que oui. » Le regard circonspect du prof m'agaça quelque peu. Pensait-il que j'en étais incapable ? Il se pencha pour vérifier mon breuvage. La couleur était exactement celle demandée par le manuel, et il n'y avait aucun résidu. Ma potion était parfaite, j'en étais certaine. « Vous avez reçu de l'aide ? » J'affichai alors une expression outrée. « Bien sûr que non ! » De toute façon, qui était suffisamment sain d'esprit pour prétendre vouloir m'aider, on se le demande ! Je signais et persistais, je travaillais seule. Bon, d'accord, j'avais un peu triché, je l'avouais, même si ce n'était pas vraiment de la triche. Mais je préférais mourir plutôt que d'avouer que je m'entraînais en cachette à la confection de ces potions – ainsi, je savais faire toutes celles qui étaient prévues au programme, et même quelques unes qui n'y étaient pas. J'avais développé une grande passion pour cette discipline, au point même que j'inventais parfois quelques mélanges. Je testais, agençais différents ingrédients ensemble afin de créer de nouveaux effets, mais au final cela ne donnait rien de bien concluant, la plupart de ces expériences étaient un fiasco total – mais je ne désespérais pas de créer mes propres mélanges un jour, après tout, tout arrive à point à qui sait attendre. Le professeur pinça les lèvres une nouvelle fois et commença à s'éloigner. « Tenez Ewing, tant que vous y êtes...faites-moi donc la potion page 75. Ce n'est pas grave si vous ne la finissez pas d'ici la fin de l'heure, elle est un peu plus complexe que ce que l'on demande habituellement aux élèves de votre année. On m'a dit que vous aimez les défis, c'est toujours le cas, n'est-ce pas ? » Un sourire narquois vint étirer mes lèvres tandis que je mesurais ce que cette proposition impliquait. Un challenge. Ça ne me faisait pas peur. Je ne reculais devant rien et ma réputation de compétitrice redoutable avait déjà fait le tour du château. Le professeur s'éloigna enfin, me laissant à nouveau seule. Je tournai alors les pages de mon manuel à la page 75, comme indiqué. Je me mis au travail sans plus tarder.

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ANECDOTE 008.  L'amour, ce n'était pas pour moi. Je le savais, je le sentais. Je n'étais pas faite pour les interactions sociales, en fait, à part ma petite personne, je n'aimais pas grand monde. Pourtant, quelqu'un a bien réussi à percer cette carapace, pour un peu il aurait réussi à me faire changer d'avis sur la chose. Je dis bien pour un peu car au fond, on ne pouvait pas aller à l'encontre de sa propre nature, je l'avais compris il y a bien longtemps. Il s'appelait Aaron, et pour moi, il comptait beaucoup. Trop, même, pour quelqu'un qui était censé être incapable d'avoir de l'empathie pour qui que ce soit. Pourtant, il avait réussi à créer ce petit quelque chose en moi, à tout chambouler. Je n'arrivais pas à l'oublier. Il était en quelques sortes mon talon d'Achille, la personne qu'il fallait viser pour me faire tomber. Mais comme d'habitude, j'avais tout gâché, c'était croire que j'étais douée pour tout foutre en l'air. Ce jour là, j'étais perdue dans mes souvenirs, déconnectée de la réalité, tant et si bien que je n'avais pas vu qui se dirigeait vers moi – tout du moins, vers qui je me dirigeais. Ce fut lui qui m'aperçut en premier, et qui m'agressa – je n'y étais strictement pour rien, qu'on se le dise. « Il manquait plus que ça. » siffla-t-il entre ses dents serrées, d'un ton mauvais. « Cache ta joie. » glissai-je avec une certaine désinvolture. « Moi aussi je suis heureuse de te revoir. » Je ne pouvais pas m'en empêcher. J'étais acide et désagréable, mais ça, c'était parce que j'étais en colère, contre lui, contre moi-même, contre tous. J'étais en colère contre lui car s'il ne voulait pas me parler, il pouvait tout aussi bien m'esquiver sans jamais m'adresser la parole. J'étais en colère contre moi parce que je ressentais encore toutes ces choses – bien contradictoires au passage. Et en cet instant précis, je détestais le monde entier. Je voulais fuir, encore une fois, répugnant à ressentir tout ça, tellement ce n'était pas moi – ça ne me ressemblait pas. « Qu'est-ce que tu fous là ? » m'agressa-t-il à nouveau, serrant ses poings – comme s'il avait la furieuse envie de me frapper avec et qu'il essayait de résister autant que faire se peut. « Je pourrais te retourner la question. » crachai-je d'un ton furieux. « Depuis quand c'est interdit de se promener ? Cet endroit ne t'appartient pas à ce que je sache, alors oui, j'ai parfaitement le droit d'être ici. » Et qu'il ne me dise pas que j'ai le chic pour me trouver au mauvais endroit au mauvais moment. Aaron leva les yeux au ciel. « Je n'ai jamais dit que c'était interdit. » Je plantai alors mes prunelles sombres dans ses yeux bleus. « Alors nous sommes d'accord. » Il laissa échapper un ricanement désabusé, avant d'enfouir ses mains dans ses poches. Ses putain de mains qui m'avaient si souvent effleurée, touchée, caressée. Je m'en rappelais comme si c'était hier. « Alors, il paraît que tu as quelqu'un d'autre maintenant. » lançai-je d'un ton amer, bien décidée à tordre le cou à ces vilaines rumeurs qui ne faisaient que m'empoisonner. « qu'est-ce que ça peut te faire ? » lança-t-il d'un ton toujours aussi peu amène. « à l'époque ça ne t'a pas dérangée de t'envoyer en l'air avec un autre. J'étais quoi pour toi, Alice ? Une bonne distraction, rien de plus ? Alors qu'est-ce que ça peut te foutre à toi, que je me sois recasé ? »  Ses mots me blessaient bien plus que je ne l'aurais voulu. Il ne cherchait pas à démentir cette rumeur, certainement parce qu'au fond il voyait bien que ça me faisait mal, il le faisait sans doute exprès. Et il m'avait atteinte, en plein dans le mille. Je savais qu'il bluffait pourtant, qu'il n'avait personne dans sa vie, pas depuis que je suis sortie de la sienne en tout cas, j'ai entendu dire qu'il ne souhaitait pas passer à autre chose pour le moment. Et moi, j'espérais, un peu. Était-il possible qu'on ait encore une chance ? Une toute petite chance ? Mon cœur s'emballa dans ma poitrine. « Je me renseigne, c'est tout. » soupirai-je avec une certaine lassitude, refusant toutefois de m'avouer vaincue. « Ne crois pas que j'ai des velléités à revenir vers toi. » Aaron me lança un regard meurtrier. « Bien. Parce que n'y compte pas trop, j'ai déjà donné. » Je levai alors vers lui mon regard plus que troublé. « Bien. » répondis-je sur le même ton, tentant de rester droite et fière malgré tout. Envers et contre tout. Alors, je tournai les talons en premier, me soustrayant à sa vue, lorsqu'il me prit par le poignet pour me retenir. Avant même que j'aie eu le temps de réagir, il m'avait attirée contre lui et avait plaqué rageusement ses lèvres contre les miennes – m'arrachant un baiser qui n'avait rien de tendre. Il planta alors son regard dans le mien, sa main toujours accrochée à ma nuque. « En souvenir du bon vieux temps, Alice. » Ce fut lui qui cette fois s'en alla, me laissant seule dans la pénombre du crépuscule, avec son goût sur mes lèvres. Je secouai la tête de gauche à droite d'un air navré, puis je retournai à mon tour vers le château, ne cherchant même pas à le suivre. sombre connard. Ma vengeance n'en sera que plus salée.  

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ANECDOTE 009.  Certaines rencontres n'étaient pas faites pour bien se dérouler. Elles laissaient certes un souvenir impérissable, mais un souvenir amer. De celle-là, je m'en serais bien passée, de rencontre. Il m'a fallu échanger que quelques mots seulement pour la cataloguer parmi les indésirables. Qui ça ? McGwen, pardi, la préfète des Serdaigle – complètement toquée, si vous voulez mon avis. Je l'avais rencontrée par hasard, dans le Couloir des Murmures, un endroit au demeurant assez flippant. Je ne savais plus ce qui m'avait conduite à ce lieu, certainement y avais-je échoué au gré de mes errances. Je laissais parfois mes pas me guider, mon instinct s'exprimer, et le résultat était assez...étonnant. Quoiqu'il en soit, l'une comme l'autre n'étions en rien ravies d'être ainsi confrontées, vous savez, toujours dans l'optique des rencontres dont on se serait bien passées. Mais bon, le destin nous jouait parfois de drôles de tours. Ce fut elle qui m'asticota en premier, comme pour changer. Finalement, on se demandait bien qui était la plus gamine de nous deux. « Tiens ! Alice. J’espérais de tout cœur ne pas te voir aujourd’hui. Comment se porte ta petite personne ? Encore à la recherche de cobaye ou tu as enfin fini de jouer ta gamine avec tes expériences idiotes ? Dis-moi.» Mes expériences étaient loin d'être idiotes, qu'elle se l'imprime une bonne fois pour toutes. C'était scientifique, voilà, elle n'y connaissait rien. Et si le fait que j'utilise des cobayes humains était critiquable, grand bien lui fasse, avoir la volonté de faire avancer la science n'était pas donné à tout le monde. Si j'avais fait preuve d'un tant soit peu de bienséance, je me serais interdite de répondre certaines choses parce qu'il s'agissait d'une préfète et qu'elle pouvait me punir pour ce seul motif. « Le plaisir est réciproque.» répliquai-je avec la désinvolture qui me caractérisait tant. « Mais puisque tu en parles, si un jour tu te sens charitable, ou que tu as envie de faire avancer la science, tu sais où me trouver, on pourra parler projets, recherche...ce genre de choses. » Et un sourire narquois, un. Bon, ce n'était sans doute pas l'idée du siècle que d'évoquer mon goût pour les expériences douteuse à une préfète, mais dans le fond, je rêvais de me servir d'elle comme cobaye vivant – si l'expérience pouvait rater et si elle ne pouvait pas en réchapper, ce serait tellement bien. Mais il ne faut pas trop rêver, n'est-ce pas ? Les miracles n'arrivaient que trop rarement, après tout.  Oh, tu me voudrais comme cobaye ? Tu me flattes Marble, tu me flattes. Je ne pensais pas que tu puisses t’intéresser de ma personne. Non, je ne le pensais pas. En fait, je croyais que tu ne t’intéressais à rien. Ou peut être à ton joli et magnifique nombril, et encore. Car pour faire autant de débilité, il faut soit un cerveau délabré, soit un désintéressement total de ce qui nous entoure. Peut être les deux à la fois mais niveau désintéressement total, tu bas tout de même les records. A moins que … »  Marble...Elle n'était pas la seule à utiliser ce vieux surnom que je me traînais depuis des années maintenant...depuis l'orphelinat en réalité. Dans le fond, elle n'était pas si loin de la réalité même si me l'avouer me coûtait beaucoup. Chose incroyable mais vraie, je savais m'intéresser à autre chose qu'à moi, et j'avais un certain talent pour braver les interdits, et un goût indéniable pour les activités dangereuses. Je n'étais pas un rat de bibliothèque qui passait sa vie dans les livres, moi. « A moins que ce ne soit encore une des tes expériences ratées. Mais j’avoue que tu m’as bien fait rire en ce jour du vendredi 14 octobre, t’en souviens-tu ? Je vais te rafraîchir la mémoire. La fin des cours venait de sonner. Toujours rien ? Tu ne fais aucun effort ma belle ! Et tu étais là, entourée d’élèves bruyants, à marcher sur la pointe des pieds. Tu te prenais pour un funambule, les bras à l’horizontale, comme si tu voulais trouver l’équilibre. Que dirais-tu d’une imitation de ma part pour te remémorer ce magnifique exploit de ridiculité ? » Je ne répondais toujours rien, dardant mon homologue de Serdaigle avec un regard mauvais. Qu'on se le dise, je n'étais pas la seule qui avait des lubies bizarres dans cette pièce. « Tu sais quoi, McGwen ? » lançai-je avec mauvaise humeur, déjà lassée par la discussion – ou tout du moins, par son monologue incessant. « je ne suis pas la seule à faire preuve de...fantaisie. Dois-je te rappeler tes moments d'absence, toutes les fois où tu parles toute seule ou d'autres joyeusetés de ce genre ? C'est l'hôpital qui se fout de la charité, ma jolie, quand on n'est pas soi-même sain d'esprit, on a la décence de ne pas juger les autres...je dis ça, je dis rien, hein. » Je contournai alors la préfète, bien décidée à la planter là. Elle n'avait jamais rien d'intéressant à dire de toute façon. « Fais attention, la consanguinité ça tape sur le système. » Je lui adressai un faux sourire adorable, avant de m'éloigner d'un pas. Oh, bien sûr que je savais bien qui étaient les McGwen, ces sang-pur respectables tout droit venus d'Ecosse – une plaie, vous dis-je. Et n'était-ce pas l'apanage des sang-pur que de se marier entre eux pour respecter la lignée ? J'adressai alors à ma camarade un énième regard dégoûté, avant de lui asséner ma dernière pique. « Tiens, va donc faire la conversation à ces charmantes voix qui prêteront certainement plus d'attention à tes...hum...monologues sans intérêt...il paraît qu'ils ont une petite énigme à résoudre, ça devrait être à ta portée. » Certes, moi aussi j'étais tout autant capable qu'elle de résoudre des énigmes, mais je n'étais clairement pas d'humeur à jouer les Sherlock Holmes avec cette fille. Je m'éloignai alors d'un pas digne, le menton relevé, bien décidée à la snober.  

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ANECDOTE 010.  J'aimais séduire, j'aimais plaire, c'était un fait, et c'était précisément ce qui m'avait coûté ma relation avec Aaron. Oh, bien sûr, des fois, je me plaisais à avoir un comportement ambigu avec d'autres garçons – et parfois même quelques filles rien que pour le rendre jaloux, mais jusqu'à preuve du contraire, ce n'était qu'un jeu, je n'étais jamais allée jusqu'à le tromper – et le trahir par la même occasion. Pourtant, depuis qu'Aaron n'était plus dans ma vie, je ressentais comme un grand vide, le vide laissé par son absence. J'avais parfois d'autres partenaires de jeu, mais tout portait à croire qu'une espèce de puissance supérieure était bien décidée à me punir, puisque quoique je fasse, je m'ennuyais. Ferme. Je m'étais désintéressée de tout et surtout des autres. Dans le fond, ils n'étaient que des bonnes distractions, rien de plus, rien de moins. Au loin, je vis Samuel, confortablement calé dans un des canapés de la salle commune. Mon regard s'éclaira. Certes, il était le type avec qui j'ai trompé Aaron, mais c'était toujours lui que je venais voir lorsque j'avais besoin de m'amuser. Apparemment, la réciproque était vraie, puisqu'il me lança quelque chose que je réceptionnai au vol. « Tiens .. Cadeau. » J'esquissai un sourire de requin. Samuel m'offrait rarement des cadeaux, alors c'était forcément suspect. Je m'assis sur l'accoudoir du fauteuil, étalant nonchalamment mes jambes sur ses genoux. « A qui tu as volé ça, cette fois-ci ? » demandai-je d'un ton faussement mielleux tandis que je caressais sa nuque du bout des doigts. J'entrepris alors de déballer le petit paquet, qui contenait un collier avec un pendentif en forme de cœur. C'était exactement le genre de machin que l'on s'offrait lorsqu'on avait seize ans – un truc cucul la praline à souhait, un de ces machins qui se séparaient en deux et que notre moitié en conservait précieusement un morceau. Mon sourire se fit plus large, plus carnassier. « Laisse-moi deviner...c'est au couple de niais que tu viens de faire fuir ? » Il esquissa un sourire de sale gosse et il ne m'en fallut pas plus pour comprendre. « Bien joué. » le félicitai-je en faisant glisser ma main le long de son torse. « Tu me le mets ? » Je soulevai alors mes longs cheveux bruns, dévoilant ma nuque, mon cou. Je penchai alors la tête sur le côté, aguicheuse comme jamais. Samuel posa ses mains sur mes épaules et pressa ses lèvres contre ma peau, puis, il se détourna brutalement, me laissant sur ma faim. « Qu'est-ce que tu fais ? » demandai-je d'une voix rauque. « Tu sais parfaitement que ton Aaron peut nous surprendre, n'est-ce pas ? » siffla-t-il à mon oreille, d'un ton mauvais, alors qu'il tirait légèrement sur mes mèches brunes. « Depuis quand je suis obligée de tout faire en fonction de lui ? » coupai-je d'un ton courroucé. « Depuis qu'il est de notoriété publique que tu essaies de le récupérer, sans doute. » répondit-il d'un ton désinvolte en haussant les épaules. « Même pas vrai. » marmonnai-je entre mes dents serrées, tout en fixant l'âtre d'un œil mauvais. « Je commence à te connaître, Alice. » dit-il alors que son index effleurait la courbe de mon cou, puis traçait le contour de mon épaule. « Tu ne fais rien qui soit...désintéressé. » Je me tournai alors pour le regarder droit dans les yeux. « Et quand bien même, je n'ai pas de comptes à te rendre, Samuel. » lui assénai-je, sèchement, avant de me relever brutalement. « Ce n'est plus Samy maintenant ? » lança-t-il d'un ton moqueur, ce qui m'irrita d'autant plus. « Tu sais quoi Samy ? » sifflai-je avec colère, insistant bien sur le Samy litigieux. « Va te faire foutre. » Il me leva le majeur tandis que je regagnais mon dortoir. Je m'y bouclai à double-tour non sans claquer la porte avec fracas. Ils pouvaient effectivement aller se faire foutre, tous autant qu'ils étaient.


 



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MessageSujet: Re: alice •• mon alice, malice, pendue au bout de son fil   Mer 20 Mar - 17:07


Il était une fois...
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Chapitre 3: la chute.

ANECDOTE 011.  J'avais un peu trop picolé. Le décor tanguait autour de moi. Un peu. Beaucoup. Mais en fait, j'avais besoin d'un soutien moral, ce qui impliquait beaucoup d'alcool. Ce n'était peut-être pas une bonne idée, d'autant plus que je n'étais pas dans le mood comme on disait, que je risquais très probablement de faire un bad trip, mais je n'en avais cure. J'avais bu, tout simplement. A la base, je ne savais pas trop bien ce que je faisais ici. J'avais entendu dire qu'Aaron allait y être et j'y avais vu l'occasion de renouer nos liens, et plus si affinités. Mais plus la soirée passait, et plus mes chances de le croiser s'amenuisaient – s'il était bel et bien là, je l'aurais vu, n'est-ce pas ? J'allais tout naturellement retourner au château lorsque j'entrai en collision avec non pas une personne, mais deux. Deux personnes que je connaissais. « Derek et Charly. » saluai-je avec un petit sourire contrit, tout en agitant la main d'un air crétin. Comment étais-je censée me comporter d'autre sachant que je me retrouvais face à mon ex et à sa potentielle nouvelle copine ? J'étais certes là pour traquer un de mes ex, mais je ne m'attendais certainement pas à me trouver face à un autre ex. Situation compliquée en somme, et assez déstabilisante, c'est le moins qu'on puisse dire. « Le hasard fait bien les choses on dirait. » glissai-je non sans sarcasme, alors que je levai mon verre à leur santé. Verre que j'avais à moitié renversé sur Charly, d'ailleurs, mais était-ce de ma faute si elle m'était rentrée dedans ? Non, alors bon, je n'avais pas à m'excuser pour si peu, mais l'hypocrisie, elle, me poussait à le faire. « Au fait Charly, je suis désolée pour...mh...ta robe. Je ne l'ai vraiment pas fait exprès.  « Eum pour m’excuser je peux vous offrir quelque chose à boire ? » Toujours parée de mon sourire forcé, je me tournai alors franchement vers Derek. « Non, laisse, ce soir c'est moi qui régale. » glissai-je sur le ton de la confidence avant d'enrouler mon bras autour du sien, pour l'entraîner vers le bar – ce qui risquait sans doute de faire bisquer Charly à ma plus grande satisfaction. « Mais avant ta tournée Alice, j’avais dit que je vous payais un verre…Choisissez ce que vous voulez. » Je jetai alors un regard noir à quelques filles qui passaient par là et qui regardaient Derek d'un peu trop près à mon goût. « Je voudrais pas dire, mais ça grouille de salopes dans le coin ! » lançai-je avec aigreur, toujours accrochée au bras de mon ex petit-ami, tentant de me frayer un chemin parmi cette jeunesse débridée et gesticulante. « Pour moi ce sera un whisky pur-feu. » ajoutai-je à l'adresse de Derek, non sans lui lancer un sourire carnassier au passage.  « Pour moi aussi ça sera un Whisky Pur-feu. » Je haussai un sourcil, n'ayant pas encore déterminé si j'étais dérangée par la présence de Charly ou pas. La voir tourner ainsi autour de Derek m'agaçait, mais avais-je le choix ? De mon côté, je n'avais plus aucun espoir de coincer Aaron, aussi terminer ma soirée avec quelques amis, au final, n'était pas plus mal. « Je...Je. Crois que je vais partir » Je sirotai alors une gorgée de mon whisky pur-feu, me retenant d'esquisser un sourire sardonique. Aussi en pinçait-elle vraiment pour mon ex ? Si Derek aimait effectivement les filles qui avaient de la personnalité, elle allait devoir sortir le grand jeu pour le séduire, car dans l'état actuel des choses, c'était loin d'être gagné. « Ouais vois-tu j’ai un problème…Il y a des gars qui s’amusent à faire tomber des belles filles à terre pour ensuite rire… Tu trouverais ça drôle que je t’écrase le nez au sol !? »  Je haussai un sourcil blasé. Je reconnaissais bien là Derek, toujours prêt à jouer les chevaliers servants, oui...mais pas avec moi. C'était Charly qu'il essayait de protéger. Moi, je n'avais pas besoin d'aide. « Derek, non ! » m'écriai-je en voyant le jeune homme se ruer vers les gars pour les tabasser. Mais c'était trop tard, la baston avait déjà commencé. Après que les lascars se soient fait sortir, Derek retourna s'occuper de Charly, me laissant seule. Mon malaise revint derechef, je n'étais pas bien, je n'allais pas bien. Je m'isolais alors dans les toilettes. Je fis couler un mince filet d'eau, avant de m'en asperger le visage. Je rejetai mes cheveux en arrière et je me redressai. J'eus un mouvement de recul en voyant qu'il y avait quelqu'un derrière moi. Je tâchai de rester calme en reconnaissant l'un des types dont Derek voulait régler le compte. « Alors salope? On joue les héroïnes? Tu fais moins la maligne maintenant que tu es seule. » Non, je n'étais pas seule. Techniquement, Charly et Derek étaient à côté, bien que maintenant ils avaient l'air très occupés. « Si tu n'y vois pas d'inconvénients... » lançai-je avec nonchalance, commençant à le contourner. « J'aimerais rejoindre mes potes. » J'allais prendre la poignée de la porte pour sortir quand l'autre m'attrapa brutalement l'épaule, me contraignant à reculer. « Je ne t'ai pas permis de m'ignorer. » siffla-t-il à mon oreille, ses doigts s'enfonçant dans ma chair. Son haleine alcoolisée me fit frémir de dégoût, bien qu'en ce moment précis je n'étais sans doute pas mieux. « et moi je ne t'ai pas permis de me toucher. » rétorquai-je sur le même ton, en tentant de me dégager de sa poigne. L'autre resserra sa prise autour de mon poignet. Aussitôt, l'air me manqua, je ne voyais pas vraiment comment je pourrais me sortir de cette situation. « Fous le camp. » grinçai-je entre mes dents. L'autre ricana. Mon genou partit, droit dans ses parties intimes. Cela eut au moins le mérite de faire diversion. Je pris mes affaires et je sortis des toilettes, me frayant un chemin dans la foule vers la sortie, priant pour que mon agresseur ne m'ait pas suivie.

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ANECDOTE 012.  Je ne savais pas où je me trouvais, de la même façon que j'avais oublié ce que j'avais bien pu faire ces douze dernières heures. Comment j'avais pu en arriver là ? J'étais allongée sur un brancard, pieds et poings liés, tandis qu'une demi-douzaine d'Aurors pointaient une baguette vers moi. J'étais sale, poisseuse de sang, j'en avais le goût sur le bout de la langue et son odeur m'enveloppait, entêtante. J'avais senti la panique s'insinuer en moi, vive et insidieuse. J'avais laissé échapper un long cri paniqué, espérant sans doute que de cette façon, je finisse par me réveiller de cet horrible cauchemar. Mais la scène qui se jouait sous mes yeux n'avait rien d'un cauchemar, il s'agissait là de la triste réalité. La triste et odieuse réalité. Qu'une porte s'ouvre au loin n'augurait rien de bon pour moi, j'étais bel et bien prise au piège de je ne savais quel génie machiavélique. « Miss Filztter va arriver d'une seconde à l'autre, ne touchez pas à Miss Marble Ewing tant qu'elle n'est pas présente. » Je n'avais pas saisi la moitié de ce qu'il venait de me dire, encore trop sonnée pour réagir correctement. J'étais plongée dans un état second, catatonique, je ne répondais plus de rien. Je ne me sentais même plus capable de parler c'était peu dire. Les Aurors étaient partis, nous n'étions plus que trois dans cette pièce. Le docteur Harris, évidemment, mais il y avait aussi la dénommée Filztter qui venait d'arriver. Je ne savais pas pourquoi ils étaient tous là, pourquoi moi j'étais là. « Et bien c’est vous le docteur il semblerait. Vous en savez plus, ou il faut faire avec ses cris ? » J'aimerais bien savoir ce qui se passe, moi aussi, mais ce n'était pas encore gagné. C'était loin d'être gagné. Je supposais que j'étais la clé de tout ceci, mais j'ignorais ce que j'étais censée leur dire – ma mémoire me faisait cruellement défaut. « amnésie post-traumatique, rien à en tirer pour le moment » Amnésie post-traumatique ? Cela expliquait sans doute pourquoi je n'arrivais pas à me souvenir de ce qui s'était passé, de ce qui avait déclenché mon état.  « Absence de réflexes oculaires, pupilles dilatées ce qui signifierait contact avec une substance toxique ou hallucinogène... ». Je ne me souvenais pas d'avoir ingéré une substance toxique ou hallucinogène. Quoique. Un flash me revint. Je me revoyais avec un verre à la main. Puis j'eus à nouveau la sensation que quelqu'un m'attrapait le poignet...ou l'épaule. Je me tortillai sur mon brancard, tirant sur mes liens pour me libérer. Je voulais dire au médecin de regarder mon poignet ou mon épaule, mais je demeurais muette, incapable de prononcer le moindre son. Puis, Filztter partit, me laissant seule avec le médecin. Médecin qui venait de m'envoyer son jus de cactus à la gueule, pensant sans doute que ça me rafraîchirait les idées. Il revint alors à la charge pour tenter de savoir ce qui s'était passé cette nuit là. « Bien, on a les idées plus claires maintenant? Bien, la Directrice est partit, tu vas maintenant me dire ce qui c'est réellement passé. Je ne suis pas psychiatre, donc tu n'es pas interné, par contre, j'ai besoin de la vérité pour adresser mon rapport au ministre. Pour te sauver la mise, je dois savoir de quoi il est question... »  Je pinçais les lèvres d'un air désapprobateur. Je ne savais même pas pourquoi j'étais ici, ni comment j'avais pu atterrir à Ste-Mangouste, comment je pouvais répondre précisément à ses questions ? Je me risquais néanmoins à répondre. « Je ne le sais pas moi-même. » rétorquai-je sèchement, la gorge sèche. « Je me souviens juste d'être sortie avec des amis, maintenant que ça me revient, et j'ai...je crois que j'avais un peu bu. Je me souviens de m'être fait agresser en sortant, et rien d'autre. C'est le trou noir. » Avec le peu d'éléments dont je me souvenais et que je venais de lui fournir, il allait bien pouvoir faire le schéma de ce qui s'était passé cette nuit là, non ? Quelqu'un avait mis une saloperie dans mon verre et j'avais perdu les pédales. On m'avait agressée et j'avais répliqué, rien de plus simple en somme. Pourtant, Harris ne semblait pas convaincu par mes dires. Et s'il y avait autre chose ? Très certainement, puisque l'on me garda en observation, pour une bonne raison...mais laquelle ?

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ANECDOTE 013.  Finalement, un psychiatre avait réussi à établir le schéma de ce qui s'était passé cette nuit là. Le verdict était tombé. J'étais depuis quelques années déjà sous l'emprise d'un trouble de la personnalité antisociale. Cela faisait de moi quelqu'un qui éprouvait peu ou pas d'empathie, impulsive et violente en plus d'être totalement irresponsable, un vrai danger à la fois pour moi et pour les autres. Finalement, que j'enfreigne sans cesse le règlement intérieur de Poudlard n'avait rien d'une lubie d'adolescente rebelle, je souffrais d'un trouble mental qui faisait que je dédaignais prodigieusement toutes les normes et les conventions sociales, m'estimant au dessus de tout. J'étais déjà dans un état second lorsque c'est arrivé, la substance qu'on m'avait fait ingérer avait aboli toute forme de conscience et j'étais passée à l'acte – tuant mon agresseur alors qu'il ne méritait sans doute pas une telle fin. J'avais perdu mon sang-froid, j'avais obéi à une pulsion de mort et voilà où j'en étais : enfermée à Ste-Mangouste, en psychiatrie, en traitement de ce fichu trouble qui avait fait de moi quelqu'un de particulier, à surveiller. Ça expliquait notamment pourquoi j'étais toujours agressive, pourquoi j'étais dans l'incapacité à entretenir des relations de façon durable et aussi pourquoi je mentais comme je respirais. Paraissait-il que bon nombre de ces caractéristiques avaient pris racine dès mon enfance à l'orphelinat, obligeant la directrice à prendre des mesures particulières à mon égard. J'avais entendu plusieurs fois le terme psychopathe et cela ne me faisait strictement aucun effet. Je ne mesurais pas bien la gravité de la situation, ni même ce qu'elle impliquait. En fait, j'étais indifférente à tout ce qui se passait, tout simplement. Je n'avais pas bien percuté non plus que j'allais rester là un long moment encore – paraissait-il qu'un trouble de ce genre mettait des années avant de pouvoir être complètement soigné, et encore, le patient pouvait encore rechuter à tout moment. C'était sans compter une intervention divine pour me faire sortir de là. « As-tu ta baguette ici, ou autre part ? » Je l'avais reconnu. Sezuan Raven, une de mes fréquentations que l'on pourrait qualifier de mauvaise, et pour cause, il avait été détenu à Azkaban pendant plusieurs années. En d'autres circonstances, on m'aurait conseillée de mieux choisir mes amis car mes fréquentations risquaient à plus ou moins long terme de me nuire – sauf que là, j'étais plutôt contente de connaître cet homme. «- Ils me l’ont prise quand ils m’ont renvoyée de Poudlard. Ma baguette a été détruite. Mais maintenant, j’en ai une. Je pense que ça fera l’affaire. » Ils m'avaient renvoyée comme une malpropre, dès lors qu'il avait été décrété que j'étais inapte à la vie en société, que j'avais ma place non pas dans une école, mais dans une cellule capitonnée d'un institut psychiatrique. En lieu et place de ma baguette, j'en avais volé une autre, je n'avais fait que leur rendre la monnaie de leur pièce et c'était cette infirmière qui en avait fait les frais. Finalement, il me sortit de là en utilisant plusieurs sortilèges sur la serrure, qui ne tarda par ailleurs pas à céder. Le processus en soi était très simple. Il n'avait fait qu'utiliser un peu de Polynectar pour me faire endosser une toute autre peau que la mienne, changeant son apparence à lui par la même occasion. « Prends moi la main, Alice. » Il semblait rassurant, sûr de lui, il m'inspirait confiance, en plus de tarauder ma curiosité. Je voulais savoir qui il était vraiment, voir son vrai visage. J'hésitai quelques instants, ne sachant pas vraiment si c'était une bonne idée de le suivre maintenant, alors que c'était risqué. Pourtant, je finis par m'emparer de cette main parce que je savais ce qu'il y avait au bout : ma liberté. Alors, dès que mes doigts se nouèrent aux siens, je sus que j'étais enfin libre, que plus jamais je ne retournerai dans cette salle close et tellement glauque.  

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ANECDOTE 014.  Nous avions fait irruption dans l'infirmerie en pleine nuit dans un seul but : enlever le loup-garou et se tirer de là. L'entreprise était en soi assez risqué, mais conserver une de ces bestioles au château l'était plus encore, d'autant plus que depuis la malédiction de Pandore la véritable nature de Zeké Jordan avait été révélée à tous. L'injustice m'avait parue encore plus grande. Si on gardait une bestiole comme ça entre ces murs, pourquoi on m'en avait jetée alors que j'avais été diagnostiquée avec un trouble de la personnalité antisociale ? L'envie de me venger était encore plus forte, proportionnelle à l'immense colère que je ressentais. Lawrence et Klyde allaient être les victimes de ma vendetta personnelle ce soir. Oh, je n'en avais pas particulièrement contre eux, quoique dans le cas de la dénommée Ange, c'était discutable, mais disons qu'ils étaient tombés au mauvais endroit au mauvais moment. Je sentis un frétillement naître en moi. La perspective de faire souffrir cette pétasse d'Ange était tout simplement délicieuse, je m'en pourléchais les babines à l'avance. Je sortis alors ma baguette magique flambant neuve, offerte par Sezuan. Elle allait voir de quel bois je me chauffais. J'allais m'occuper de l'élu de son cœur en premier, pour lui arracher le sien, de cœur. Qu'elle ne s'inquiète donc pas elle n'allait pas tarder à le rejoindre. « -Alors Alban, dis-moi…De quelle façon as-tu toujours voulu mourir? Comme ton père, de quelque chose qui te tue à petit feu, d’un avada, rapide et sans douleur, ou d’une overdose à cause de tout ce que tu prends? Sachant que tu as déjà expérimenté le premier et le troisième, le premier étant un précurseur au troisième…Il ne reste plus que l’avada, non? AVADA KEDAVRA! » Je regardai froidement le corps d'Alban tomber au sol, sans vie. L'adolescent venait de rendre son dernier souffle, figé dans ses dix-huit ans. Je dédaignai bientôt son cadavre pour m'intéresser à l'autre parasite, à savoir sa copine. Ange, qui portait si mal son nom. Une vraie garce si vous voulez mon avis. « Un dernier mot peut-être? » Ma voix avait claqué, sèche, autoritaire et emplie de mépris, de tout le mépris que j'étais capable de ressentir envers cette stupide fille. « Pétasse! » Je laissai échapper un ricanement face à son insulte. Elle était pitoyable, tellement pitoyable. La récréation fut cependant de courte durée. Pour l'instant, la bête dormait encore, oui mais pour combien de temps ? Combien de temps allait-elle être maîtrisée avant de se déchaîner totalement, se laisser aspirer dans sa folie meurtrière ? Je l'entendais gronder, s'animer et soudainement, je compris. Il se réveillait. Sa transformation était imminente et il n'allait pas tarder à se transformer en une véritable machine à tuer. Autrement dit, on devait agir, et vite. Sortir la bête avant que tout le château ne soit alerté par ses cris bestiaux. Glacée d'effroi, je me tournai alors vers Sezuan, prête à entendre ses ordres. Son regard m'indiqua qu'il maîtrisait la situation, tout du moins, c'était ce qu'il laissait croire. Alors, je retournai à Ange, prête à sceller son sort également. « Endoloris. » Le sortilège frappa la brune de plein fouet, la faisant s'effondrer au sol. Le poing bien resserré autour de ma baguette, la volonté de faire souffrir bien présente, je prolongeais le sortilèges rien que pour avoir le plaisir de voir cette garce se tordre au sol sous les effets de la douleur cuisante que provoquait le sortilège. Je voulais la tuer comme j'avais tué Alban, ajouter une nouvelle victime à mon triste palmarès, mais je n'en avais pas le temps, je n'avais pas toute la nuit devant moi. Je me tournai alors vers Jordan, baguette au poing, prête à intervenir au besoin, mais c'était inutile – il était redevenu Zeké Jordan, l'ami du mort, bien loin de cet animal dangereux qu'il a failli devenir ce soir là. Il était redevenu fragile et malléable, n'opposant plus aucune résistance. On pouvait l'emmener sans problème, ce n'était plus un souci désormais. Alors, on l'emmena, purement et simplement. Nous avions accompli notre funeste besogne.


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ANECDOTE 015.  J'avais presque fait mon deuil de ma vie à Poudlard. Je m'étais d'ores et déjà préparée à ne plus y retourner, plus jamais. De toute façon, ils m'avaient brisé ma baguette lorsqu'ils m'ont renvoyée, comment pouvais-je pratiquer la magie désormais, puisque je n'avais plus d'instrument suffisamment potable pour ce faire ? Certes, j'avais toujours cette baguette que j'avais volée à sa propriétaire pour me l'approprier ensuite, mais ce n'était pas ma baguette et j'éprouvais toujours quelques difficultés pour la manier correctement. Pourtant il semblait que mon épopée à Poudlard n'était pas encore tout à fait terminée. Maureen Filztter m'avait rappelée un beau jour, pour amorcer ma réinsertion. Elle m'avait convoquée à Poudlard, dans son bureau, comme si je n'étais jamais partie. « Sachez que vous faîtes d’ores et déjà parti de l’école, votre nom a été ajouté à la liste des élèves ce matin même. Votre salle commune demeure la même, cependant une autre maison y a élu domicile, mais je vous laisse découvrir cela par vous-même. Avez-vous des questions, des réclamations, un message à me faire passer ? »   Son ton était glacial, comme si elle ne me laissait pas le choix. Je n'avais pas le choix. Je devais me conformer sans sourciller à ce qu'elle était en train de me dire, et surtout, ne pas faire de vagues. J'étais privée de tout, Poudlard était encore pire qu'une prison, que la chambre capitonnée où j'avais croupi pendant plusieurs semaines en attente d'un traitement psychiatrique. « - Chez les Serpentard nous avons donc des invités? Intéressant. Vous connaissez l’adage, plus on est de fous plus on rit et je ne manquerai pas une seule seconde de m’amuser comme il se doit. Et puisqu’on en est aux questions, j’en aurais une seule. C’est vrai que le Docteur Harris enseigne ici désormais? » J'avais posé la question en toute innocence, bien évidemment. Il était vrai qu'avec le dénommé Harris, j'avais eu quelques...antécédents dirons nous, et bien qu'il ne fût pas d'une moralité à toute épreuve, je me doutais bien que sa toute nouvelle nomination n'allait pas changer grand-chose à la situation – l'interdit n'étant pour lui qu'une formalité. Autrement dit, qu'il soit professeur et que je sois désormais son élève n'allait pas le freiner pour autant. La directrice, cependant, ne paraissait pas être de cet avis. « En effet. Le Docteur Harris enseignera les potions. Un art où vous excellez. Néanmoins, je vous serez gré de bien vouloir éviter tous scandales avec le corps professoral. Votre esprit vous fera comprendre que votre réintégration est déjà difficile à accepter en soi, à la vue de ce que l’on dit sur vous. Sachez vous faire discrète pour le moment. Et n‘agissez pas effrontément. »  Elle avait parlé de scandale avec le corps professoral. Dans quelle mesure était-elle au courant de ça ? L'avait-elle fait exprès de mettre le Docteur Harris à ce poste, sachant que les potions étaient effectivement un art dans lequel j'excellais, ce qui impliquait donc que je serai sans doute confrontée à lui très souvent, non seulement dans le cadre des cours mais aussi pour des leçons...plus rivées, dirons nous ? Je ne pouvais pas croire que cette nomination était purement fortuite. « Il va de soi que vous ne pourrez occuper un poste à responsabilités dans l’école, jusqu’à la fin de l’année et bien plus encore. Vous vous devez de suivre les cours, rendre les devoirs. Vous rentrez dans les rangs, vous… Essayez au moins d’avoir le même comportement qu’avant votre départ, cela sera déjà un bon début. » Évidemment. Les postes à responsabilité étaient proscrits. Elle avait certainement dû avoir vent de mon trouble antisocial, qui me rendait totalement irresponsable et inapte à endosser des responsabilités, de par le fait. Cela signifiait que je ne pouvais être ni préfète, ni capitaine de Quidditch, pour résumer, j'étais une simple élève, mais une élève qui avait moins de possiblités que les autres – un rôle parfaitement taillé pour une bagnarde. « Bien. Je pense que tout a été dit, à moins que vous ayez autre chose à ajouter. Le cas échant, vous connaissez le chemin menant à votre dortoir. Et avant de partir prenez ce dossier sur la chaise, il contient votre emploi du temps. Bienvenue à Poudlard, Miss Ewing » Et donc ? Je n'avais pas d'escorte pour me conduire jusqu'à mon dortoir ? N'était-ce pas ainsi que l'on traitait les anciens détenus ? N'étaient-ils pas entourés d'une bonne dizaine d'Aurors et menottés, au cas où même complètement désarmés ils continueraient à représenter un danger pour autrui ? Ne risquais-je donc pas de me faire agresser, vilipender par les rares élèves que je croiserais sur ma route, à moins que me faire venir en pleine nuit était justement pour m'éviter de provoquer tout incident ? Quoiqu'il en soit, son bienvenue, elle pouvait se le garder. J'avais conscience que ce qui m'attendait, à l'avenir, était pire que de me retrouver détenue à Azkaban, les Détraqueurs en moins bien évidemment. En fait, c'était le bagne, ni plus, ni moins. Malgré tout, je n'avais pas le droit de me montrer ingrate parce qu'on m'avait offert une seconde chance – ou quelque autre connerie du genre. Alors, adressant à la directrice le sourire poli qui allait bien évidemment de pair, quoique hypocrite, je m'empressai de la saluer pour me retirer à mon tour. « Merci bien, Mme Filztter. Bonne soirée. »  Bonne nuit, plutôt, vu l'heure plus qu'avancée, mais bon, l'intention y était. Alors, sans plus de cérémonie, je m'emparai du dossier sur la chaise, comme indiqué, avant de sortir de ce bureau d'un pas rapide – bien que, de toute évidence, j'allais devoir y revenir plus souvent que prévu.  





Chapitre 4: renaissance & rédemption.

ANECDOTE 016.  Depuis que j'avais intégré Poudlard, je savais que je n'étais qu'un pion dans l'échiquier politique. Un pion de choix pour Maureen Filztter, un fusible destiné à sauter en cas de problème. Je n'étais qu'un instrument destiné à redorer son blason, j'étais une sorte de tisonnier pour attiser la flamme de sa puissance. La malédiction de Pandore lui avait coûté cher, et comme beaucoup, elle essayait de reprendre du poil de la bête. Cela passait par museler complètement un cas psychiatrique totalement inapte à la vie en milieu scolaire – moi, en l'occurrence. Si elle parvenait à me redresser, à me remettre dans le droit chemin, elle serait décidément beaucoup plus puissante que la Sainte Justice elle-même. De mon côté, je ne savais pas trop si j'appréciais le fait d'être utilisée ainsi, pour servir ses desseins personnels. Personne n'aimait se savoir manipulé, de toute évidence. Pourtant, avais-je le choix, un quelconque pouvoir de contester ? Non, parce que si je ne marchais pas droit, j'étais fichue. Finalement, peut-être qu'on avait toutes les deux un intérêt dans cette histoire, un but à atteindre. Moi, c'était de ne pas retourner chez les fous puisque de toute manière j'avais été déclarée pénalement irresponsable, et elle, c'était de faire la nique à tous ces crétins finis du Ministère, je suppose. Quoiqu'il en soit, les autres devaient se faire à l'idée : je n'étais pas la nouvelle protégée de la directrice, je n'étais qu'un fusible. Un foutu fusible. J'étais sur la sellette, sur un siège éjectable. Il n'y avait pas de position moins enviable que la mienne, déjà bien précaire et hautement instable. Autrement dit, je me méfiais. Certes, depuis qu'elle m'avait prise sous son aile, les autres ne posaient plus trop de questions et j'étais plutôt tranquille de ce côté là, mais quand même, l'incompréhension restait vive, de même que le fort sentiment d'injustice qui s'était éveillé chez certains élèves alors que tant d'autres n'avaient pas eu cette chance. Maureen Filztter m'avait donné rendez-vous dans une salle du quatrième étage, après ma journée de cours qu'évidemment, je n'avais pas le droit de sécher. Finalement, j'arrivai à l'heure et au lieu dits, légèrement essoufflée – une formalité.  « J’ai fait aussi vite qu’il m’était possible. Vous m’aviez demandée? » J'avais toujours entre les mains le papier qui avait servi à me convoquer et qui était loin d'avoir fourni toutes les réponses à mes interrogations. « En effet. J’ai le plaisir ou non de vous annoncer que nous allons être amenées à nous rencontrer très souvent Miss. », Plus souvent qu'actuellement ?  Ça allait être une façon comme une autre de me garder à l'oeil, de resserrer l'étau autour de moi, de façon à ce que je ne puisse plus en réchapper. « Ceci, est votre nouvel emploi du temps. Pour le moment vous vous y tenez strictement. Nous verrons ensuite ensemble si nous pouvons l’alléger. » Je m'en emparai presque avec indifférence, sans toutefois y jeter un œil – j'aurai tout le loisir de l'étudier plus tard...ou pas d'ailleurs. Pour l'instant, je ne souhaitais pas me mettre au courant du programme des réjouissances, dirons-nous. Elle me fit alors un speech sur l'importance de mon comportement, sur le calvaire qui m'attendait pour les prochains mois, comme elle le disait si bien. Cela ne faisait que de me conforter dans l'idée que Poudlard allait être ma nouvelle prison.  « Des questions peut-être ? » Je dardai sur elle un regard empli d'incompréhension. Je ne comprenais pas tellement ce qu'elle attendait de moi. Elle ne pouvait pas aller à la rencontre de ma vraie nature, de la même façon qu'il ne fallait jamais réveiller un somnambule sous peine de déclencher une catastrophe. J'exagérais, mais à peine. « Pourquoi? » Pourquoi, l'éternelle question. « Qu’est-ce qui vous pousse à croire que je peux changer? » Beaucoup continuaient à penser que ma place était dans un asile psychiatrique, pas dans une école. J'étais encore un danger, à la fois pour moi et pour les autres. « Surtout ne commettez pas l’erreur de croire que je place en vous une quelconque confiance, car cela n’est absolument pas le cas. Et pour répondre clairement à votre question, rien ne me faisait croire que vous pouviez changer, jusqu‘à maintenant. Votre interrogation peut au pire prouver une envie suicidaire d’insubordination de votre part afin de préserver votre infantile rang de rebelle, ou au mieux montrer une réflexion qui vous ferait douter de vos propres capacités à réussir. Peut-être finalement craignez-vous ne pas vous montrer à la hauteur de ce que l’on se propose de vous donner. Le pouvoir peut-être tout et rien à la fois, c’est la manière dont vous l’utilisez qui compte. »  Alors, pour elle, c'était ça ? Je n'étais qu'une adolescente en pleine crise qui refusait de reconnaître toute forme d'autorité ? Réalisait-elle sûrement que le problème était beaucoup plus profond, qu'il résidait dans les racines même de ma personnalité comme l'avait expliqué le psychiatre qui m'avait suivie à Ste-Mangouste ? Ce n'était pas de moi que je doutais, mais plutôt d'elle. Était-elle réellement capable de me changer en profondeur, de me modeler à sa guise, de faire disparaître à plus ou moins long terme le trouble qui affectait ma personnalité dans son ensemble ? Au final, la question qui se posait véritablement était de savoir si le vrai problème était mon comportement ou sa folie des grandeurs. « J’oubliais un détail qui a son importance. Je vous serais gré de ne pas ébruiter nos entretiens. Premier véritable entretien qui se tiendra ici même, demain après votre cours de Potions, vous le verrez dans un votre emploi du temps venez comme si ce lieu était une salle d’études, vous découvrirez la couleur de nos séances en venant. » J'avais l'impression d'être dans un champ de mines. Une surface blindée de mines qui risquaient de m'exploser en pleine gueule au premier faux-pas. C'était un exercice périlleux et clairement elle était en train de m'imposer une discipline quasi militaire. « D'accord, j'y serai. » finis-je par acquiescer en hochant la tête d'un air solennel – avais-je seulement le choix ? En prononçant ces quelques mots, elle risquait de prendre pour argent comptant mon engagement – car oui, c'était un véritable engagement que je prenais là, et je ne savais guère comment appréhender cette situation puisque je n'avais jamais tenu un quelconque engagement, quelque qu'il soit. C'était aussi un des effets secondaires du trouble mental qui m'affectait. J'étais certes inapte à prendre certaines responsabilités, mais ma parole ne valait rien non plus puisque j'étais incapable de la tenir – ni de me tenir à quoi que ce soit, d'ailleurs.  

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ANECDOTE 017.  Prendre quelques leçons avec le professeur Filztter impliquait également de participer au club de duels. Selon elle, c'était non seulement un excellent moyen de sociabiliser, de fréquenter d'autres élèves tout en m'imposant une certaine maîtrise et une certaine discipline, ce qui était donc, a priori tout bénef pour moi. Je n'ai pu retenir un sourire sardonique lorsque je vis qui était mon adversaire – Mercredi March. La louve contre la psychopathe. C'était parti pour le choc des titans. Presque à contre-coeur, je saluai mon adversaire avant de reculer de quelques pas, à une distance respectable, de sécurité dirons-nous, pour que je ne sois pas tentée d'attaquer mon adversaire à mains nues. March resta immobile, montrant clairement l'intention qu'elle avait de ne pas attaquer en premier – juste se défendre. Alors, j'ouvris les hostilités. « Expelliarmus. » J'avais toujours été une bien piètre sorcière, n'ayant jamais véritablement cherché à maîtriser ma magie, mais cette fois-là, mon sortilège parut bien exécuté puisqu'il fonça droit vers elle, et la désarma. J'avais fixé du regard son précieux bout de bois et je l'avais vu tomber au sol. La baguette magique rebondit plusieurs fois sur le sol en émettant un bruit mat. « Dentesaugmento. » Je pouvais sentir la colère émaner de cette fille, je ressentais sa nouvelle rage de vaincre, de m'asséner le coup fatal. Pourtant, le sort n'était pas aussi offensif qu'on pourrait le croire, à part me faire des dents de castor, il ne risquait pas de provoquer d'autres dégâts, autrement plus importants.  « furunculus » ripostai-je alors, bien décidée à la défigurer de quelques pustules. Nos sorts se télescopèrent, et nous atteignirent tous deux, quoique leurs effets fussent atténués. Mes dents se mirent quand même à grandir d'un coup, tandis que le visage fatigué de March venait de se couvrir de cloques et de boutons purulents. Mon esprit sembla s'animer, la situation m'amusait. Un peu. « Jambencoton » lança-t-elle pour relancer le match, plus doucement cette fois-là. Un sortilège qui à première-vue paraissait inoffensif, mais qui était très déstabilisant. Je ne devais pas me laisser atteindre par le sort, car qui savait si une fois les effets du sort annulés j'allais pouvoir tenir correctement sur mes deux jambes ? Je n'avais pas le choix à part contrer ce sort, ne pas contre-attaquer. « Protego ». lançai-je avec une certaine assurance, bien décidé à contrer le sortilège et remporter ce duel. Le sort lancé par Mercredi ne m'atteignit pas. Loin de se laisser abattre, elle riposta, bien décidée à me désarmer. «  Levicorpus » Aussitôt dit, aussitôt fait, je m'élevai dans les airs, subissant de plein fouet le sortilège de lévitation. Déterminée comme jamais, je brandis une nouvelle fois ma baguette. « Rictusempra. » Mon incantation fit mouche, exactement comme je l'espérais. Mercredi March se tordait de rire au sol, mais ce n'était pas encore gagné, l'arbitre n'avait pas prononcé la fin du duel. Alors, March se ressaisit bientôt, et reprit un peu du poil de la bête, elle aussi déterminée à ne rien lâcher. «  Expelliarmus ! » Elle tenta à son tour un sortilège de désarmement, mais il sembla que le sortilège qu'elle venait de subir avait amoindri sa concentration. En effet, il s'avérait difficile de se concentrer à nouveau après avoir subi une crise de fou-rire. « Expelliarmus. » lançai-je à mon tour. Attaque contre attaque. Le moment était crucial, pour l'une comme pour l'autre. Notre victoire dépendait du résultat de notre sort. Finalement, la chance me sourit. Je désarmai mon adversaire. « Miss Ewing remporte le duel. » Merci, mon dieu. J'avais enfin réussi à faire quelque chose de ma baguette, à me montrer digne de la magie qui m'habitait. J'avais donné à la directrice une occasion en or massif de montrer ce dont j'étais capable. Lui donner raison de me faire confiance, de croire en moi. Alors, je m'inclinai devant mon adversaire vaincue, pour respecter les règles élémentaires de politesse.  

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ANECDOTE 018.  J'avais une fois encore rendez-vous avec la directrice de Poudlard, certainement voulait-elle me parler de mon duel avec Mercredi. Duel que j'avais gagné, ce qui pouvait être marqué d'une pierre blanche, soit dit en passant. D'ordinaire, j'étais une bien piètre sorcière, il fallait  l'avouer. Tellement piètre, que même après sept ans passés à Poudlard, je me faisais toujours avoir par ces fichus escaliers. Preuve en est, je venais de louper la dernière marche, me retrouvant les quatre fers en l'air. Après m'être relevée, je pus enfin rejoindre le bureau directorial. « Installe-toi. »  Je m'exécutai alors, m'asseyant en face de la directrice. « Ton duel contre Miss March. Maintenant que le temps est passé, tu dois être capable de l’analyser. Voir où il te faut prendre de l’assurance. Ce sera le thème de la séance. Ce duel. Ce que tu en retireras, nous y travaillerons par la suite. A toi de bien juger, et sache qu‘il n‘y a pas de hasard dans ma demande. Ainsi, qu’a-tu à apprendre de ton duel ? » Sa question me prit de court. Analyser une situation n'était pas un domaine dans lequel j'excellais. Au contraire. J'étais irresponsable, inconsciente du monde qui m'entourait. Voilà pourquoi dans un sens j'avais toujours eu un certain mépris envers les autres jusqu'à les mettre en danger. Je ne savais pas prendre de recul par rapport à une situation donnée. Autrement dit, ça rentrait par une oreille et ça sortait par l'autre, sans s'arrêter par la case cerveau.  J’ai gagné ce duel parce que je le voulais. Oui, je crois que c’est un question de volonté. À mesure que le duel se déroulait, j’ai senti que Mercredi lâchait progressivement prise, probablement gagnée par une certaine lassitude. Je suis restée concentrée jusqu’au bout. Et j’en ai profité pour donner le coup de grâce. »  étais-je davantage charognard que chasseur, je n'en savais rien, une chose était-il, c'est que frapper quelqu'un déjà à terre ne me posait aucun problème de conscience, car c'était très simple : de conscience, j'en étais dépourvue. « Et j’ai vaincu Mercredi…avec un simple sort de désarmement. Je crois bien que je l’ai utilisé deux fois, au cours du duel. Sinon, dans un premier temps, je ne faisais que me protéger. J’ai attaqué ensuite. » Puisque j'étais incapable d'analyser le fond, autant m'attarder sur la forme, c'était davantage concret. Je me basais sur des faits, uniquement des faits. Puis s'intéresser à ce que moi j'avais fait plutôt que mon adversaire, c'était dans mes cordes. « Pourtant March avait la volonté de gagner. Par contre, là où nous pouvons nous attarder c’est sur la manière dont tu as gagné le duel. En la désarmement. Tu as utilisé ce sortilège deux fois durant le combat. Et je dois dire que par deux fois il a été correctement lancé. Ce qui prouve bien la valeur de ton adversaire puisque la première fois, elle a su le déjouer. » Pour toute chose, il y avait un début, il y avait une fin. Pour démarrer comme pour finir ce duel, j'avais lancé un sortilège de désarmement, démontrant par ailleurs une certaine linéarité dans ma façon de faire. Cela étant, je ne voyais toujours pas où elle comptait en venir.  « De manière générale ton duel a été parfaitement exécuté. Maintenant… est-ce qu’il te ressemblait ? Tu peux devenir excellente en défense. Là ce sera une question de volonté. » De toute évidence, non, ça ne me ressemblait pas. À maintes reprises, j'aurais voulu utiliser des sorts de magie noire, bien plus puissants que tous ces petits sortilèges que l'on nous apprenait à l'école, mais c'était contraire aux règles. Alors, je ne l'avais pas fait, je m'étais moi-même bridée, comme pour correspondre à un standard fermement établi. « Oui, dans la mesure où j’ai utilisé des sorts simples, qui n’avaient rien de spectaculaire. Je n’aime pas me faire remarquer, c’est un fait. Je suis quelqu’un de secret, discret et peu loquace. J’ai envie de savoir, de découvrir, mais je n’ai pas cette tendance qu’ont certains à se compliquer la vie. Alors, je suis restée simple, sobre, sans fioritures. L’important pour moi était de gagner, et non pas d’épater la galerie. » De toute manière, l'antisocial se moquait bien de ce que pensaient les autres. Il agissait pour lui et pour lui seul. Les autres n'existaient pas. Au mieux, ils n'étaient que des parasites qu'il fallait éliminer un par un. L'antisocial n'avait pas conscience du monde qui l'entourait. L'antisocial était souvent seul face à lui-même. « Et non…Parce que maintes fois, j’ai été tentée d’employer la magie noire. Vous savez, j’ai appris des choses aux côtés de Sezuan Raven, à faire froid dans le dos. Mais…Je ne l’ai pas fait. Pas par égard envers Miss March, dans un duel de sorcier normal, je n’aurais pas hésité une seule seconde à terrasser mon adversaire, mais nous sommes dans le cadre d’un club de duel. Un club qui est régi par quelques règles, qu’il faut respecter. Pour moi, respecter les règles m’a paru plus important que d’étaler mon savoir, si tant est que j’en possède un. » Je ne savais pas trop si j'étais réellement sincère, ou si je disais juste ce qu'elle avait envie d'entendre. Il est vrai qu'avant, je n'en aurais vraiment rien eu à faire de Mercredi, j'aurais fait ce que j'avais à faire, point. Comme je l'avais bien précisé ensuite, dans un duel de sorcier normal, je n'aurais pas hésité à terrasser mon adversaire, au mépris des règles élémentaires de bienséance et de respect d'autrui. Je n'avais pas eu d'autre choix à part me plier à ces règles, rentrer dans le moule. Etait-ce un bon début, signe que cette thérapie était en train de fonctionner ? Sans nul doute c'était le cas. « Qu'en dites-vous, madame ? » insistai-je en la regardant droit dans les yeux. Oui, qu'en disait-elle ? J'étais curieuse de connaître sa réponse, son opinion. Encore autre chose à marquer d'une pierre blanche. Indubitablement, je commençais à aller mieux. Indubitablement.  

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ANECDOTE 019.  Ma septième et dernière année touchait à sa fin. J'allais quitter le tronc commun pour embrasser un cursus universitaire, qui va s'étaler sur de nombreuses années encore. Tant d'années où j'allais rester sous la coupe de Maureen Filztter. Au fil du temps, ma méfiance envers elle s'était atténuée. Je ne disais pas qu'elle avait totalement disparu, bien au contraire, elle restait là, tapie dans l'ombre, prête à surgir à tout moment. En fait, nous avions tout simplement appris à cohabiter, même si nous étions fort loin de nous être apprivoisées. Bref. Quoiqu'il en soit, à la fin de l'année scolaire, il a bien fallu faire un choix, choisir sa voie. Instinctivement, j'aurais choisi le domaine de la recherche, mon goût pour les expériences interdites et surtout dangereuses n'étant plus à démontrer. C'était bien entendu sans compter que j'étais surveillée jusque dans mes choix. J'avais momentanément oublié que j'étais en train d'acheter ma liberté, et que si je n'y mettais pas clairement du mien, je risquais de retourner à la case départ, sans toucher les vingt-mille gallions. Autrement dit, j'étais coincée, et je n'avais pas d'autre choix que de suivre la voie qui m'était imposée, même si cela m'en coûtait. Si un jour on m'avait dit que je suivrais un parcours de défense et d'Auror, j'aurais traité cette personne de fou. Surtout qu'en plus, je me retrouvais dans la même année que Synthia Grey, que j'avais réussi à me mettre à dos. Paraissait-il que c'était un sport national chez moi. Qu'y pouvais-je si j'étais incapable de gérer correctement mes relations sociales ? Pas grand-chose me direz vous, j'étais faite ainsi, et pourtant j'allais devoir me conformer à tout ça, entrer dans le moule une fois de plus. Qui disait travailler pour le Ministère disait de fréquenter d'autres personnes, dont certaines étaient beaucoup plus âgées que moi. Enfin, soit. J'échappais à cette maboule de McGwen. Tant mieux, tant mieux, car j'aurais été bien incapable de la supporter si par hasard on se retrouvait dans la même pièce. Elle pouvait toujours dire ce qu'elle voulait, j'étais la nouvelle protégée de la directrice et même du Ministère, j'étais intouchable bien que je n'étais qu'un pion, encore et toujours, rien n'avait changé de ce côté là. « Ewing, vous avez fait votre choix ? » Je levai alors la tête de mes prospectus, que j'avais lu sans vraiment les avoir lus. En fait, je ne faisais que les contempler d'un air absent. Non, je ne les connaissais pas par cœur. En réalité, je m'en foutais. À quoi bon me faire du mal en convoitant une filière qui ne serait jamais mienne ? « Je pense que oui. » répondis-je d'un ton absent tout en empilant les fascicules les uns par dessus les autres, plus pour m'occuper les mains que dans le souci de ranger l'endroit où je m'étais installée – il ne fallait pas tout confondre non plus. « Ce sera défense et auror. » annonçai-je platement tandis que le conseiller d'orientation arquait un sourcil surpris. « Vous êtes sûre de votre choix ? » Je lui adressai un regard neutre, dénué de toute émotion. « Pourtant, vous avez le profil pour une étudiante en recherche. On m'a dit que vous aviez un certain goût pour les potions. » je m'humectai les lèvres d'un coup de langue, réprimant un soupir agacé. « C'est ce que Miss Filztter veut. » affirmai-je avec un semblant de conviction. « Ainsi que le ministère. » L'homme tiqua lorsque j'évoquai le Ministère. Je plantai alors mon regard dans le sien, pour bien lui faire comprendre que je n'avais pas l'intention de revenir sur ma décision, fut-elle contradictoire avec ce que j'étais moi, à l'intérieur. Pour être libre, il fallait parfois consentir quelques sacrifices, même si en soi c'était paradoxal. « Écoutez. » mon ton se voulait ferme mais pas agressif. « Ne faites pas comme si vous ignoriez tout de mon passé. » L'autre déglutit difficilement. Je passai une main nerveuse dans mes cheveux bruns. « Si je suis ici, c'est pour une bonne raison. Personne ne pourra effacer les crimes que j'ai commis, c'est un fait. De la même façon, il est encore trop tôt pour que je sois complètement lâchée dans la nature, c'est le psy qui l'a dit. Je pense que Miss Filztter est aussi de cet avis. Je suis encore sous sa tutelle, jusqu'à preuve du contraire. Je me dois de faire ce qu'elle me dit de faire même si je ne suis pas d'accord. Ça fait partie du deal» Mon ton était légèrement monté à mesure de ma tirade, mais j'étais encore relativement calme – relativement. « Alors inscrivez moi en parcours de défense et d'auror. Vous ne refuseriez pas ça à vos supérieurs, n'est-ce pas ? » Je savais me montrer persuasive lorsque je le voulais. L'homme marmonna quelque chose que je ne compris pas, puis il me donna un formulaire à remplir. Le silence tomba entre nous, le temps que je le remplisse. Puis, une fois que j'eus fini, je poussai mon dossier pré-rempli vers lui, et il s'occupa de le tamponner pour l'envoyer ensuite au Ministère. « Eh bien, bonne chance Miss Ewing. » me glissa le conseiller d'orientation, avant de ranger le tout dans une pochette qui portait mon nom. J'adressai au type un sourire crispé, avant de me lever. Sans dire un mot, je quittai le bureau, en fermant la porte derrière moi. J'avais l'impression d'avoir bien fait, mais je ne me sentais pas sereine pour autant. Peut-être que je venais réalisé pour de bon que plus jamais je n'aurai le contrôle sur ma vie.

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ANECDOTE 020.  Lentement, je rangeais mes affaires, ravie d'être enfin arrivée à la fin de la journée, qui au demeurant m'avait paru interminable. Je sentais tout à coup un poids se retirer de mes épaules. Cependant, je n'étais pas entièrement libre. J'allais encore devoir passer de longues heures à la bibliothèque, pour faire mes devoirs. À présent que j'étais dans un cursus universitaire, la charge de travail était encore plus importante que lorsqu'on passait nos ASPIC. Je n'avais pas encore déterminé si le cursus me plaisait ou pas, de toute façon il était trop tôt pour le savoir – je n'avais eu que quelques jours de cours seulement. Alors oui, peut-être que les heures passées en classe étaient moins importantes, mais la charge de travail qui en résultait était inversement proportionnelle aux heures passées en cours. Ce soir-là donc, je m'apprêtais à rejoindre la salle où j'étais censée étudier avec le professeur Filztter, lorsque quelqu'un m'interpella. « Alice ? » Dans cette voix il y avait tellement de ressentiment que je ne pus pas faire autrement à part me retourner. Je tressautai légèrement en reconnaissant Aaron. Mon regard se posa sur mon ancien petit-ami. Un regard dangereusement neutre, inexpressif. « Tu étais là aussi ? » demandais-je platement, en serrant mes livres contre ma poitrine. « C'est étonnant que tu me poses la question, Alice. » fit-il remarquer avec une certaine aigreur. « C'est plutôt surprenant comme choix de carrière, surtout venant de ta part. » J'encaissai le coup sans sourciller. Bien sûr qu'il avait touché en plein dans le mille, il avait fait directement allusion à mon passé – lui, comme tous les autres sans exceptions avaient eu vent de cette histoire. « Comme quoi tout arrive. » finis-je par éluder, tout en haussant les épaules avec indifférence. « Cela dit, si ma présence te dérange autant... » repris-je d'un ton haché, alors que je dardai mes prunelles sombres sur le jeune homme. « Contente-toi de m'ignorer, s'il te plaît. » Il haussa un sourcil perplexe face à ma requête. Il laissa à son tour échapper un soupir à fendre l'âme, avant de poser sa main sur son épaule, effleurant ma peau du bout des doigts. « Je ne pourrai jamais t'ignorer. » Mon cœur se serra un peu. Je me mordillai la lèvre inférieure avant de détourner le regard. « C'est le bon moment pour essayer...simplement essayer. » Dans le fond, je ne demandais rien de plus, ma requête étant à mon sens assez simple à réaliser. Aaron me fixait toujours.  « Je dois y aller. » dis-je enfin, en le contournant pour sortir de la salle. « Pourquoi tu fais ça ? » me demanda-t-il avec colère, tandis que je m'apprêtais à sortir de la classe. « Pourquoi tu joues les filles fragiles et rangées, alors que l'un comme l'autre nous savons pertinemment que ce n'est pas le cas, que tu joues une putain de comédie ? » Je tentai d'ignorer ses paroles, mais c'était plus fort que moi, je n'avais pas d'autre choix que d'écouter...et de me laisser meurtrir par ses mots. « J'ai changé, Aaron. Tout le monde finit par changer, je n'y fais pas exception. » Sur-ce je sortis pour de bon. Et avant de m'éloigner dans le couloir, j'entendis ses derniers mots. « Va te faire foutre, Alice. » Tiens, ça avait une impression de déjà vu. Pourtant, venant de l'homme que j'avais aimé, que j'aimais sans doute encore, cela prenait une toute autre dimension. Qu'en savait-il, que je n'avais pas changé ? Sans doute faisait-il partie de ces petits cons qui continuaient à penser que je n'avais pas ma place ici, que j'étais juste bonne à être internée. Grand bien lui fasse. Il n'en valait pas la peine de toute façon.


 



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Alice M. Ewing
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MessageSujet: Re: alice •• mon alice, malice, pendue au bout de son fil   Sam 3 Aoû - 16:29

C'était juste pour vous dire que j'ai ENFIN fini ma fiche o/

J'attends donc qu'une de mes collègues ait la gentillesse de me valider officiellement, puisque moi, j'ai un peu la flemme là, la mise en page de 23 pages word de texte m'a un peu mise KO.
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Synthia Eden Grey
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MessageSujet: Re: alice •• mon alice, malice, pendue au bout de son fil   Dim 4 Aoû - 18:26


« Alice M. Ewing»
« Hum de parents inconnus, voilà un cas qui mérite toute mon attention,
Je te reconnais beaucoup de potentiel, tu pourrais avoir le courage des lions,
Mais ma décisions ira vers les rusés et les fourbes !»

Bienvenue à Serpentard !

Enfin nous y sommes ! Courage pour l'écriture maintenant, allons détruire Poudlard avec notre relation explosive <3

En tant qu'élève de Poudlard, tu peux si tu le souhaites devenir préfet de ta maison, ou bien encore aller remplir les rangs de l'équipe de Quidditch de ta maison. Et enfin, si tu es un élève qui a du temps en revendre les clubs de l'école t'attendent, dont le club Duel.
Tu peux désormais aller chercher des relations pour ton personnage en créant ta fiche de liens. Pour ensuite t'occuper de la gestion de tes sujets et entrer pleinement dans le jeu en te trouvant des partenaires de jeu. Afin que tes nouveaux compagnons puissent te contacter, n'hésite surtout pas à créer ta boîte à hiboux.
N'oublie pas d'aller régulièrement réclamer tes points pour participer à la compétition !

Excellent jeu sur Mutinlutin Malinpesti !




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MessageSujet: Re: alice •• mon alice, malice, pendue au bout de son fil   

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alice •• mon alice, malice, pendue au bout de son fil

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