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 hope ღ âpreté des sons, tourmente des vents

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Hope L. McGwen
L'esprit de Rowena. Sagesse & érudition.
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L'esprit de Rowena. Sagesse & érudition.

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ϟ Célébrité : Astrid Bergès-Frisbey



MessageSujet: hope ღ âpreté des sons, tourmente des vents   Mar 12 Mar - 20:30


Hope Poppy Lane McGwen
La vie et le mensonge sont synonymes – dostoïevski.Tout a un commencement, tout a un début – le mensonge n’échappe pas à la règle. Mais ce qu’il a de malsain, le mensonge, c’est son flottement. Cet entre-deux-eaux qui le caractérise, la fine ligne – bafouée – censée le séparer de la réalité. Mais les faits sont là, petite. Ta vie est construite sur un mensonge. Sur une douce symphonie qu’on te soufflait à l’oreille – tu aurais mieux fait de ne pas la tendre. Tu aurais mieux fait de fuir, d’être ce que l’on voulait que tu sois, dès ta naissance. Mais tu as voulu faire autrement, entrer dans la cour des grands avant l’heure. Cruelle erreur. Tous tes souvenirs, ils ont été bafoués. Tous tes proches, ils se sont éloignés. Toutes tes passions, elles t’ont été inspirées. Tu penses être toi-même, gamine. Mais je vais t’apprendre une chose : même là, on s’est joué de toi. Spencer Poppy Lane Ewing. Là voilà, ta réelle identité. Et maintenant que tu la connais, avance !

Poudlard & Serdaigle ϟ 19 ans & née le 22 avril 2014 ϟ Ecossaise
9ème année ϟ sang-mêlée


Nature, justice & désillusion

lunatique ϟ colérique ϟ perdue ϟ (exceptionnellement) respectueuse ϟ rancunière ϟ fière ϟ (souvent) patiente ϟ fragile ϟ indépendante ϟ bornée ϟ amnésique (de son frère) ϟ franche ϟ hautaine ϟ (parfois) manipulatrice ϟ curieuse ϟ (rarement) menteuse ϟ pessimiste ϟ défaitiste ϟ (généralement) silencieuse ϟ violente ϟ (peu) tolérante ϟ à cheval sur les règlements ϟ rusée ϟ intelligente ϟ difficile à suivre ϟ (limite) insociable ϟ solitaire ϟ méticuleuse ϟ cachotière ϟ (malgré tout) à l’écoute des autres ϟ vénère la nature ϟ botaniste hors paire ϟ critique ϟ coupable ϟ ambitieuse ϟ honnête ϟ passionnée ϟ instinctive ϟ logique ϟ (très) mauvaise perdante ϟ (assez) charismatique ϟ arrogante (en juste retour) ϟ observatrice ϟ tordue ϟ nocturne ϟ insomniaque ϟ modeste ϟ n’aime pas attirer l’attention ϟ souffre de ne pas en avoir ϟ vagabonde ϟ sceptique ϟ peur (panique) du noir ϟ énergique ϟ cultivée ϟ bilingue ϟ frénétique ϟ paranoïaque ϟ intimidante ϟ grande gueule ϟ rêveuse ϟ ne comprend pas grand chose aux relations sociales ϟ déteste toute l’humanité, ou presque


Mes indiscrétions

Histoire des prénoms Spencer Poppy. Tels étaient les prénoms, à l’origine, pour une jeune enfant. D’un côté, Spencer apportait la force de caractère, la force de l’esprit – le féminin absorbait le masculin de l’ensemble. De l’autre, Poppy était là pour tempérer. Pour adoucir un tempérament qui pouvait se retrouver hargneux – comme le lointain souvenir d’une mère qui courrait à travers les champs. Mais parmi les deux, Spencer fut remplacé à la dernière minute par Hope. Prénom puritain par excellence. Mais un prénom laissé, comme ça, en dernière volonté. Volonté d’une mère dont les derniers souffles partaient pour ces deux syllabes. Aux yeux de tous, la demoiselle se nomme ainsi Hope Poppy Lane McGwen. Si seulement ils savaient. Si seulement elle savait …

Famille et réputation Une famille implantée en Ecosse et au Pays de Galles depuis des générations. Une famille haïssant profondément le sang anglais de ses voisins. Une famille riche, aussi, trop riche qui se veut bienveillante mais qui, en réalité, se tourne vers le plus offrant. Pendant tous les affrontements qu’ont connus les populations sorcières, les McGwen se sont toujours tournés dans le sens du vent. Et les voilà, depuis peu, à clamer haut et fort la pureté de leur sang ; sang-pur. Quasi pur, en réalité. Hope Lane McGwen et son frère sont les bâtards de la branche, devraient plutôt s’appeler Lane Ewing. Ca les arrangerait, les McGwen, de ne pas les considérer comme être de leur famille. Mais rendre la chose publique, le secret caché de seule Domitille McGwen, ferait éclater cette famille bancale. Et, afin de contrer toutes futures remarques, Domitille se veut plus mesquine que jamais. Tant qu’elle vivra, la famille restera sous sa coupole. Son dernier délire : lier par le sang les McGwen et les Davis – peu lui importe de souiller cette autre famille.
McGwen, un nom connu en Grande-Bretagne de part son sang, sa fortune et ses prises de positions – inconstantes. McGwen, un nom connu dans le monde caché. Il faut l’avouer, beaucoup se sont tournés vers eux pour leur présence d’esprit, leur vision juste des choses… Quelque soit le problème ou la demande, ils trouvent la meilleure solution. Quelque soit la demande.


Baguette magique Ancien champ de bataille, le sol regorgeait de cadavres dont le sang avait gonflé les racines de tous ces arbres. De tous ces noyers qui se trouvaient là, comme autant d’arbres se dressant dans les cieux pour protéger les morts de la foudre. C’était de cette nature qu’était faite la baguette de la demoiselle, en adéquation avec son esprit innovateur. Toujours, toujours plus – voilà ce à quoi tendait son esprit. Souple, mesurant 26.3 cm, elle contient une plume de phénix. De phénix irlandais – autre témoin de la volonté de dépendance de la demoiselle.

Forme du patronus Comme un signe avant coureur de ce qu’elle allait être, le patronus de la brune se trouve être une grenouille. Une bien petite bestiole, souvent négligée, dont la symbolique l’a élevé au rang de divinité dans certaines cultures. Si elles agissent contre les ondes négatives, elles agissent aussi contre les détraqueurs, ah.

Forme de l'Epouventard Etre fantomatique, elle n’arrive pas à distinguer les traits du visage de son épouventard. Ceux-ci sont dilués dans l’espace, s’effacent comme si quelqu’un avait voulu masquer la vérité, cette fichue vérité. Et c’est cette absence, cette non-possibilité de mettre un mot sur ce qu’elle connait qui l’effraie au plus au point. Pourtant, le fantôme de ses cauchemars n’est nul autre que son frère. Son fantôme de frère. Celui-là même qui se trouve entre réalité et inconscient.

Animaux possédés Aussi loin qu’elle puisse s’en souvenir, Hope n’a jamais éprouvé le besoin de posséder un animal. Pire, même, elle a du mal à se faire à l’idée que quelqu’un – qu’elle – puisse avoir la main mise sur un animal quelconque. Les individus sont suffisamment loups entre eux pour qu’elle puisse se permettre d’être proche avec l’un deux. Liberté, liberté – lui clame haut et fort son esprit. Liberté, liberté – tant et si bien qu’elle ne peut se résoudre à avoir un animal en captivité, ou à l’éduquer. Pour elle, cela reviendrait à amenuiser son lien ( le lien de l’animal ) avec sa nature la plus profonde ; elle ne le supporterait pas. Ce qui ne l’empêche pas, pour autant, de se sentir proche d’eux.

Orientation sexuelle La demoiselle se prétend hétérosexuelle, même si elle ne va pas aller le crier sur tous les toits. Même à dix-neuf ans, elle ne ressent pas le besoin ni l’envie de coucher avec quelqu’un. Des étudiants la soupçonnent frigide, du haut de son trône de glace ? Qu’importe, les remarques ne font que glisser sur son dos. Elle sait ce qu’elle est.

Transplanage ou balai ? Transplanage : la meilleure manière pour qu’une migraine lancinante ne vienne lui marteler le crâne, à réserver pour les longs déplacements. En auquel cas, elle préfère – et de loin – la sensation que procure le fait de voler. De là à posséder un balai pour elle-même ; non. Là encore, elle n’en ressent pas la nécessité. Et les placards de l’école renferment quantité de bon coucous, mis aux oubliettes, qui n’attendent qu’une âme généreuse pour sortir de leur taudis.

Études suivies Du bout des doigts, elle avait embrassé le cursus de langue-de-plomb. Mais quand bien même elle aimait ça, l’astronomie, l’étude de runes ; c’était un profond ennui qui était venue la saisir. Alors, elle avait lâché l’ensemble. C’était laissé flotter jusqu’à quelque chose de plus terre à terre, qui lui correspondait mieux. La recherche en magie fondamentale. Elle le savait, le sentait. Ce qui allait l’aider dans ce domaine, c’était sa passion – parfois obsessionnelle – pour le renouveau. Ce qui allait la bloquer dans l’histoire, c’était les limites qu’elle voudrait bien se fixer.

Matières préférées et détestées Ce n’est pas un secret, ni une nouveauté, de savoir que la Bronze & Azur se plait dans la botanique. Les plantes par-ci, les plantes par-là ; elle pourrait vous en parler avec passion pendant des décennies. Pour autant, elle n’excelle pas dans cette manière scolairement parlant – son point de vue n’étant pas le même que celui des enseignants. L’arithmancie, les sortilèges & enchantements ainsi que les potions attirent aussi toute son attention. Pour autant, elle n’excelle pas en potion – un problème de concentration, rendant la mixture ratée. Aussi, en soi, elle ne déteste pas une quelconque matière. Ou alors la métamorphose – allez savoir, ce n’est pas un domaine qui l’intéresse tant que ça. Transformer un œuf en poule ( ou une poule en œuf ) : à quoi bon ?

Cap sur l'avenir A peine dix-neuf ans, et déjà l’envie de se recentrer. De se ressourcer. Dix-neuf ans, seulement, et le triste idéal ( la triste envie ) de refaire le monde, de remettre les choses à leur place. Sorcier et moldus d’un côté, la nature de l’autre. Mais c’est là que la question blesse, que la question se pose : est-ce vraiment elle qui veut cela ? A moins que ce ne soit une machination de son esprit ? Elle n’en sait rien, est prête à regarder avec son les propositions qu’on pourrait bien lui faire.



Le monde et moi


Quel est votre avis sur les moldus ? Aussi loin que remontent mes pauvres souvenirs, seule l’aversion de ma famille envers eux me reste en mémoire. Eux et leur manque de pouvoir. Eux et leur faiblesse. Pour autant, je n’ai rien contre eux – pire même, je m’en moque. Qu’ils soient là ou non ne change strictement rien à ma vie ( à part si ceux-ci, suite au message de Wayne deviennent gênants ). Et j’aurais tendance à dire devant l’étroitesse d’esprit des gens de ma famille que seul l’inconnu inquiète. Ou fascine – parfois, les deux.

Quel est votre avis sur les sorciers ? Comment donner un avis sur ceux dont on fait parti ? Comment décrire les agissements de chacun d’entre eux sans prendre en compte son passé ? Comment, simplement, comment ? La question se pose, ouvre une multitude de chemins – je m’abstiens de toute réponse.

Que est votre avis sur les cracmols ? Quelle … désillusion. J’imagine leur haine, leur envie d’être comme nous, sorciers. J’imagine leur impuissance, toutes ces soirées à se demander pourquoi. Enfin, j’ai imaginé, avant. Sur quoi est arrivée cette Winnfield, Danaé, que j’ai rencontre à Sainte-Mangouste. Je m’abstiens ( encore ) de faire des généralités. Mais s’ils sont tous comme eux, je crains rapidement la fin du monde, de nous humains – pas plus mal.

Qui des moldus ou des sorciers sont les plus évolués ? Ni l’un, ni l’autre. La magie peut être vu comme une forme évoluée d’un ensemble bien plus vaste. Mais les sorciers s’en sont contentés alors que, de leur côté, les moldus ont du combler leur manque. Désormais, ils ne souffrent que d’un manque de pouvoir. Le fait est là et, en final, c’est une sorte d’admiration pour ce qu’ils peuvent être qui me prend les tripes. Mais je le sais, je le sens : ils ont peur de la situation. Et c’est ce qui peut réveiller les instants les plus primaires, les moins évolués. Conneries.

Que pensez-vous de ces sorciers prônant la supériorité des sang-pur ? Là encore, ce n’est qu’une vaste connerie sensée couvrir des années de mensonges et de mauvaises ( très mauvaises ) actions. Qu’ils déblatèrent pour se considérer supérieurs, s’ils le veulent. Qu’ils agissent et maltraites se sentant tout permis, je refuse. Malheureusement, ma famille est de ceux-ci. Et je leur crache au visage. Je crache sur ce mariage arrangé qu'ils attendent de moi.

Que pensez-vous de la poignée de familles aisées dans le monde qui se pense au-dessus des lois ? De ces familles aisées, j’en fais parti. Si beaucoup, je le confirme, se sentent au dessus des lois : d’autres ne le sont pas. Cas à part, généralité ; je souffre de ce que demande le monde actuel. Placarder des étiquettes sur tout et n’importe quoi, je refuse. Après, j’ai les moyens. Tous ces gallons sur mon compte – comme une assurance pour un futur trop obscur.

Pensez-vous que les elfes de maisons méritent un meilleur traitement de la part des sorciers ? Je n’en sais rien. Après tout, s’ils sont ainsi domestiqués, c’est qu’ils n’ont pas eu le courage et la volonté de se battre contre l’oppresseur. Et quand bien même certains sorciers veulent les aider, c’est souvent avec effroi qu’ils les regardent. Alors, un meilleur traitement : oui. Mais c’est encore à eux de l’exiger.

Que vous inspirent ceux qui pensent que l'être humain se doit de suivre un modèle bien précis ? Un profond mépris. Il n’existe pas de modèle précis, juste un éventail de possibilités que chacun ( chacun, oui ) doit s’efforcer d’embrasser du bout des doigts.

Si vous deviez choisir entre Maureen Filztter-Murray et Rafael Grey vers qui se porterait votre choix ? Choisir, c’est avant tout renoncer à quelque chose. Mais comment choisir sans être certain de détenir toutes les ficelles, tous les secrets cachets, tout ce que l’un et l’autre peuvent apporter. Fut un temps où ma préférence allait vers la directrice, mais en tant qu’ancienne préfète, j’ai pu observer son mode de fonctionnement. Alors, dans un cas sans équivoque, je me dirigerai certainement vers le ministre – mais Domitille est de son côté, chose qui me fait douter de ses intentions. Dans tous les cas, l’ensemble n’est que pouvoir. Et le pouvoir, il m’en faut un minimum.

Est-ce une bonne chose que les moldus apprennent l'existence des sorciers ? Bonne chose, mauvaise chose – je ne tiens pas à donner mon avis. Pourtant, c’était inéluctable ; ça devait arriver.

Croyez-vous que le premier ministre moldu sait ce qu'il fait ou bien qu'il ne s'agit que d'un moyen de défense face à la crainte ? Je l’espère, sincèrement. Mais un matin, je me dis qu’il l’a fait pour unifier sous le même drapeau toute une population, dont le maître mot s’apparente au respect. Le surlendemain, j’ai des pensées contraires : tout ça, il l’a fait pour surmonter une crainte, pour se délivrer d’un secret qui, lentement, l’empoisonnait. Il ne comprend rien, voilà.

Quel est votre avis sur les s.e.c.t.e., ne serait-ce pas un moyen pour Poudlard et donc sa directrice d'élargir son pouvoir au monde entier ? La directrice ne prépare-t-elle pas une armée ? La directrice fait bien ce qu’elle veut – après tout, c’est son école. Les élèves, eux, ont bien raison d’avoir des envies de liberté, des envies de changer de vie. Mais cela, tout cela, ça ne les changera pas. S’ils comptaient fuir quelque chose, ça finira forcément par les rattraper. Après, le reste – tout le reste – je m’en moque.

La directrice de Poudlard, une des puissances de notre époque, est née de parents moldus. Grande sorcière au mérite immense ou usurpatrice ? Un peu des deux, honnetement. Après tout, l'un n'empêche pas l'autre.

Que pensez-vous des nés moldus ? Pas grand chose, seulement pas grand chose. C'est comme tous ces autres moldus, cracmols et cie : je n'ai rien contre eux. Mieux, même, j'aurai tendance à être ébahi ( un court instant ) devant leur capacité d'adaptation. Devant le secret qui leur est imposé. Après tout, ce n'est certainement pas le sang qui fait l'individu - mais bien son ambitions. Ses préoccupations. Toutes ces choses qui font ce qu'il est.

Avez-vous des croyances ? (religion ? sciences occultes ? ou autre ? ) J'ai arrêté, depuis longtemps, de croire. Je ne veux plus croire en rien, ne veux plus être désillusionnée.

La Gazette du Sorcier, info ou intox ? Je crie à l'intox. La Gazette n'a plus rien d'une valeur sûre, la Skeeter encore moins. Elle ne fait que d'empoisonner l'ensemble, de déformer les actions ( ou inactions ). Dans de telles circonstances, il vaut mieux ne pas y prêter le moindre intérêt.

D'après vous, que va-t-il arriver dans un futur proche ? L'avenir ne m'intéresse pas - du moins, je n'y réfléchis pas. Je préfère me laisser aller, voir comment les choses évoluent. Dans tous les cas, j'espère qu'ils auront compris ( moldus et sorcier ), qu'ils auront changé. La guerre, ce n'est pas entre eux qu'elle doit se dérouler, non. La guerre, c'est pour la sauvegarde de la nature. Je ne veux pas paraître extrémiste, mais je les garde à l'oeil - tous autant qu'ils sont.



Je suis moldu et je me soigne.

Astrid Bergès-Frisbey ϟ Elsa & zaw ϟ 22 ans

Personnage inventé, poste vacant ou scénario ? Personnage inventé
Multicomptes ou fraîchement arrivé ? Premier compte d’une série de trois (pour le moment) multicomptes.
Activité prévue sur le forum (7/7) : Une présence régulière, des RPs moins présents. Dans ce cas, disons 6/7.
Comment êtes-vous arrivé sur MM ? J'étais là, pour la reconstruction.
Un petit commentaire pour la fin ? Hâte, tellement hâte.
Au fait, le code du règlement, tu peux nous le dire ? Flemme, tellement la flemme.



(c) tumblr - endless wildones - shiya - tumblr (torie rhp)





Dernière édition par Hope L. McGwen le Ven 22 Mar - 0:14, édité 18 fois
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MessageSujet: Re: hope ღ âpreté des sons, tourmente des vents   Mar 12 Mar - 20:31


A l'encre de chine
On dit : retracer une vie. Mais les arabesques et méandres dessinent à la fin un motif plutôt indiscernable : juste une forme évidée. Peut-être ne fait-on que cela : broder sur la musique du temps, avec parfois des cassures - Jean-Jacques Schuhl
« Ma jeunesse ne fut qu’un ténébreux orage,
Traversé çà et là par de brillants soleils »


AUGUST 26TH, 2020, DOMAINE DES MCGWEN, GLASGOW, SCOTLAND
Deux adultes, accablés par la chaleur de l’été écossais, discutaient sous la brise à l’ombre des pins. Le discours s’envenimait de piques vipérines, promptes à descendre l’autre – pourtant, aucun des deux n’osait élever la voix. Aucun des deux, aussi, ne laissait prendre l’avantage. La situation était tendue mais de loin, l’on eut dit qu’ils s’entendaient à merveille. Si l’un battait des bras, l’on pouvait penser que c’était d’engouement. Si l’autre pinçait les lèvres, l’on pouvait se dire qu’il retenait un rire. Mais à l’étage, caché par les rideaux, un gamin les espionnait. Ismaël n’était pas dupe ; il connaissait suffisamment ces deux personnes pour savoir l’objet de la discussion. Il le sentait, même : il était encore au cœur de la confrontation. Domitille n’avait jamais eu pour habitude de lâcher, à six ans, il l’avait compris. Et Ruben, de son côté, perdait à chaque fois du terrain. Ca encore, il l’avait compris.
Les rayons d’un jour finissant embrasaient l’ensemble de la pièce, colorant de roux la chevelure brune de Spencer. Le jeune garçon avait fini par se retourner, portant son attention sur sa sœur. Elle était là, encore, allongée sur le sol ; les yeux rivés vers le plafond. Du haut de ses six ans, il n’avait jamais compris cette attitude. Cette possibilité d’attendre, l’esprit ailleurs et le sourire aux lèvres. Il ne comprenait pas, simplement. Rapidement, il avait effectué les quelques pas qui le séparait d’elle.
- Spencer ?
L’enfant, l’autre, avait tourné les yeux vers lui – interrogation muette qui pendait au bout de ses lèvres. Puis, sans attendre plus, elle s’était assise. D’un geste de la main, elle ébouriffait ses cheveux tandis que l’autre, de main, frottait son œil. C’était le début, c’était son éveil. Ou, du moins, l’éveil de l’instant alors qu’elle dardait enfin ses prunelles vertes vers Ismaël. Tendre Ismaël, son tendre jumeau.
- Ils discutent encore, ça m’ennuie.
Elle avait haussé les épaules, comme ça – ça l’ennuyait. Ruben, son père, l’ennuyait. Elle aurait préféré l’avoir là, avec eux. Au lieu de le savoir avec elle, en bas. Mais elle n’y pouvait rien, les choses étaient telles qu’elles étaient. Et, souvent, les deux jeunes enfants se plaisaient à dire qu’ils n’avaient pas de parents. Pas de mère. Pas de père. Juste une grand-mère qui avait enfilé le costume du monstre, celui d’un boogeyman attendant la nuit pour venir les cueillir. Ils s’y plaisaient, s’y complaisaient. Et, souvent, ils s’imaginaient eux seuls contre le reste du monde. Eux seuls, mains dans la main. Pour l’éternité. Ils avaient lu ça, dans un livre. En réalité, Spencer l’avait lu. Un jour, quelque part. Dans un de ces nombreux bouquins aux caractères démesurés et au nombre de pages trop court. Elle l’avait lu, et cela leur suffisait. Elle aurait même pu lui mentir qu’il ne lui en aurait pas voulu ; il était déjà ravi d’être avec elle.
- Jouons, avant qu’ils ne reviennent !
Sur quoi, elle s’était levée. Mais la situation l’intriguait ; ce que faisait Domitille et son père – leur père – l’intriguait. Aussi se rendit-elle à la fenêtre pour les regarder, comme il l’avait fait plus tôt. D’un geste de la main, elle épousseta sa robe. Le front collé sur la vitre, sur la pointe des pieds, elle leur jeta un coup d’œil. Ismaël ne tarda pas à la rejoindre. Et ce sont quatre yeux que la grand-mère distingua au travers de cette fenêtre. Alors qu’elle pinçait les lèvres, les enfants s’accroupirent immédiatement. Elle les avait vu, ensemble, elle les avait vu.
- Tu te souviens comment tuer le croque-mitaine ?
- Je ferme les yeux, serre les mains et répète adstipulator lux.
- Tu le feras ce soir, d’accord ?
La question était sans équivoque, il n’avait pas le choix. Ismaël ne tarda pas à hocher la tête avant de s’enfuir par la porte, le parquet grinçant sous chacun de ses pas. Ne pouvant y résister, Spencer tenta un dernier coup d’œil vers le jardin, Domitille n’y était plus. Rapidement, elle s’allongea de nouveau au centre de la pièce, à terre – pour parfaire le tableau, pour remettre les choses telles qu’elle – la vieille – les avait laissées. Quelques instants plus tard, la porte s’ouvrit en fracas, laissant dans l’embrassure de la porte cette femme. Cette femme qu’elle n’aimait pas, aux cheveux aussi noirs que l’ébène.
- Spencer ?
Le manège recommençait. L’enfant avait tourné les yeux vers lui – interrogation muette qui pendait au bout de ses lèvres. Puis, sans attendre plus, elle s’était assise. D’un geste de la main, elle ébouriffait ses cheveux tandis que l’autre, de main, frottait son œil. C’était le début, c’était son éveil. Ou, du moins, l’éveil de l’instant alors qu’elle dardait enfin ses prunelles vertes vers Domitille. A cause d’elle, elle n’avait pas pu dire à Ismaël combien elle l’aimait.

- Spencer, Spencer ! Il a neigé toute la nuit ! Regarde, vite, regarde.
- Ne parle pas sur ce ton à ta sœur, ne lui parle simplement pas. Et elle ne s’appelle pas Spencer !
- Je l’appelle comme je veux. Tu viens, Spencer ?
- J’arrive !
Main dans la main, les deux enfants échappèrent au regard sévère de leur grand-mère. A la portée de sa voix, aussi ; ils ne voulaient former plus qu’un. Rester unis pour l’éternité, loin de ça, loin de tout, loin des autres. Ils voulaient juste rire, comme ça. Regarder les flocons de neige tomber les uns après les autres, dans une danse envoûtante. Les avaler, aussi, tête tournée vers les yeux, bouche grande ouverte. Et passer le plus de temps ensemble, surtout, car ils sentaient que quelque chose allait se produire, une chose dont ils ne pourraient avoir aucune emprise dessus, une chose qui allait les détruire. Même si c’était, supposément pour leur bien. Alors ils couraient, inconscients de leur entourage. Mais tellement conscients qu’il fallait qu’ils rattrapent le temps qu’ils allaient perdre. Comme deux gamins, qu’ils étaient vraiment, ils voulaient goûter aux délices de l’hiver. Et jouer ensemble comme si c’était la dernière fois.
- Dis moi Spence’. Promet-moi que tu ne m’oublieras jamais.
- Je te le promets., avait soupiré la jeune fille, embrassant son frère.
« Une rencontre n’est que le commencement d’une séparation »

SEPTEMBER 15TH, 2011, HYDE PARK, LONDON, ENGLAND
Elle était là, le sourire au bout des lèvres, pouvant porter le monde à la force de sa bonne humeur. Elle était là, simplement, au milieu de tous ces débris allant d’une personne à une autre. La main sur les épaules des blessés, elle était conciliante, compatissante usant de son sourire pour réchauffer les cœurs. Annaëlle avait toujours été ainsi : entière. Le don de soi avait toujours été une pratique courante chez elle. Certains appelaient cela du « sacrifice utile », pour elle, c’était seulement le propre de l’être humain. Hyde Park avait été le témoin, dans l’après-midi, d’un incendie dans un kiosque à journaux. Mais l’incendie n’était pas naturel, elle le sentait, le savait. Un kiosque à journaux n’explose pas seul. Un kiosque à journaux ne continue pas de cracher des étincelles pétillantes. Un kiosque à journaux ne peut pas brûler sous le coup de flammes violettes. Devant elle, se tenait un événement sorcier – il lui fallait agir. Depuis peu, elle travaillait au ministère de la magie tout en ayant un poste au Times, rédactrice. Son but : recouper les informations moldues et sorcières afin d’être plus à même d’aider les êtres sans pouvoir. Sa famille, les Lane, lui avait inculqué ces valeurs dès sa plus tendre enfance dans la villa de Vaison-la-Romaine ; ville chaleureuse dans le sud de la France.
- Monsieur, le Times aurait quelques questions. Puis-je savoir votre identité ?
- Ruben McGwen. Je ne prends pas de journalistes.
- Enchantée, Ruben. Je vous ai vu dès le début de l’incident, quelle efficacité ! Je suppose que vous êtes en charge de cette enquête, ajouta-t-elle sans prendre en compte sa remarque. D’un signe vague de la main, elle désigna l’ensemble de la scène. Ne trouvez-vous pas étrange, ce qu’il vient de se passer ? Qui pensez-vous accuser ? Est-ce un événement naturel ?. Les questions pleuvaient, aussi rapidement qu’elles s’incrustaient dans l’esprit de la brune. Gêné, Ruben ne savait que répondre. Il était là, obnubilé par cet étrange accent. Et par ce sourire, ce large sourire.
- Suivez moi, autant se trouver un endroit calme pour discuter.
Annaëlle s’en trouvait partagée, de cette phrase. Elle les connaissait, tous ces moldus qui se pensaient puissants. Elle les connaissait, et leur envie de faire taire les journalistes. Mais le jeune homme qui se trouvait devant elle avait ce sourire ; elle ne le pensait pas mauvais. Attrapant son sac bandoulière posé à terre, elle entraîna le jeune homme à l’écart. Une fontaine, deux fontaines, un banc occupé ; ils finirent par s’installer dans l’herbe sèche de la saison. Elle avait toujours aimé ça, l’herbe. Un héritage de sa famille d’horticultomage. Assise au plus près de la terre, elle fouillait dans son sac.
- Oublie…
- Protego !
Ce n’était pas sur son calepin, qu’elle avait mis la main. C’était sur sa baguette. Les mots avaient été murmuré, de peur qu’ils ne soient entendus. Mais elle rageait, rageait qu’il ait seulement osé faire ça. Elle avait approché son visage de celui du jeune homme, de sorte qu’il soit l’unique destinataire de ses propos.
- Ruben, vous êtes un crétin fini ! Faire oublier aux moldus, passe encore. Mais le faire dans un lieu public, quel est l’intérêt ?
La question était là, suspendue dans les airs. Il n’en fallut pas plus pour qu’Annaëlle ne s’empare de son sac avant de partir à grandes enjambées, d’une démarche précipitée. Elle n’aimait pas les gens comme ça, les gens comme lui. Mais une main ne tarda pas à la retenir, McGwen se trouvait derrière elle – le souffle court et l’air penaud.
- Vous passez tellement bien pour une moldue, veuillez m’excuser. Pouvons-nous discuter, réellement, quelque part ?
- D’abord l’incident. Un commentaire sur celui-ci, maintenant que nous sommes d’accord de l’origine ?
- Vous ne lâchez jamais le morceau …
C’était un sourire contraint que la brune affichait, se remémorant ce que lui avait dit un jour Jeanne d’Arc, du haut de son tableau. Elle ne lâchait jamais. Ruben appartenait au bureau des aurors et avait été dépêché ici en tant qu’oubliator. Ce jour-là était leur première rencontre, leur premier rendez-vous. Avant le reste, tout le reste.

J. d’Annaëlle M. L.
Au matin du 02 septembre 2013.
Après cette dispute, j’étais persuadée que Ruben n’allait plus venir. Que ce mariage n’avait plus lieu d’être. Que plus rien n’avait de sens. Parfois, je me dis que j’aurais mieux fait de les écouter, de ne pas traîner avec lui et sa famille. Domitille ne m’a jamais eu dans son cœur, les autres n’ont plus. J’étais seulement une fleur exotique qu’il avait rapporté pour étendre sa collection ; je n’y croyais pas. Ruben n’était pas ainsi. Mais la dispute avait commencé de là. Par la suite, tout avait valsé. Mes efforts n’étaient plus que cendres. Nous nous étions mariés, nous allions être séparés. J’avais quitté mon travail pour le suivre en tant qu’interprète, j’allais seulement être un réservoir de langues, seule. Je l’avais rejoins en Ecosse, je ne pouvais même plus prétendre rejoindre la France. Alors, c’est là que je l’ai rencontré, lui. Arthur. Deux syllabes pour un homme étrange. Arthur Ewing, un autre sorcier.
« Mais la vie sépare ceux qui s’aiment. »

APRIL 22ND, 2014, SAINTE-MANGOUSTE, LONDON, ENGLAND
L’agitation régnait dans les couloirs aseptisés de l’hôpital. Deux heures plus tôt, trois individus avaient été admis pour détournement de charme ; une expérience qui aurait mal tournée, d’après les dires. De peu, ils avaient été suivis par une femme prise d’un fou rire incontrôlable ; rire qui se transmettait dès que quelqu’un avait le malheur d’entrer en contact avec elle. Du coin de l’œil, Ruben l’avait observé afin de ne pas se trouver sur son chemin. Afin d’être prêt lorsqu’on viendrait le chercher. Impatient, ses pieds martelaient le sol selon une mélodie imaginaire. Ses ongles étaient rongés, triste sort d’une attente longue. Bien trop longue pour lui.
- Ruben McGwen ?, avait annoncé un médecin, se penchant vers le jeune homme. Vous êtes l’heureux père de deux enfants.
- Je peux ? La question était ce qu’elle était. Il n’en avait pas fallu plus pour que Ruben ne se lève. Deux enfants, il n’y pensait pas.
- Bien entendu. Suivez moi.
C’était les yeux brillants que Ruben avait suivi le docteur au travers les dédales de couloirs. Son palpitant battait fort contre sa poitrine ; jamais il ne s’était senti aussi impatient. Mais, dans le même temps, aussi anxieux. C’était des sentiments qu’il ne comprenait pas, lui, du haut de ses vingt-trois ans. Perdu dans ses pensées, tentant d’analyser les choses, il ne fit pas attention au leader de l’instant qui s’était arrêté près d’une large vitre. De l’index, il pointait au travers deux enfants, qui étaient sous les bons soins d’une infirmière.
- Votre fille, Spencer Poppy, appui sec contre la vitre. Et votre fils, Ismaël Aaron, autre coup sur la vitre alors qu’une larme coulait le long de la joue du père. Les voir, là, l’emplissait d’une joie qu’il ne se connaissait pas. Ce qu’il désirait, à présent, c’était seulement rejoindre sa femme. Pourquoi, d’ailleurs, n’était-ce pas elle qui s’occupait des nouveau-nés ?
- Excusez-moi, je voulais savoir pour …
- Votre femme …
- Oui, ma femme, ajouta-t-il en fronçant les sourcils.
- … n’a pas résisté. Elle est …, commença-t-il la voix plus basse.
- Pardon ? Incompréhension.
- Elle est morte. Etrange accident que voilà ; un charme s’est mal dissipé. Nous sommes entièrement désolés, mais nous n’avons rien pu faire.
- Quels étaient ses … derniers mots ?
- Qu’il faut garder espoir, monsieur.
L’infirmière s’était comme matérialisée aux côtés du docteur, sa fille dans les bras. Alors qu’elle la lui tendait, Ruben n’osait pas réagir ; il n’y croyait pas encore. Ne voulait pas y croire, simplement. Sans jeter un coup d’œil vers la gamine, il repartit sur ses pas, la tête baissé.
- Hope Poppy Lane McGwen, avait-il murmuré dans sa barde. Mais l’infirmière l’avait entendu. Et alors qu’il s’échappait, elle le héla une dernière fois.
- Comment dois-je l’inscrire dans le registre ?
- Plus tard, plus tard.
Rapide geste de la main en arrière, il n’était pas en état de se pencher sur la question. Ses enfants lui avaient pris la vie. Ainsi, c’était le dur sacrifice pour être parent. Il secoua la tête, laissant quelques larmes rouler sur sa peau. Ils avaient tué sa femme ; il n’avait pas envie de s’occuper d’eux. Pas pour le moment. Domitille ferait l’affaire. Et puis, elle le lui avait toujours dit ; qu’Annaëlle n’était pas forte. Il aurait du l’écouter. Ce qui venait de s’écrouler, ce jour-là, c’était le monde de Ruben alors que quatre nouveaux yeux n’attendaient que de capter son attention.

- Hey, Spence’ ! Tu tournes avec moi ? Vient, vient !
- C’n’est pas une mauvaise idée ? Tu vas encore te faire punir.
- Tant pis. Je ferai tout pour te faire rire, tout.
- Pas trop longtemps, alors ?
Non, pas trop longtemps. Ils n’avaient pas eu le temps, comme toujours. Prévenu par l’autre, Ruben s’était pointé rapidement, prêt à réprimander. Depuis la naissance des enfants, lui d’ordinaire si aimant, avait enfermé ses sentiments, quelque part. Il les avait avalé, ne voulait plus y toucher. Et répondait positivement à la moindre demande de sa mère. Pauvre marionnette ; il ne vivait que pour la servir. Il ne réfléchissait plus. Un sec claquement de cape, une sèche claque sur les joues des deux enfants ; et c’était terminé. Les jeux d’hiver n’avaient plus lieu d’être. Les jeux n’ont plus, d’ailleurs.


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Hope L. McGwen
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MessageSujet: Re: hope ღ âpreté des sons, tourmente des vents   Mar 12 Mar - 20:31


Je te dessine
Le souvenir, ce n'est pas une réminiscence du passé, c'est le moment où le présent trébuche sur une aspérité de l'histoire et libère un message laissé là longtemps auparavant, qui se déploie et prend son sens - Richard Powers
« Le temps d'apprendre à vivre, il est déjà trop tard. »

OCTOBER 09TH , 2022(19), DOMAINE DES MCGWEN, GLASGOW, SCOTLAND
Dans l’ombre, elle se complaisait. Et c’était un large sourire carnassier qu’elle affichait, comme ça, sous le couvert d’un feu de cheminée. Ses doigts, lentement, frappait le dessus de son secrétaire en merisier. Quelques heures auparavant, Domitille avait enfin eu ce qu’elle voulait. Les papiers étaient signés, elle n’avait pas laissé le choix. Et l’idée de savoir que l’avenir des autres était de son ressort la mettait dans une extase malsaine. Balançant la tête en arrière, elle était prête à laisser s’échapper un triste rire – même son fils était victime de la situation. Même lui, Ruben ; pauvre marionnette contrôlée par le mesquin de sa mère. Il était comme ça – au fond, il restait le petit Uxbal coincé dans un corps d’adulte, le cœur tourné vers le passé. Il était comme cela, simplement. Sans prendre le temps de réfléchir, il obéissait. Il obéissait et s’éloignait, s’éclipsant derrière le pouvoir de sa mère. Pourtant, aux yeux des autres, de tous les autres sang-purs : il apparaissait comme le sexe fort. Comme le maître des lieux. S’ils savaient.

Domitille ne voulait pas que les enfants sortent ; ils ne sortaient pas.
Domitille ne voulait pas qu’ils soient trop en contact ; ils en avaient peu.
Domitille considérait Ismaël comme de la mauvaise graine ; le petit en pâtissait.
Domitille prônait l’apprentissage par les coups ; Ruben obéissait.
Domitille se riait de tous ; personne ne pouvait rien faire.

Elle voulait tout briser, tout hacher. Dans son esprit, l’individu ne pouvait que s’élever dans la peur et la discipline – aussi tentait-elle d’en faire preuve. Elle s’établissait comme maîtresse des lieux, promulguait ses pensées. Tout le monde suivait. Ruben n’était plus la personne aimante qu’il avait été, un jour. Il ne s’épanouissait que dans la distance. Et s’il n’accusait plus ses enfants, il ne se sentait pas forcément plus proche d’eux. A l’exception de Spencer ; elle lui faisait tellement penser à sa femme. A sa tendre Annaëlle. Alors, avec elle, il était ce qu’il n’était plus – compatissant. Et, dans cette optique, il tentait d’adoucir ses apprentissages alors que le petit Ismaël subissait les foudres de Domitille. Avec Spencer, oui, il rajeunissait. Il était simplement présent. Et ça, Ismaël, il l’avait toujours compris : sa sœur avait toujours été la préféré. Et il ne lui en voulait pas, du moins, pour le moment. Il ne lui en voulait pas, car elle était toujours présente.

Une nouvelle reine est née – Domitille Blythe McGwen.
Je ne deviendrais pas violent, pas envers elle.
Brins de valériane, orties séchés, crochets de serpent, racines de mandragore, yeux de lézard rayé, épines de hérisson, limaces à corne, filets de poisson diable et jus de horglup.
Peut-on élever sans amour ?
Un autre contrat, signé de ma main. Mais inconnu à mes yeux.
Adstipulator lux et inicere somnia.
A-t-elle fait seulement cela pour moi ? Pour eux ?


Trois ans plus tôt, jour pour jour
Dans l’ombre, elle se complaisait. Et c’était un large sourire carnassier qu’elle affichait, comme ça, sous le couvert d’un feu de cheminée. Ses doigts, lentement, frappait le dessus de son secrétaire en merisier. Quelques heures auparavant, Domitille avait enfin eu ce qu’elle voulait. Non loin de là, deux étages en dessous, deux enfants jouaient à l’abri des regards. Personne n’était là pour les séparer, personne. Pourtant, alors qu’ils auraient pu en profiter pour se retrouver, rien ne semblait leur convenir. Spencer était d’humeur paresseuse ; Ismaël voulait une histoire, rien qu’une histoire. Du haut de ses cinq ans, il ne rêvait que d’arbres à baguette, de terreaux magiques et de fleurs odorantes. Il était comme ça, l’enfant, proche – si proche de la nature. Mais sa sœur n’était pas comme ça, elle n’était pas comme lui. La botanique, toute ces plantes : cela ne l’avait jamais intéressé. D’une manière générale, elle s’en souciait peu et ne prêtait oreilles aux digressions de son frère sur la nature qu’amusée. Il était amusant, seulement, avec son idéal de paix et de sérénité. De son côté, elle préférait voir plus loin, voir plus grand. Elle avait entendu son père, sa grand-mère aussi, prononcer des formules qui roulaient sur la langue. Des formules jolies, qui semblaient orner les lèvres, briller aussi. Et alors qu’elle ne voulait pas s’aventurer à l’extérieur, elle avait ouvert un livre ; faisant mine de s’y intéresser. Mais elle tenait le livre à l’envers. Ismaël l’avait remarqué, il ne savait pas lire. Mais il l’avait remarqué. Pourtant, il gardait les lèvres closes. Insistant toujours plus pour qu’elle vienne avec lui.
- Montre moi alors une belladone !
- Laisse moi, Ismaël, avait-elle seulement rétorqué.
- Seulement une belladone. Et je te laisse après.
- Je ne sais pas le faire, tu sais.
- Ils te servent à quoi, tous ces bouquins, alors ?
-Laisse moi, Ismaël. Elle avait claqué le livre d’un coup sec, espérant mettre fin à la conversation. Elle n’avait pas de baguette, elle n’avait que cinq ans. Et, pourtant, alors qu’une étrange fumée s’élevait dans les airs, des tiges commencèrent à s’échapper du livre. Une plante s’échappait, une plante s’en échappait – tendres pétales d’un vert tout aussi tendre. Dessinant des arabesques dans les airs, l’ensemble se développait sous le regard amusé des deux enfants. Amusé mais, surtout, fasciné.
- C’est une belladone !
Le gamin avait le rouge aux joues et l’envie d’enlacer sa soeur.
Quelques étages au dessus d’eux, quelqu’un s’arrêtait de sourire sous le couvert d’un feu de cheminée. Domitille avait ressenti la magie, mais elle n’était pas certaine d’en être ravie. L’autre, Uxbal, l’avait aussi ressenti. Il jetait un coup d’œil à sa mère qui, de son côté, se contentait de pincer les lèvres.
- Cinq ans, lâcha-t-elle à voix haute tout en indiquant la date sur un morceau de parchemin. Je m’attendais à pire
- Pire ?
- Ta fervente des moldus a dû altérer ton sang, si ce n’était que cela, se retint-elle de dire alors que Ruben serrait les dents. Pauvre Ruben Uxbal ; même dans sa mort, Annaëlle n’était pas en paix. Attendons de voir pour Ismaël. Avec lui, je crains le pire.
Par la décision, son destin était scellé. A jamais, à toujours : il resterait le petit dernier.

J. d’Annaëlle M. L.
Au soir du 14 novembre 2013.
J’avais toujours pensé que faire des choses inconsidérées ne me correspondait pas. Mais les faits sont là, j’ai échoué. J’ai pris la mauvaise direction, suite à la dispute. A notre dispute, avec Ruben, à la fin du mois d’août. J’avais pensé que tout été terminé et, chagrinée, j’étais tombée dans ses bras. Je crois que ce nom me hantera à jamais : Arthur Ewing. Il avait été là lorsque j’en avais eu besoin. Il était triste ce soir-là, alors que la peine me rongeait le cœur. Et, par la force des choses, nous nous étions réconfortés comme les deux adultes que nous étions. Ruben n’est pas le père de mes enfants. Le père, c’est ce Ewing. Puisse-t-il un jour me pardonner mon silence. Puisse-t-il un jour me pardonner, s’il parvient à découvrir la vérité.

Un sourire mauvais se dessina sur les lèvres Domitille lorsque ses yeux s’arrêtèrent sur cette triste phrase. Depuis le début, elle le savait : cette française ne pouvait rien apporter de bon. Pour autant, elle ne fit rien d’autres que de sourire. Rapidement, le journal intime de son ancienne belle-fille vint rejoindre sa bibliothèque, caché par un sortilège qu’elle seule connaissait. Le destin était scellé, Ruben ne saurait rien. Et pour le bien de la famille, la découverte ne sortirait pas de la pièce.
« Quand le Ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l’esprit gémissant en proie aux longs ennuis
Et que l’horizon embrassant tout le cercle
Il nous verse un jour noir plus triste que les nuits »


EVENEMENT NON DATE, ENTRE REVE ET INCONSCIENCE
- Inicere oblived somnia.
La pièce s’était illuminée d’une lueur turquoise ; le sort était lancé. Les syllabes avaient été prononcées distinctement, ne laissant pas de place à l’erreur. Le sort avait été lancé simplement et, à présent, un corps d’enfant s’éveillait lentement. A son chevet se trouvait Domitille. Rapidement, elle avait rangé sa baguette au fond de sa poche avant de poser sa main sur le front de l’enfant, soucieuse. Prétendument soucieuse, surtout – elle avait cette capacité de jouer les situations avec un naturel déconcertant.
- Tout va bien, Hope chérie. C’est juste un mauvais rêve.
La voix se voulait douce, les gestes se voulaient rassurant. Domitille venait juste de changer les souvenirs de sa petite-fille. Oblivio était là pour qu’elle oublie, pour qu’elle l’oublie – lui, son frère. Bien résolue à séparer les enfants, le monstre de ces lieux avait décidé que c’était la meilleure décision. Mais un sorte d’oubliette ne lui semblait pas suffisant, elle n’avait pas eu envie d’altérer entièrement sa mémoire. Elle préférait, seulement, la falsifier. Inicere était là pour appuyer la chose, pour imposer. Domitille voulait imposer son point de vue, lui inculquer de nouvelles valeurs. Une nouvelle vie, aussi. Somnia, enfin, était seulement là pour clôturer le tout. Somnia, c’était le début de tout. C’était la raison de tous les cauchemars. C’était reléguer l’existence d’Ismaël à un être illusoire, à un personnage des rêves. Somnia. C’était ce qui allait hanter la jeune enfant, lui faire perdre pied quelques temps. Du moins, l’espérait-elle.
A quelques kilomètres de là, Ruben se trouvait avec Ismaël. Il avait pour mission de séparer les deux enfants qu’ils étaient. Son cœur était brisé de faire une telle chose – mais il s’était laissé convaincre que c’était pour le mieux. Les larmes roulaient sur ses joues, sur celle du petit aussi. Car ça encore, il l’avait compris. Il l’avait saisi, ce qu’on avait fait à sa sœur. Et si jusqu’à présent, il ne lui en avait jamais voulu, d’être ce qu’elle était : il ne savait plus que trop que penser. Elle avait toujours été avant lui. Toujours au dessus. Toujours, toujours. Et savoir qu’on préférait qu’on ne se souvienne plus de lui le mettait dans un étrange état. Il était resté choqué. Choqué, mais il pleurait. Choqué, mais il hurlait. Il le savait : il ne verrait plus jamais Spencer. Celle que, lui, appelait Spencer.
Mais ce que Domitille ne savait pas, c’était que son sortilège avait une faille. A vouloir étouffer et faire sortir quelqu’un de la vie de Hope, elle avait forcé les éléments. Elle avait forcé l’ordre des choses. Et c’étaient les passions d’Ismaël, toutes celles qu’il tentait de transmettre à sa sœur, qui prenaient le dessus. Les plantes, la nature, ces choses-là venaient de prendre une place importante dans le cœur de la jeune enfant. Les plantes, la nature, ces choses-là : ce n’étaient plus des choses banales pour elle, comme un effet boomerang.


- Non !
- Tout ira bien, tout ira bien.
- Non !
Négation répétée, affirmée. Confirmée. L'enfant, un des deux, est tiré par le bras. On l'emmène loin de là, pour le soustraire à la vue de l'autre. Autre qui se débat, quelques instants encore, dans l'eau glacée. Piège de verre, piège de froid. Piège mortel – pourtant, sous la glace, son cœur bat. En cadence avec le martèlement de ses poings sur sa prison. Il oscille entre la vie et la mort. Son corps, son cœur, ses poings. Son esprit aussi. Malgré tout, il vivra. Loin de tout, seul. Loin du premier enfant, celui nommé Spencer, qui ne sait rien de tout cela, de cette suite. De cette victoire contre la mort.
Ce n'est pas l'esprit de l'autre qui est mort, c'est celui de Spencer.

Domitille, par crainte, avait décidé de laisser à Hope ce dernier souvenir. Elle espérait, dans l’hypothèse où celle-ci se remémore l’existence de son frère, qu’il apparaisse pour mort. Son esprit, à l’ancienne, était comme ça. Il n’y avait pas de demi-mesure. Juste des décisions radicales. Une absence de choix. Elle ne voulait pas, simplement, que Hope s’en souvienne. Pour autant, du haut de ses dix-neuf ans, ce cauchemar devient récurrent. Parfois, même, il la prend d’assaut alors qu’elle est éveillée. Passé et présent se mélangent dans l’esprit de la Bronze & Azur, la plongeant dans un état d’esprit hors-temps. Etre là et être là-bas à la fois, il n’y a pas idée. Mercredi March avait été là, un jour, pour le confirmer. Pour confirmer que Hope se perdait, prisonnière entre deux époques.


(c) crédits images utilisées dans la fiche : fade out
(c) crédits texte : aragon - baudelaire




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MessageSujet: Re: hope ღ âpreté des sons, tourmente des vents   Mar 12 Mar - 20:32


Et retrace tes contours
Le monde est une pensée qui ne se pense pas, suspendue à une pensée qui se pense - jules lachelier
« J’ai plus de souvenirs d’école que si j’avais passé mille ans. Tout les textes parlent de cet événement à tel points qu’ils se sont déposés comme un limon sur mes véritables souvenirs. »

MARCH 17TH , 2031, LABYRINTHE, EXTERIEUR DE POUDLARD, SCOTLAND
Il y avait cette magie qui s’en échappait. Il y avait cette puissance, aussi, qui transpirait dans les airs. Il y avait tant de choses, à vrai dire. Tant de rumeurs, tant d’appréhension, tant de difficultés à traverser. Mais, par la force des choses, le labyrinthe s’était avéré être l’endroit idéal. Si, dans un premier temps, l’endroit s’était trouvé suspicieux ; il avait finalement accepté la présence de la préfète-en-chef des Aigles – à croire qu’il possédait, le labyrinthe, une conscience propre. Il l’avait accepté, simplement, dans une certaine mesure. Y entrer était devenu une chose aisée, tous les obstacles semblaient mis de côté par les haies elle-même ; comme si elles protégeaient la gamine. Mieux, même, l’être végétal se déplaçait de telle sorte que la Bronze & Azur arrive au plus tôt à destination. A sa destination. Le théâtre de ses expériences. La réunion de plusieurs spécimens, sous le couvert des arbres, chargés de magie. Se développant d’autant plus avec cette magie, celle de l’endroit. Mais cela ne garantissait pas un retour facile. Les haies avaient fait ce qu’elles avaient voulu, elles ne garantissaient pas le chemin en sens inverse. Les pieds dans la brume, le sol devenait le ciel ; le ciel devenait la terre. Un grognement plus tard, c’était un scroutt à pétard qui venait de faire son arrivée. Non, le chemin du retour n’était pas facile. Mais si l’être végétal la connaissait, si l’être végétal avait besoin de son aide, à elle, il faisait en sorte qu’elle sorte rapidement – tout en s’amusant.
Le sol venait de se dérober sous les pieds de la brune ; elle venait de se faire aspirer. Tout tournait autour d’elle, l’ensemble changeait de décor. Et c’était de la bile qui se pointait aux lèvres de Hope – depuis tout depuis, elle avait une sainte horreur des portoloins et associés. Mais ce n’était pas ce qui allait l’en empêcher, elle, trop plongée dans ses expériences.
- La deuxième fois de la semaine que je t’en vois en sortir.
Hope relevait la tête, découvrant une autre de ses compatriotes, le sourire aux lèvres. Mais elle se moquait de ses réflexions, préférant passer outre – en témoignant un haussement d’épaule de sa part. Et alors, et alors ?. La question valait pour ce qu’elle était ; était ce qu’elle valait – l’un des deux. Dans tous les cas, elle n’avait aucun compte à rendre. Il y avait ce besoin, cette envie au fond d’elle, d’être maître de ses choix. De ne pas avoir à répondre de ses actes. Elle était préfète, qu’on ne vienne pas l’embêter. Elle était préfète, simplement. Froid à souhait, aussi, en cette occasion. Et, sans un regard en arrière, sans émettre le moindre mot, la demoiselle s’éloigna, le pas léger. Elle n’y avait jamais fait attention, à cela, mais c’était certainement la raison pour laquelle certains l’appelait la reine des glaces. Au cours des dernières années, Hope avait hérité de plusieurs sobriquets qu’elle ne s’était pas donné la peine de démonter. Que les gens parlent, encore, ça ne la touchait pas.
- Attends !
Si la demoiselle ne se retournait pas, elle ralentit néanmoins le pas pour que l’autre vienne la rattraper.
- On m’a demandé de … Ils t’attendent pour l’entraînement.
Hope soupira, jeta un dernier coup d’œil à ses mains, couvertes de boue et de poussière. L’entraînement. A trop penser à ses plantes, elle l’avait oublié.
- Tu leur diras de ne pas m’attendre, je ne viendrai pas.
Le message était passé, simplement. Elle ne viendrait pas, ne se sentait pas d’humeur à s’entraîner. Ce n’était pas qu’elle n’aimait pas son poste, au contraire, mais la traversée du labyrinthe l’avait éreinté. D’un vague geste de la main, elle tenta de transmettre sa pensée en englobant l’être végétal. Mais l’autre ne semblait pas avoir compris et c’était tête baissée qu’elle était partie vers le stade.
Si elle était courageuse, la Serdaigle viendrait plus tard dans la soirée. De toutes manières, elle l’avait toujours prêché : le rôle de batteuse, ce n’était pas une question de puissance. C’était une question de précision. De précision et de stratégie. Résultat d’analyse d’un esprit fin, le sien. Elle en était conscience. Certains de ses professeurs également. Mais, pour autant, elle ne les sentait pas ; ils n’étaient pas comme elle.
Hope n’était pas comme eux.
Hope se sentait investie d’une étrange mission, celle d’aider la nature.
Hope avait ses propres secrets, simplement. Secrets volontaires et secrets inconscients.


- La formule, c'est Spero Patronum. Je ne te l'épellerai pas, tu es assez grand pour avoir copié un cours correctement. Mais, conseil d'amis, si tu veux bien. Dis-la en entier, ça peut aider pour réussir.
Il était là, entre les arbres. Et elle était là, aussi, venue se perdre dans les tréfonds du parc de l’école pour des raisons qui lui échappaient. Elle s’était contentée d’avancer, à l’aveuglette, suivant le bon vouloir de ses pas. Elle ne l’avait jamais apprécié, lui, ce Grey. Depuis toujours, il lui était apparu comme un voyou, comme un pauvre gamin qui en est arrivé là dans la vie par la force des choses, par les liens de sa famille. Mais la Serdaigle crachait sur ce garçon, elle crachait sur ce Lion imbu de lui-même. C’était une chose viscérale que de devoir le faire chier, lorsqu’il était là. Depuis toujours, Owen avait toujours eu une étrange influence sur elle. Elle ne l’aimait pas, ne le supportait pas. Il ne l’appréciait pas, la supportait encore moi.
Et puis, surtout, les lions avaient gagné le dernier match.
« Quand une pièce fait une chute, c’est le rideau qui ne se relève pas. »

UN JOUR SOUS PANDORE, 2032, COULOIR DES MURMURES, SIXIEME ETAGE, POUDLARD, SCOTLAND
La nouvelle était tombée comme un couperet, véritable éclair déchirant un ciel souriant. La nouvelle était tombée, simplement, et se propageait comme de la mescaline dans les veines des drogués. La nouvelle était tombée ; au loin, c’était le coup du marteau du juge qui s’abattait contre le bois de son bureau. La sentence : coupable. Le murmure voulait que la boîte de Pandore soit responsable de tous les maux de la terre, de tous les maux récents. Mais ce n’était que des murmures, justement, amplifiés par les pierres de Poudlard. Le couloir des murmures était là, propageant sa folie aux travers des dalles. Il lâchait un message, dans les airs, espérant qu’il soit compris par quelques passants. Mais peu de personnes n’y prêtaient attention. Pourtant, plantée au milieu des murs se trouvait une élève de la maison des Aigles. Entre ses mains, quelques lignes tracées sur un morceau de parchemin. Alban avait été retrouvé mort, voilà ce que disaient ces quelques mots. Alban était mort et Zeke avait été enlevé. Il n’y avait pas à dire, Poudlard était encore très sécure.

Broyer. Hacher. Écraser. Vider. Détruire. Retourner. Crier. Engueuler. Savonner. Soupirer. Recommencer. Frapper. Taper. Battre. Heurter. Claquer. Démolir. Abattre. Raser. Défaire. Anéantir. Recommencer. Éliminer. Ruiner. Rejeter. Écarter. Disparaître. Houspiller. Sermonner. Invectiver. Et s’arrêter aussi. Prendre le temps de respirer. Prendre du recul. Regarder avec un œil neuf. Oublier les tords. Oublier son passé. Recommencer une nouvelle vie. Tourner la page. Respirer encore. Encore et toujours. Ne pas se perdre. Ou plutôt, ne plus se perdre. Danser sur un autre pied. Partir vers un autre horizon. Ne pas se faire rattraper. Par eux. Par soi-même. Vouloir changer. Savoir que c’est impossible. Souffler. Respirer. Penser. Et, finalement, continuer.

Le parchemin fut rapidement froissé avant d’être jeté à même le sol. Et c’étaient des larmes que la demoiselle retenait. Des larmes de rage. Pandore était accusée mais la perfidie, à la base, elle venait de l’humain. Elle venait d’elle, aussi. De tous ces êtres qui évoluaient autour d’elle, de tous ces êtres qu’elle côtoyait. Parmi eux, parmi tous les visages, s’en détachait un : celui d’Alice. Alice, malice, pendue au bout de son fil. La Serpentard venait de prendre ce rôle, dans l’esprit de Hope, celui dont personne ne voudrait.
Quelques mois plus tard, cette même Alice serait réhabilitée. Mais malédiction ou non, les faits étaient là. La demoiselle avait pêché, la demoiselle avait tué. Et aux yeux de la brune, la rédemption n’était pas envisageable. Alors, l’aide qu’on lui apportait la mettait hors d’elle. Pire même, il lui semblait inconcevable qu’Alice puisse déambuler aussi tranquillement, semblant à des années lumière de tout remord. Et si Hope était saine d’esprit, elle se surprenait à penser qu’elle aussi, elle aimerait bien tuer. La tuer. Comme ça, pour voir si le même traitement de faveur lui serait accordé.
Dans les faits, Alice partageait le même sang que l’autre Bronze & Azur. Aucune des deux n’était au courant. Mais c’était un profond dégoût qui les prenait lorsqu’elles pensaient à l’autre.
Cette envie malsaine, déguisée ; paraîtrait que ce soit le sang maudit des Ewing.


Un souffle frais dans le dos. Un rapide mouvement sur la gauche, bref et indiscernable. La pièce dans laquelle se trouvait Hope était circulaire, faite de grosses pierres anciennes, froide. L’isolation était très mauvaise, c’était à se douter s’il y en avait vraiment une autour des fenêtres. Un air froid, qui vous glaçait jusqu’aux os, prenait possession de chaque parcelle du corps de la Serdaigle. Immobile au centre de la pièce, tout tournait autour d’elle ; là était le vrai malaise. L’ombre repassa devant la jeune femme, ricanant un peu plus fort avec de s’évanouir dans les airs. Des formes s’esquissèrent alors sur son côté gauche mais à peine se tournait-elle en leur direction qu’elles s’évaporèrent. Les rires se firent de plus en plus bruyants, les apparitions de plus en plus nettes. L’incertitude ne faisait plus parti de ce lui : il la narguait. Ismäel la narguait. Une larme coula sur la joue de la jeune femme. Un cri déchirant retentit ensuite dans l’espace : « Où es-tu? »
« Ce que nous nommons “émancipation” c’est le libre choix d’une âme entre différentes limitations. »

AUGUST 19TH, 2033, SAINTE-MANGOUSTE, LONDON, ENGLAND
- McGwen, courier !
D’un coup sec, le prédisposé aux lettres les avait lâché sur la table basse dans un bruit sourd. Quelques enveloppes avaient glissé sur le sol, sous la table. Soupirant, une demoiselle s’était penchée pour aller les ramasser. Dans le bureau voisin, un médicomage se penchait sur un cas d’internement particulier alors que des voix hachées se faisaient entendre depuis le bout du couloir. Non loin de là, quelques sorcier-chercheurs se penchaient sur une question périlleuse, s’interrogeant sur l’utilisation de viburnum prurigineux dans le traitement. Hope avait son idée là-dessus ; la veille, elle avait soumis l’idée.
Du bout des doigts, la brune avait attrapé l’enveloppe du dessus. Sans prendre le temps de faire de même avec celle du dessous, elle l’ouvrit. L’écriture ronde de Domitille était reconnaissable entre milles ; si bien qu’il en avait fallu de peu pour qu’elle n’aille rejoindre les autres dans le feu de cheminée. L’acharnement dont elle faisait preuve depuis le début de son stage à Sainte-Mangouste la dépassait, elle ne se le figurait pas. Bientôt, cela allait faire plus de deux ans – dès qu’elle avait atteint la majorité magique – qu’elle avait pris son émancipation. Elle se sentait libre, ainsi – plus libre. Mais, pourtant, elle ne s’en sentait pas plus apaisée. La présente lettre ne faisait que renforcer son impression. Sans trop comprendre les raisons, sans deviner les ficelles cachées, Domitille lui avait donné rendez-vous pour le jour-même, le 20 août. Une question de fiançailles. De mariage arrangé avec les Davis. Rien qu’à l’idée, rien qu’à cette idée – Hope avait envie de cracher au visage de sa grand-mère. Et de la faire taire, à tout jamais. Le rendez-vous était annoncé pour 19heures.

« Bonjour Hope,
J’ai besoin de te parler.
Rendez-vous à 19H30 au « Secret Garden Cafe» de Londres à proximité de l’accès du Chemin de traverse, le 20 Août.
Avant que je ne parte pour les Etats-Unis, je voudrais te dires certaines choses que je retiens depuis trop longtemps.
Owen »


Au fond de sa poche se trouvait encore ce morceau de papier. La demoiselle ne comprenait pas tellement ses sentiments pour le jeune homme – ou, plutôt, elle ne voulait pas les comprendre. Pourtant, elle s’était promis de clarifier les choses. Elle s’était promis, d’y aller au rendez-vous. Mais, dans le même temps, elle ne pouvait se résoudre à répondre à l’invitation de Domitille – là encore, elle avait besoin de clarifier les choses. De se détacher entièrement de cette famille qui l’étouffait, triste ombre au dessus de ses épaules.
- Ils vont l’utiliser, le viburnum
Toute entière à ses réflexions, la demoiselle ne voulait pas être interrompue. Aussi se contenta-t-elle de lever la main, pour qu’il s’arrête là de parler.
- Si tu veux nous accompagner, pour traiter la Winnfield.
- Ce sera sans moi, conclua-t-elle, persuadée qu’il n’allait pas se taire. Le prédisposé aux lettres était également son maître de stage ; mais elle n’avait pas l’esprit à ce qu’on lui demandait. Sans lui adresser le moindre regard, elle se leva pour s’engouffrer dans l’ascenseur. Une des lettres était restée sous la table ; il lui restait toujours deux semaines pour voir l’évolution du traitement sur la petite Winnfield. Les portes se refermèrent sur Hope, tête baisée, alors que le prédisposé ramassait le papier au sol. Ni l’un ni l’autre ne savaient ce qui allait se passer. La seule chose qu’elle savait c’était, qu’à la rentrée, elle embrassait le cursus de recherche et non plus de langue-de-plomb.

Domitille avait toujours eu la faculté d’énerver les gens tout en restant d’un calme surréaliste.
Hope avait toujours eu la faculté de paraître sur les nerfs tout en étant parfaitement calme.
L’un s’opposant à l’autre, l’autre s’opposant à l’un ; les deux femmes de la famille avaient réussi à se mettre sur les dents. Se marier aux Davis pour retrouver la gloire, pour préserver le sang ; il ne lui en fallait pas moins pour la mettre hors d’elle. Pour mettre la Bronze & Azur hors d’elle. Car, dans le fond, elle le sentait. Son cœur, il allait au Grey – même si elle n’osait pas se l’avouer. Il était tellement plus facile de se cacher, de se mentir. Mais le mensonge et la vie sont synonymes ; elle le sentait au fond d’elle-même.
Elle était partie en retard du rendez-vous avec Domitille. Elle était partie en retard. Et lorsqu’elle était arrivée au Secret Garden Café, Owen n’était plus là. Quelques bruits dans une rue adjacente avait eu raison de sa curiosité. Poussée par les interrogations, elle était allée jeter un œil. Et elle l’avait vu, là, se faire enlever. Elle l’avait vu, simplement. Avant de partir, avant de prendre la fuite. Elle ne voulait pas être mêlée à cette histoire. Et l’enlèvement du fils du ministre n’allait certainement pas passée inaperçue.
Ce jour-là, Hope n’était pas retournée travailler.
Ce jour-là, Hope s’était interrogée sur son sort. Ca encore, elle le sentait, elle le savait. Il lui était impossible de s’attacher à quelqu’un sans que celui-ci disparaisse. Disparaisse ou l’oublie.
Ce jour-là, Hope était rentrée chez elle le cœur serré.

Il était revenu, plus tard. Il ne l’avait pas contacté. Au fond d’elle, elle se disait que dès qu’elle le reverrait ; elle l’incendierait – fidèle à elle-même.
Avant tout, Hope avait été la préfète gueularde redresseuse de tords. Hope avait été la reine des glaces, la fille frigide incapable de lier durablement des relations d’amitié. Hope avait été la Serdaigle dans son monde. Hope avait été la fille qui passait son temps un livre sur les genoux ; car les livres, ça ne parle pas.
Mais tout ça, tout cela ; c’était seulement une manière de se protéger.


- Tu sais quoi Grey ? Tu es borné, emmerdant, bagarreur, volage et j’en passe ! J’ai tellement d’adjectifs pour te qualifier. Et ça m’énerve ! Ca m’énerve de penser que je puisse être amoureuse de toi.
Finalement, c’était dit. Ca n’avait pas été facile. Même si cela ne correspondait pas vraiment à une déclaration dans les règles. Pour cause, la demoiselle avait insisté sur chacun des adjectifs avant de s’emballer sur ce qui l’énervait. A croire que tout l’énervait en fait. Elle s’avança alors vers le jeune homme, hésitant à s’avancer un peu plus ou à rester debout, gauche et gênée. Finalement, elle choisit la première option et vient s’assoir à côté de lui.
.


(c) crédits images utilisées dans la fiche : blindfolded
(c) crédits texte : michel bernier - andré birabeau - gilbert keith chesterton




Dernière édition par Hope L. McGwen le Mer 27 Mar - 10:09, édité 1 fois
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Hope L. McGwen
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MessageSujet: Re: hope ღ âpreté des sons, tourmente des vents   Mer 27 Mar - 1:56

Il y en a une qui a la flemme de s'auto-valider pour le moment. Alors, elle prévient, seulement : la fiche est terminée x)


PRECIOUS AND FRAGILE THINGS.
Need special handling. My god, what have we done to you ? Things get damaged. Things get broken. I through we’d manage. But words left unspoken, left us so brittle. There was so little left to give.
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MessageSujet: Re: hope ღ âpreté des sons, tourmente des vents   Mer 27 Mar - 1:57

youpiiiiii







♦️ Après un choix, tu t'demandes ce qui t'arrive
Tu t'dis c'est du délire
Tu souhaites qu'on te délivre
Pour qu'enfin tu puisses vivre
Que tu réapprennes à rire
Un choix peut-il être si violent au point de faire semblant d'être libre?
♦️
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Alice M. Ewing
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MessageSujet: Re: hope ღ âpreté des sons, tourmente des vents   Mer 27 Mar - 7:41

Dans ce cas je m'en occupe avant de filer, ma belle I love you


« Hope L. McGwen.»
« Tu sembles parfois vivre sur une autre planète, à moins que tu ne sois complètement ensevelie sous des années de mensonges, de faux semblants et de mélancolie. Tu as l'esprit fertile et de l'érudition, tu n'en manques certainement pas. A cheval sur les règlements, très carrée sur les choses, d'autorité tu n'es pas dépourvue, et cela te permet de t'attirer le respect de tes pairs. Bienvenue chez les bleu & bronze! »

Bienvenue à Serdaigle !

En tant qu'élève de Poudlard, tu peux si tu le souhaites devenir préfet de ta maison, ou bien encore aller remplir les rangs de l'équipe de Quidditch de ta maison. Et enfin, si tu es un élève qui a du temps en revendre les clubs de l'école t'attendent, dont le club Duel.
Tu peux désormais aller chercher des relations pour ton personnage en créant ta fiche de liens. Pour ensuite t'occuper de la gestion de tes sujets et entrer pleinement dans le jeu en te trouvant des partenaires de jeu. Afin que tes nouveaux compagnons puissent te contacter, n'hésite surtout pas à créer ta boîte à hiboux.
N'oublie pas d'aller régulièrement réclamer tes points pour participer à la compétition !

Excellent jeu sur Mutinlutin Malinpesti !


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MessageSujet: Re: hope ღ âpreté des sons, tourmente des vents   

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