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 Un détour par la National Gallery

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Léto H. Mansfield
Les sorciers du quotidien. La vie ne fait que commencer.
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Les sorciers du quotidien. La vie ne fait que commencer.

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MessageSujet: Un détour par la National Gallery   Mar 13 Aoû - 10:33

Léto se frayait difficilement un passage au milieu des touristes. Trafalgar square était presque toujours synonyme de foule, et de pigeons. Un vieux trench sur les épaules, son sac besace camel marquant le rythme de ses pas, elle se dirigeait tout droit vers la National Gallery. Pour les sorciers, les oeuvres à la valeur inestimable qu'elle renfermait n'étaient que de vagues dessins sans intérêts. Les "sangs-pûrs" ne comprendraient jamais rien à l'art. Pour eux, si ce n'était pas cent pour cent sorcier, c'était sans intérêt. Mais Léto était une sang-mêlée, fascinée par l'art moldu tout autant que par l'art sorcier. Sans magie, ils étaient capables de faire des choses de toute beauté, qui pouvaient bien plus vous parler que tous les portraits parlants de Poudlard.

Elle venait souvent à la National Gallery. Certes, les livres avaient quelque chose de passionnant, de magnétique même. Néanmoins, ce musée avait une ambiance particulière. Quand on parvenait à éviter ces groupes d'enfants qui piaillaient dans tous les sens, le musée était un lieu idéal pour la réflexion, pour trouver le repos. Au milieu de toutes ces oeuvres, on se sentait petit. Elle pouvait y passer la journée entière, déambulant de salle en salle. Ou seulement une petite heure, plantée devant une oeuvre, à réfléchir sur celle-ci, sur ce qu'elle ressentait, plongée dans ses souvenirs. Si elle osait, elle aurait adhéré aux "Membres de la Galerie", mais elle avait peur de se mettre trop en avant, qu'on la remarque de trop. Elle ne voulait pas que les moldus puissent découvrir qu'elle était sorcière. Elle ne voulait pas sortir du confort que lui procurait ici l'anonymat.

A son entrée, elle se dirigea directement vers la gauche, direction les oeuvres du XVIe siècle. Là étaient conservées les oeuvres préférées de Léto, et notamment Les Ambassadeurs de Holbein. Ce tableau la fascinait. Les détails, la vivacité des couleurs et puis, surtout, cette tête de mort en travers de l'oeuvre. Cette vanité qui devait rappeler à tous les hommes que quel que soient leurs actions dans la vie, un même destin les attendait tous : la mort. Une pensée parlait à Léto. Elle ne le savait que trop bien. Comme à son habitude, elle chercha le meilleur point pour voir le crâne dans sa forme originelle, tordant la tête, faisant un pas plus à gauche, puis plus à droite. Elle n'avait toujours pas réussit à trouver le bon angle, et ce n'était pas faute de venir souvent.

Son petit manège devait agacer quelqu'un. Elle sentit une main sur son épaule. « Pardon ? ».
Elle se sentait quelque peu déboussolée qu'on soit venu la sorti de sa rêverie aussi soudainement.


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MessageSujet: Re: Un détour par la National Gallery   Mar 13 Aoû - 14:15



Un week-end de libre, enfin, cela faisait des semaines qu’il n’avait pas eu deux jours consécutifs, à croire que la Mort avait décidé de remplir son carnet le plus rapidement possible, fauchant un maximum d’humains. Clarence n’avait pas arrêté deux secondes mais il n’avait pas vu le temps passer et cela même si on lui avait donné un petit nouveau fraichement sorti de l’université.


    « Essaye d’être agréable avec lui »
    « Je suis toujours… sympathique avec les nouveaux »
    « Rappel-moi ce qui est arrivé au dernier… »
    « Il a cru que j’étais cannibale »


Encore un imbécile qui s’était évanoui devant la première autopsie.

L’homme salua vaguement ses collègues, hâtant le pas pour rejoindre la sortie. Il n’avait aucune sympathie pour eux, ne voulait pas les connaître. Ces vies qui gravitaient autour de lui à son travail n’avaient pas à interférer avec le reste, c’est pourquoi il se montrait extrêmement secret, ce qui attisait encore plus leur curiosité, à tous.

L’homme se glissa dans sa voiture et la fit démarrer en trombe. Si il ne devait retenir qu’un plaisir du monde moldu, c’était bien celui-ci. Ils avaient inventé un objet fascinant et puissant, un moyen de transport agréable et ça, ce n’était pas négligeable pour celui qui ne pouvait pas supporter la foule, ce bruit constant que l’on retrouvait dans le bus, ou pire encore, dans le métro. Certes, il y avait le balai volant des sorciers qu’il aurait pu utilisé mais en plein jour, à Londres, c’était une idée parfaitement idiote. Finalement, Clarence s’y était habitué à cette vie parmi les moldus. La voiture se fraya un chemin avec une rapidité étonnante dans les différentes rues de Londres, il les connaissait toutes, avaient ses repères pour éviter tous les bouchons. Une fois de plus, il manqua d’embrocher une famille de moldus qui l’insulta copieusement, ce à quoi il répondit par un haussement de sourcil.

La National Gallery se dessinait devant lui. Il n’y était pas venu depuis deux semaines, ayant arpenté les autres musées. C’était une sorte de passe-temps assez particulier. Clarence jonglait entre les musées, ne visitant qu’une seule aile à chaque fois, prenant le temps de voir les tableaux et si il voulait s’amuser, alors il emportait ce carnet noir dans lequel se trouvaient de nombreux dessins. Le jeu consistait à observer un tableau pendant trente minutes, puis de le reproduire dans son carnet, uniquement de mémoire. C’était une sorte de test, un besoin aussi, pour être certain qu’il ne perde pas cette étrange capacité dont il était doté. La plupart du temps, il réussissait à retranscrire les détails, mais parfois, il était à peine capable d’esquisser les personnages. Clarence entra directement dans la salle de gauche, se regard se promenant sur les différentes personnes qui composaient la foule peu dense. Il prenait toujours un temps pour cela, les observer, voir comment ils réagissaient devant les œuvres. Certains ne passaient que deux minutes devant et d’autres restaient le nez collé sur la peinture pendant des heures. Il n’y avait que les moldus pour se comporter de cette façon, les sorciers n’ayant pas ce gout pour l’art. Les iris auburn jonglaient d’une personne à l’autre jusqu’à ce qu’ils accrochent une silhouette connue. De nombreuses personnes revenaient régulièrement, il les voyait sans cesse mais elle… il y avait quelque chose de différent et Clarence était incapable de savoir ce qui l’a rendait particulière. Il se surprit à l’observer, voulant voir comment elle allait aborder les tableaux. Son petit jeu était amusant, elle ressemblait à ces étudiants qui tentaient de capter tous les détails en s’approchant au maximum, en tentant de trouver le meilleur angle de vue.

Il hésita de longues minutes et décida de s’avancer dans sa direction. Il ne faisait jamais ce genre de chose, les laissait toujours, ne voulant pas interférer dans leur vie. Sa main se posa délicatement sur l’épaule de la jeune femme afin de ne pas la faire sursauter. Il retira immédiatement sa main, sachant pertinemment que ce geste pouvait être désagréable pour la plupart des gens, ça l’était pour lui, il haïssait qu’on le touche sans autorisation, mais c’était l’unique moyen qu’il avait trouvé pour attirer l’attention de cette personne. « Veuillez m’excuser » Les excuses étaient sincères. Il fit un pas en arrière, la laissant s’habituer à sa présence. « Vous ne pourrez pas voir le crâne dans sa totalité. » C’était une affirmation mais il n’y avait aucune autorité dans sa voix, si ce n’était cette once de douceur qu’il employait toujours. Ils essayaient tous de voir le crâne et c’était particulièrement drôle pour quiconque prenait le temps d’observer tous ces corps et ces têtes qui se tordaient par curiosité. « Pour cela, il faudrait pouvoir décrocher le tableau afin d’en avoir une vision rasante. » Cette peinture était si singulière, remplie de détails, qu’il était impossible de tous les distinguer, même en se reculant au maximum ou au contraire, en ayant une loupe avec soi. « Vous sembliez déterminée à entrer dans la toile, j’ai préféré vous arrêter avant… » Un fin sourire apparu sur ses lèvres, le rendant agréable le temps d’une seconde.
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Léto H. Mansfield
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MessageSujet: Re: Un détour par la National Gallery   Mar 13 Aoû - 20:34

« Vous ne pourrez pas voir le crâne dans sa totalité. » Léto sourait pour se donner de la contenance. Bien sur, une anamorphose est par définition volontairement déformée, et il est presque impossible à l'heure humain de rendre l'image originelle. Néanmoins, elle était presque certaine qu'il y avait un angle juste qui permettait d'entrapercevoir le crâne assez justement. Mais elle préférait se taire. Elle n'avait pas envie de passer pour une idiote devant cet homme qui semblait plus que confiant dans ses dires. L'homme dégageait d'ailleurs une confiance en lui inhérente, bien qu'il ne fit rien pour l'affirmer particulièrement. « Pour cela, il faudrait pouvoir décrocher le tableau afin d’en avoir une vision rasante. »

« Effectivement. » Elle avait dit cela avec un petit sourire d'exuse. Elle se sentait particulièrement stupide, là, tout de suite.
« Vous sembliez déterminée à entrer dans la toile, j’ai préféré vous arrêter avant… »
« Je n'étais pas si proche de la toile que ça. » Il l'intriguait. Engager une conversation ainsi, dans un musée, avec une personne seule était loin d'être habituel. Elle était surprise d'ailleurs qu'il ai décidé de rompre ainsi le silence qui régnait dans la pièce, pour lui parler, à elle. Généralement les gens l'ignorait complètement. Pourtant la conversation n'était pas si désagréable qu'elle aurait pu l'être. Le ton de l'homme était nullement autoritaire, au contraire. Elle avait l'impression de parler avec un collègue, au détail près que le sujet n'était pas magique, ni médical. Une originalité qui ne la rebutait pas. Bien au contraire.

« Mais n'avez vous jamais eu envie d'entrer dans la pièce et d'explorer les moindres recoins de cette scène ? » Elle s'était rapprochée du tableau, parlant avec animation. « N'avez vous pas envie de tester ces instruments ? De voir au-delà de ces lourds tissus verts ? » Elle s'était encore approchée, si bien que le surveillant de salle ne la lâchait pas des yeux, persuadé certainement qu'elle n'était qu'une illuminée désirant détruire une telle oeuvre. D'ailleurs, elle avait aussi posé sa main sur l'épaule de l'homme, parlant avec animation. Enfin, avant de se rendre compte de cela et de retirer sa main immédiatement. « Je euh... Je vous ennuie peut-être. » Elle s'était brusquement refermée. Pourquoi tenait-elle à paraître comme une ahurie illuminée devant cet homme ? Pourquoi chercher à lui en mettre plein les yeux ? A étaler sa culture ainsi... Et vu ce qu'on dit des personnes qui étalent leur culture. Bref, Elle s'était un peu éloignée du tableau et de l'homme, regardant ses pieds. Relancer la conversation d'un ton naturel, na-tu-rel.

« Vous venez souvent à la National Gallery ? »


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MessageSujet: Re: Un détour par la National Gallery   Mer 14 Aoû - 15:18



« Je n'étais pas si proche de la toile que ça. » En effet, elle n’était pas à dix centimètres de la toile, comme certains le faisait parfois, ils s’approchaient si près qu’ils ne devaient plus être capable de discerner quoique ce soit, ou alors, était-ce dans l’espoir de voir les différents repentirs ? Probablement. Clarence lui répondit par un demi-sourire, un silence. Bien entendu qu’elle n’était pas si proche mais c’étaient les seuls mots qu’il avait trouvé afin de l’aborder. Il n’allait jamais vers les gens, n’en voyait aucun intérêt et les rares qui pouvait l’intéresser se montraient rapidement détestables, c’est pourquoi il les évitait, toujours. Pourquoi aussi il n’avait créé aucun lien, avec personne, pas de moldus, jamais et encore moins de sorcier. La solitude lui convenait.

« Mais n'avez vous jamais eu envie d'entrer dans la pièce et d'explorer les moindres recoins de cette scène ? » En cet instant, il fut satisfait de l’avoir abordé. Elle ne se montrait pas arrogante de connaissances, non, juste émerveillée par la peinture et ça, c’était agréable pour Clarence qui avait toujours eu en horreur ceux qui tentaient d’étaler leurs connaissances. Elle parlait avec tant de vivacité qu’il ne pouvait que lui sourire. Cependant cette humeur se dissipa rapidement en sentant la main de l’inconnue sur son épaule, il s’était immédiatement contracté. Les contacts étaient synonymes de crainte pour lui, il détestait cela mais tenta tant bien que mal de ne rien laisser paraître sur son visage. Il s’approcha du tableau, fit un pas du côté gauche, puis se retourna vers la jeune femme. « N’est-ce pas toute la magie d’une peinture réussie ? » Le mot magie avait été prononcé plus lentement, comme si il avait cherché à appuyer ce terme qu’il haïssait tant.  « Selon moi, une œuvre est totale lorsqu’en la regardant, vous n’avez qu’une envie, traverser le tableau pour converser avec les personnages. » Les peintures moldues avaient cet effet sur lui, à chaque fois. Clarence mourrait d’envie d’entrer dans le tableau, de parler avec les personnages, de pouvoir déplacer les objets, toucher les détails. Mais tout cela n’était pas possible et c’est ce qui rendait l’art moldu si incroyable, contrairement aux œuvres sorcières où les peintures se mouvaient, où chaque personnage pouvait, à sa guise, rencontrer un autre tableau. Il n’y avait plus de surprise, d’étonnement, seulement un surplus de magie.  

« Je euh... Je vous ennuie peut-être. »
« Vous ne devriez pas vous dévaloriser » Les mots avaient été lâchés sans aucune cérémonie. Il n’était personne pour émettre un jugement aussi facilement, mais il voulait lui faire comprendre qu’elle ne l’ennuyait pas, bien au contraire, il était heureux de voir que quelqu’un souhaitait bien parler d’art avec lui, qu’une moldue en était capable. D’ailleurs, moldue, l’était-elle vraiment ? Clarence était incapable de le sentir. Il pouvait ressentir la magie dans l’air, mais pas chez les gens et c’était peut-être bien mieux ainsi, sinon il ne l’aurait jamais abordé.

Il nota que son enthousiasme s’était évaporé aussi rapidement qu’il était apparu. L’homme fronça les sourcils, ne comprenait pas ce changement de comportement chez l’inconnue. « Vous venez souvent à la National Gallery ? » Tout autant que vous, failli t-il répondre mais les mots restèrent silence. Il ne voulait pas surtout pas l’effrayer car elle se serait immédiatement sentie observée et Clarence ne voulait pas qu’elle croit cela. Non. Elle était un visiteur régulier parmi d’autres mais il s’était décidé à l’aborder, elle, car au delà de l’apparente banalité, il sentait qu’elle cachait autre chose, sans parvenir à déterminer ce qui l’avait rendu différente à ses yeux. « Je viens régulièrement mais je ne visite qu’une seule aile à chaque fois, afin d’avoir le temps d’observer les tableaux. »

« Au vu de votre curiosité vis à vis du tableau, je pourrais supposer que c’est la première fois que vous le voyez mais je pense qu’au contraire, vous l’avez déjà observé des dizaines de fois, sans jamais avoir réussi à percer ses mystères. » Encore une fois, il n’y avait aucune arrogance dans ses propos, ce n’était qu’une observation, des mots pour masquer le fait qu’il l’avait observé à de nombreuses reprises.

Il senti des regards dans sa direction, deux groupes qui tentaient de manifester leur mécontentement car, comble de l’horreur, il y avait une discussion pour salir le silence religieux du musée. Clarence se tourna lentement vers eux, et leur lança l’un de ces regards empli de haine qu’il réservait pour les imbéciles. Aussitôt, des murmures s’élevèrent du groupe, ce qui renforça le dégout et l’amusement du cracmol. Le silence était une chose – ne pas entendre des enfants brailler comme des animaux, des mères courir après leur progéniture mais un dialogue ? Il ne comprendrait jamais le comportement des gens. Il avait besoin de parler des tableaux, besoin d’avoir d’autres avis que le sien.

Il s’était rapproché d’elle, sans pour autant violer la distance règlementaire entre deux personnes. « Je pense que si nous continuons à observer cette toile aussi fixement, les vigiles vont croire que nous planifions de la voler » Il sentait leurs regards et ils étaient justifiés. Combien de fous s’étaient approchés des œuvres pour les vandaliser ? « Enfin… je ne serais pas contre cette idée » En cet instant, il était impossible de savoir si il était sérieux ou non. Clarence était adepte de ce genre de phrases qu’il laissait tomber sans se soucier des conséquences, uniquement pour voir la réaction de son interlocuteur. Par ailleurs, il était parfaitement sérieux. De nombreuses fois il avait songé à dépouiller les musées de leurs plus grandes œuvres, et cela uniquement pour voir les différentes réactions des moldus. C’était un jeu, encore, pousser les gens à bout, pousser ses actions à leurs limites. Il ne vivait que pour ces extrêmes.

« Dans cette aile uniquement, vous voudriez me montrer les œuvres qui vous interpellent ? » La question avait été lachée après quelques secondes de silence pendant lesquelles il l’avait observé fixement. « Vous pouvez refuser, je trouverais bien quelqu’un aussi passionné d’art que vous, enfin, je pense… » Il jeta un regard circulaire, observant la foule. « En vérité, vous êtes la seule personne qui prend le temps d’observer les détails. » Il avait parfaitement conscience que sa demande pouvait être mal interprétée, qu’elle pourrait voir en lui l’un de ces hommes qui n’hésitaient pas à profiter de la moindre occasion mais ce n’était pas le cas. Il n’abordait jamais les gens dans cette optique, tout du moins, pas dans un premier temps. Clarence avait besoin de tester leur intelligence.

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Léto H. Mansfield
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MessageSujet: Re: Un détour par la National Gallery   Dim 18 Aoû - 19:08

Elle l'avait sentit se retirer sous ses doigts, légèrement coupable, elle avait replacé instantanément une certaine distance entre eux.

« N’est-ce pas toute la magie d’une peinture réussie ? » Magie. Léto s'était mise à dévisager l'homme qui lui faisait face. Ce mot ne revêtait aucun sous-entendu particulier dans le monde moldu et pourtant la jeune femme ne pouvait s'empêcher de tiquer sur ce mot si particulier. Elle préférait presque entendre parler de sorcellerie que de magie, cela correspondait tellement mieux à l'image qu'elle avait, justement de la magie. Mais cet homme était nécessairement moldu, et ne pouvait pas savoir tout ce que ce simple mot, ces cinq lettres, impliquaient pour elle. Non, il ne pouvait pas savoir. Par réflexe, elle referma son esprit, de peur que cette personne au visage si marquant ne puisse lire son trouble. Ne rien laisser paraître. Voilà. C'était fait. « Selon moi, une œuvre est totale lorsqu’en la regardant, vous n’avez qu’une envie, traverser le tableau pour converser avec les personnages. » Bien, on restait au pays des moldus.

« Je ne pourrais être plus d'accord avec vous. Et encore, ce crâne en travers de la toile est comme une barrière qui nous repousse incessamment dans cette salle... et qu'on a envie de franchir dans un même élan. » Ces paroles semblaient par trop désuètes. Ca ne lui ressemblait pas d'étaler ses sentiments comme on étalerait sa culture. Non, c'était totalement pitoyable, elle devait se retenir. Après tout, elle ne connaissait pas la personne qui lui faisait face. Ce n'était pas parce qu'il l'avait abordée de la manière la plus charmante possible, non déplacée, et sans tomber dans les travers qu'ont par trop souvent les hommes, qu'il était digne de confiance pour autant. Elle devait rester sur ses gardes. Ils allaient discuter peinture et art en un lieu particulièrement approprié, rien de plus. Léto avait repris un visage plus froid, elle se cachait à nouveau, ou du moins, le tentait-elle.

« Vous ne devriez pas vous dévaloriser » Mais bien sur, se dévaloriser. Non, elle disait simplement la vérité. Pour elle, s'étendre ainsi ne pouvait qu'ennuyer son interlocuteur, enfin, elle aurait réagit de la sorte si lui, par exemple, s'y était pris de cette manière. Sans même qu'ils ne se connaissent. En vérité, elle avait l'impression de n'être qu'une gamine face à lui, sans qu'elle ne comprenne véritablement la raison de cela. « Je n'ai pas pour habitude de ... m'épancher ainsi. Désolé. » Une phase qui avait été débitée rapidement, comme pour mieux effacer les quelques secondes qui venaient de se dérouler. Elle devait trouver un nouveau sujet de conversation, et vite. Ah, voilà.  

« Vous venez souvent à la National Gallery ? »
« Je viens régulièrement mais je ne visite qu’une seule aile à chaque fois, afin d’avoir le temps d’observer les tableaux. »
« Je vois que nous avons les mêmes habitudes. » Elle omettait de préciser que c'était surtout par manque de temps. Visiter l'intégralité de la National Gallery en détail demandait une journée entière, et vu qu'elle ne supportait que difficilement la foule des grands jours... Elle ne faisait qu'y passer entre deux services. Néanmoins, elle trouvait le temps presque chaque semaine.

« Au vu de votre curiosité vis à vis du tableau, je pourrais supposer que c’est la première fois que vous le voyez mais je pense qu’au contraire, vous l’avez déjà observé des dizaines de fois, sans jamais avoir réussi à percer ses mystères. »
« Je vais finir par croire que vous savez lire dans les pensées. » Elle lui avait répondu sur le même temps, un tantinet joueuse même. Un peu trop d'ailleurs à l'évidence : des groupes commençaient à les regarder avec un peu trop d'insistance. Elle leur jeta un regard méprisant, relevant un sourcil. Un musée n'était pas une cathédrale, on avait le droit de communiquer, d'échanger ses impressions... Elle se demandait d'ailleurs si ce n'était pas eux qu'elle avait croisé sur le parvis, à parler avec un peu trop de force, même pour une place publique.

« Je pense que si nous continuons à observer cette toile aussi fixement, les vigiles vont croire que nous planifions de la voler » Un large sourire s'était affichée sur ses lèvres.  « Enfin… je ne serais pas contre cette idée »
« Il suffirait de mettre en place un plan d'attaque suffisamment cohérent.... et de diminuer la taille de cette toile. Mais ce n'est qu'un... infime détail. » Elle laissa son sourire s'étendre, laissant quelques secondes ses pensées divaguer. Un peu comme dans ce film de Steve McQueen, L'affaire Thomas Crown, avec un brin d'imagination tout était possible. Et avec de la magie entre de mauvaises mains, encore plus. Seulement Léto n'en serait jamais capable. Non. Dommage pourtant.

« Dans cette aile uniquement, vous voudriez me montrer les œuvres qui vous interpellent ? »
« Vous seriez donc incapable de migrer dans une autre aile du musée ? Je crois que vos habitudes ont encore plus la vie dure que les miennes.  » Lui servir de guide, elle n'y pensait pas vraiment. Ce serait tellement... innovant pour elle. Elle avait peur que certains groupes s'agglomèrent autour d'eux et l'écoute parler comme c'était trop souvent le cas quand quelqu'un, un tant soit peu intéressé par une peinture, se mettait à l'expliquer.  « Vous pouvez refuser, je trouverais bien quelqu’un aussi passionné d’art que vous, enfin, je pense… » Elle avait esquissé un geste soudain. « Non ! Je.. euh. » Elle s'était tue aussi soudainement que ces quelques mots avaient franchis ses lèvres. Elle avait l'air désespérée, elle soupira. Comment paraître imbécile en une leçon. Elle reprit contenance. « En vérité, vous êtes la seule personne qui prend le temps d’observer les détails. » Léto laissa un faible sourire s'étirer sur ses lèvres. Ce n'était pas tous les jours qu'elle recevait de compliments, du moins, sortant de son contexte professionnel.

Elle prit quelques secondes de réflexion. Continuer avec lui sa visite ou reprendre sa liberté ? Le dilemme était posé. La jeune femme plongea son regard dans celui de l'homme, cherchant à deviner ses intentions. En cet instant précis, elle se maudissait presque de ne pas avoir tenté de devenir légilimens également. Elle n'en saurait rien, il fallait qu'elle lui fasse confiance, et après tout, ils étaient dans un musée. Rien de facheux ne pourrait arriver. Souriant plus largement, elle lui fit part du résultat du débat intérieur qui venait de l'agiter : « Et bien, allons-y ! » Après quelques secondes de réflexion, elle se dirigea vers la salle sur Florence et Rome, puis s'arrêta dans le Portrait de Jules II, par Raphaël. C'était triste de voir si peu d'oeuvres de ce grand artiste ici, Léto savait parfaitement que pour apprécier pleinement ce qu'il avait pu faire au cours de sa vie, l'idéal était d'aller en Italie. Mais si elle voulait réellement profiter d'un tel voyage, il lui faudrait un bon mois sur place, et passer dans toutes les anciennes et glorieuses villes de la botte italienne, un luxe qu'elle ne pouvait vraiment pas se permettre.

« Que pensez-vous de mon choix ? » Elle s'était retournée vers l'homme qui l'avait suivie. Ce n'était pas anodin comme choix. « La manière dont Raphaël a représenté ce pape bâtisseur, épuisé, déjà fort avancé dans l'âge m'a toujours fasciné. On pourrait presque imaginé le plan d'une nouvelle église sous ses yeux, vous ne pensez-pas ? » L'entrain l'avait repris. Cependant, la jeune femme prenait gare à ne pas en déborder. Elle n'avait pas envie que la conversation se termine de sitôt, une telle rencontre était trop rare, un tel échange également. Elle ne voulait pas paraître pour autant béate devant cet homme, ce serait complètement contre-productif, et surtout, cela risquait d'envoyer le mauvais signal. Il ne s'agissait là que d'un simple échange intellectuel, et peut-être sentimental, pour les peintures, bien entendu.


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MessageSujet: Re: Un détour par la National Gallery   Mer 4 Sep - 16:09


« Je vais finir par croire que vous savez lire dans les pensées. » Il avait retenu un sourire. Lire dans les pensées, parfois, il aurait eu envie de posséder cette capacité, être légilimens, pouvoir deviner leurs pensées, en surface, être capable pendant un instant de déchiffrer directement leurs pensées plutôt que de s’obstiner à lire sur leurs visage, à déceler chaque trait. Puis immédiatement, il se rappelait que ses propres pensées étaient dangereuses, et donc qu’aucun légilimens, même averti souhaiterait entrer dans sa tête. « Ce serait un don bien encombrant. Vous entendriez tout ce qu’on pense de vous. » Il marqua une légère pause, balayant à nouveau la salle du regard, observait les nouveaux arrivants. « J’observe simplement vos réactions » Il avait appris cela, au fil des années, regarder les visages, les yeux, les mouvements du corps dont on ne se méfie pas. Clarence n’était pas capable d’interpréter tout un comportement mais il y avait certains gestes qu’il reconnaissait et qu’il pouvait aisément analyser.

Ils parlaient de vol, c’était une idée absolument farfelue, et l’homme s’était attendu à ce que la jeune femme soit outrée par ses propos. C’était souvent le cas d’amateurs d’art qui ne pouvaient pas concevoir l’idée de vol comme Clarence l’entendait. « Il suffirait de mettre en place un plan d'attaque suffisamment cohérent.... et de diminuer la taille de cette toile. Mais ce n'est qu'un... infime détail. » Son regard s’ancra plus profondément dans les yeux de celle qui lui faisait face. Il avait été intrigué par ses paroles mais cette curiosité n’avait pas lieu d’être. Après tout, un moldu aurait pu songer à cette idée et elle était la plus simple si l’on songer à voler un tableau et pourtant, quelque chose semblait lui indiquer qu’elle ne lui avait pas dit cela par hasard mais en réelle connaissance de cause. Se pourrait-il que ? Non, bien sur que non, il était en présence d’une moldue fascinée par l’art et Clarence ne devait pas gâcher cette belle surprise avec ses interrogations. « Ou nous pourrions inventer un procédé pour rendre le tableau invisible aux yeux des autres... »

Pendant un instant, il pensa qu’elle ne voudrait pas, qu’elle préférerait être seule et cela, il pouvait le comprendre, lui-même n’aurait pas suivi la première inconnue qui lui aurait adressé la parole. « Vous seriez donc incapable de migrer dans une autre aile du musée ? Je crois que vos habitudes ont encore plus la vie dure que les miennes. » Cette fois-ci, un franc sourire sembla illuminer le visage de l’homme qui redevint rapidement aussi sévère que d’ordinaire. Il laissait rarement les émotions le dominer, préférant tout garder, camoufler sous le masque mais les mots de la Belle Personne avaient su briser ses habitudes. En parlait d’habitudes, il en possédait de terribles, mais elles lui étaient nécessaire pour ne pas qu’il perde pied. Clarence avait besoin de cet ordre, partout, que ce soit dans son appartement, autant que dans ses habitudes qui étaient millimétrées au détail pied. Le besoin de contrôle était permanent chez lui, et c’est cela qui lui avait couté de nombreuses amitiés ; incapable d’accepter les gens comme ils étaient, il avait toujours ressenti ce besoin de les contrôler plus durement, de les changer, aussi.

Et pourtant, elle aurait pu décider d’aller dans une autre aile, il l’aurait suivi sans même poser de question car elle avait accepté sa demande et c’était suffisant à ses yeux pour qu’il l’a suive, peut importe où, même dans une aile reculée ne comportant que des sculptures ; l’un des rares arts qui le laissait indifférent et cela malgré le fait qu’il reconnaissait le travail titanesque.

« L’Italie, c’est un choix intéressent. » Les mots avaient été murmurés, un peu pour lui-même, et pourtant, ils avaient été prononcés avec suffisamment de clarté pour qu’elle l’entende. Il y était allé, une fois, pendant une année et ceci afin de voir, d’arpenter tous les musées, toutes les églises. Clarence avait sillonné ce pays en compagnie de sa sœur, mais cela n’avait pas été suffisant, une vie entière ne permettrait jamais de découvrir toutes les beautés qu’avait à offrir l’Italie, toutes ces œuvres d’art qu’elle cachait.  « Que pensez-vous de mon choix ? » Rien ne transperça sur son visage, mais un sourire aurait pu lui répondre, comme auparavant. Pas maintenant. Clarence ne devait pas baisser sa garde devant une inconnue, et cela encore moins parce qu’elle avait choisi une aile qu’il n’avait pas visité depuis longtemps. Il se tourna lentement vers le tableau choisi. Un Raphael. Des toiles hautement classiques mais inconditionnelles. « Ah ! Un portrait. Une peinture à la fois simple et hautement complexe » Pendant des années il était passé à côté des portraits, ne comprenant pas leur intérêt, n’y voyant que le narcissisme des commanditaires, puis, peu à peu, il s’était approché, délaissant sa méfiance pour finalement s’avouer que certains portraits renvoyaient une réalité désarmante. « La manière dont Raphaël a représenté ce pape bâtisseur, épuisé, déjà fort avancé dans l'âge m'a toujours fasciné. On pourrait presque imaginé le plan d'une nouvelle église sous ses yeux, vous ne pensez-pas ? » Grimm laissa échapper un demi-sourire suite aux propos et à l’entrain de l’inconnue. Il ne pouvait qu’approuver ses propos, c’est pourquoi il hocha imperceptiblement la tête.

« Vous enseignez ou c’est simplement une passion ? » Depuis le début de leur conversation, il avait été persuadé qu’elle pouvait être Professeur à l’université mais son entrain et sa joie à la vue des œuvres étaient trop exacerbés pour qu’elle soit au service des étudiants. Les rares enseignants qu’il avait croisés dans les musées, accompagnés d’une horde de gamins étaient souvent dépassés par leur besoin de répandre toutes leurs connaissances, par leur volonté d’écraser les étudiants. Peut-être que cette personne faisait exception à la règle et qu’elle était une enseignante possédant encore assez de curiosité pour s’émerveiller devant les oeuvres mais Clarence en doutait.  Il ajouta quelques mots. « Pardonnez-moi, c’est une question personnelle, vous n’êtes pas obligée d’y répondre » Les mots étaient courtois, peut-être de trop, ce qui le trahissait toujours, là, ses origines dans une famille de sang-pur attachée aux traditions. Ne jamais s’immiscer dans la vie des autres, c’était sa principale règle mais le peu de curiosité qu’il possédait, voulait répondre à la question qu’il s’était posé.

« Si vous appréciez de décrypter les regards des portraits, alors, vous devez appréciez Rembrandt, je me trompe ? » Ce n’était pas une affirmation tranchée, mais une question à laquelle il pensait avoir la réponse et pourtant, on sentait parfaitement qu’il voulait avoir une confirmation de son interlocutrice. Clarence ne cherchait pas à faire étalage de ses connaissances, ce n'était pas son but, jamais. Il voulait simplement connaitre les gouts de celle qui l'avait intrigué. « Notamment sa série d’autoportraits… »
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Un détour par la National Gallery

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