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 Esprit embrumé, au-dessus d'une mer de brouillard, sous la lune

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Liam Manderly
La passion de Poudlard. Professeurs & personnel.
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MessageSujet: Esprit embrumé, au-dessus d'une mer de brouillard, sous la lune   Dim 29 Sep - 19:10

Sale journée

La journée a été rude. Nous sommes le 17 octobre. Cela fait 2 ans jour pour jour qu'Ailise a connu la mort, dans cet attentat.
J'ai reçu un long courrier de ma famille. Mais je n'ai pas osé l'ouvrir, de peur de craquer devant les élèves et ses collègues. Je sais que Maureen est au courant. Hector a été sur mes talons toute la journée, surveillant mes faits et gestes.
J'ai tenu le coup, heureusement. Je m'étais préparé un programme infernal pour éviter de penser. Malheureusement, la journée se termine et avec elle, les activités prévues. Ailise a donc l'occasion de reprendre sa place dans mes pensées.
Dans ma chambre, cela fait quelques minutes (ou cela fait-il quelques heures?) que je regarde cette photo d'elle en pleurant. Sur le cliché magique, elle me sourit simplement et parfois lève sa main en une caresse inachevée.
Dans ma main, la bouteille de whiskey se vide lentement. Je ne sais pas où se trouve le bouchon. Mais de toute façon, je compte bien la finir. Parfois, entre deux volutes d'alcool, je m'inquiète de mon état du lendemain. Mais là, maintenant, je n'en ai rien à faire.
Finalement, je me sens trop à l'étroit dans cette petite pièce. Il me faut de l'air. Beaucoup d'air.
Je me lève en titubant et arrive tant bien que mal à la poignée de la porte. Une grande inspiration, je me redresse et rabat le capuchon de ma cape sur mon visage.

Dans la lumière blafarde de la lune et du lévrier irlandais

De longues minutes plus tard, j'arrive au sommet du château, sur le toit de la tour d'astronomie. Quelques élèves ont bien pu me croiser. Je ne sais pas. Le trajet a été compliqué jusqu'ici et derrière mes larmes, je n'arrivais à reconnaitre personne. Quelques cravates de couleur. Du bleu surtout, près de la bibliothèque. Mais aussi du vert, du rouge et du jaune. Cela va encore jaser dans les salles communes. Sûrement. Et j'ai entendu le bruissement des tableaux. Les portraits de ces sorciers, à la table du Chaudron Baveur, m'ont longtemps suivi, leurs chopes à la main. Mais après de nombreuses apostrophes à mon intention, même eux se sont lassés. Heureusement, ici, pas un seul tableau. Je vais être enfin au calme.

La vue est splendide. Le paysage a une couleur laiteuse. Comme la peau de ma Belle Disparue. Ici, au sommet de la tour, nous sommes au-dessus du brouillard d'automne. La Terre a disparue dans les limbes. Haut dans le ciel, les étoiles brillent, comme la lune. Décroissante et presque nouvelle, elle n'éclaire qu'un peu la mer de nuage devant moi, mais c'est bien assez pour cette soirée. L'air frais me revigore un peu. Je m'approche de la balustrade et regarde le vide sous les remparts. La hauteur me donne le vertige et me fait tourner la tête. Mon estomac suit le mouvement et je vomis amplement sur les vieilles pierres.
Pour faire passer le goût de bile sur mes lèvres, je reprends une gorgée de whiskey. La puissance de la boisson me fait secouer la tête.Avec un peu de chance, ce que j'ai vomi me permettra de mieux vivre mon mal de crâne à venir.
Je pose la bouteille près d'un télescope et m'écroule contre le mur. Quelques sanglots plus tard, je cherche un mouchoir. Ma main passe sur l'enveloppe toujours cachetée. Pas maintenant. Mais j'esquisse un petit sourire. Ma mère ne serait pas contente, si elle me voyait. Papa n'avait jamais le droit d'abuser, au pub. Et son fils chéri encore moins.

Ayant besoin de compagnie, je sors ma baguette. L'instinct reste vif, même lorsque l'on est dépressif et alcoolisé. Je ne l'ai pas oubliée. Maman... Je pense fort à elle et libère le sort. Expecto patronum. C'est un échec. Allons bon. Je ne l'ai pas lancé depuis longtemps, mais ce soir j'en ai besoin. Une chaleur rassurante, une lumière douce et réconfortante. Deuxième essai. Je me concentre lentement. Maman. La tarte aux pommes de juillet. Celle de mon retour à la maison. Cela devrait aller.
Expecto patronum. Et cette fois, il émerge de ma baguette. Une grande forme blanche. Mon beau lévrier irlandais. Lorsque je suis assis par terre, il est plus haut que moi. Et il commence à tourner autour de mon corps avachi, me réconfortant et me protégeant du mal.
Allez, profiter de sa présence et oublier. Je lève ma bouteille en pensant à l'homme que j'avais tué au côté d'Andrew. A ta mort, salopard! Puisses-tu brûler en enfer! Et je reprends une gorgée.

Quand je baisse la tête, je la vois devant moi. La seule qui connait déjà mon histoire, parmi les élèves. Ma partenaire de mal être.
Bonsoir Miss Ewing. Je tente de me relever mais retombe lourdement. Pardon, ce soir, je peux t'appeler Alice, je crois, comme au bon vieux temps... Allez, viens t'assoir. Mon patronus ne mord pas. Malgré sa sale réputation.
Depuis combien de temps est-elle là, à me regarder sans un mot?


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Dernière édition par Liam Manderly le Sam 4 Jan - 16:33, édité 1 fois
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Alice M. Ewing
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MessageSujet: Re: Esprit embrumé, au-dessus d'une mer de brouillard, sous la lune   Dim 6 Oct - 11:21

J'errais dans les couloirs de l'école, confiant mes pas au hasard. Je voyais les visages défiler, mais je ne reconnaissais personne. Peu importe. Ils n'étaient que des visages, des mirages sans importance pour lesquels je n'avais aucune empathie. Ils n'étaient que de passage dans ma vie, exactement comme en cet instant, des ombres fugaces qui disparaissaient dès lors qu'ils avaient tourné l'angle du couloir. Certains me regardaient encore avec dégoût, peu enclins à m'accueillir de nouveau parmi eux, comme si me voir traîner là avait le don de les révulser. D'autres encore avaient simplement pris le parti de m'ignorer. Tant mieux. Ou tant pis. Je n'allais pas m'apitoyer là dessus. Je n'avais jamais prêté la moindre attention au regard des autres, ce n'était pas pour commencer aujourd'hui. Je me fichais comme d'une guigne de ce qu'ils pouvaient bien penser de moi. Je n'étais sûrement pas idiote, j'entendais les bruits de couloir qui circulaient à mon égard. Les mots étaient loin d'être tendres, ils étaient parfois cruels, incisifs, mais au lieu de m'apeurer, cela me faisait doucement sourire. Oui, sourire, contrairement à ce qu'une personne normale aurait dû faire : réfléchir et se remettre en question. Aussi loin que je me souvienne, je n'avais jamais été une personne normale. J'étais différente. J'étais cette orpheline abandonnée à la naissance, je n'avais pas de passé, je n'avais qu'un avenir. Et encore. Maintenant, je n'étais plus qu'une marionnette aux mains des plus puissants.  Une marionnette qui rêvait de couper ses fils et d'être libre à nouveau. Pour l'instant, ce n'était pas possible, j'ignorais si ça allait être possible un jour. Qu'importe. J'étais là et ils devaient faire avec, malgré leur antipathie à mon égard. Autrefois, j'aurais jubilé d'avoir triomphé sur eux de cette façon, d'avoir réussi à m'imposer qu'ils le veuillent ou non, mais je ne sais pas, je n'éprouvais plus ce plaisir là. A dire vrai je n'éprouvais plus aucun plaisir, pour quoi que ce soit. Je restais passive face aux évènements qui se déroulaient sous mes yeux impuissants, indifférente à tout et à tout le monde. Pourtant, cela ne m'empêchait pas de tout noter, de tout ranger dans un coin de ma tête, au cas où ça me servirait plus tard. J'étais les yeux et les oreilles de Poudlard, j'entendais tout mais jamais je m'immisçais dans aucune conversation, jamais je me mélangeais aux autres, je regardais de l'extérieur, je restais en périphérie, et ma foi, cela me convenait.

Une silhouette solitaire capta mon attention. La déchéance à l'état pur. Manderly. Je serrai les poings lorsque je le reconnus, sentant une indicible colère revenir me ronger. Elle était là, elle dormait simplement, attendant de venir se répandre et tout dévaster sur son passage. Je n'avais pas oublié. Il avait surveillé cette retenue, l'autre soir, et il avait laissé cette pourriture de Synthia Grey m'accuser à tort, sans jamais lever le moindre petit doigt pour me défendre, pour me laver de tout péché. Comme les autres, il savait que ce n'était pas moi, que je n'avais rien fait – quel aurait été l'intérêt, encore une fois, de faire une chose pareille, moi qui me fichais des autres comme d'une guigne ? Je n'étais plus celle que j'avais été, cette fille là était morte à Sainte-Mangouste. Il ne restait plus que son fantôme, réduit au silence, à l'inexistence la plus totale. Emmerder les autres ne me divertissait plus autant qu'autrefois. Je m'en fichais éperdument. Les autres n'existaient pas à mes yeux. Ils n'étaient que des visages de plus en plus flous, des ectoplasmes revenant me hanter à l'occasion. Je n'étais plus qu'un monstre d'indifférence, à défaut d'être un monstre tout court. Alors, puisque j'étais tellement indifférente à tout, pourquoi je ressentais toute cette colère, un tel ressentiment ? Ce n'était pas de la colère, c'était de la rancune. C'était plus insidieux encore, parce que ça s'inscrivait dans le temps, comme gravé dans le marbre. Que faisait-il dans les couloirs, et surtout dans cet état ? J'ignorais ce qui me motiva réellement à le suivre. La curiosité ou un besoin d'assouvir un désir malsain, celui de voir déchoir la source de ma rancune ? Peut-être un savant mélange des deux, allez savoir. Ce n'était pas bien compliqué de calquer mes pas sur les siens, il titubait un peu, ce qui ralentissait sa progression. Je fronçais les sourcils. Avait-il bu ? De toute évidence, c'était le cas, comme en témoignait la bouteille qu'il tenait à la main. Elle ne contenait pas un truc très légal, si vous voulez mon avis. Je suivais le professeur comme son ombre, tout en tâchant de ne pas me faire repérer. Sinon, comment allais-je pouvoir me justifier ? Que je voulais des explications ? Des excuses, pour ne pas avoir cru en moi ? Dans l'état où il était, il n'allait jamais pouvoir me les donner, je doutais qu'il soit capable de formuler quelques mots dans un ensemble cohérent, et surtout intelligible pour tout le monde.

Ma filature me mena jusqu'au septième étage. Déjà, je me lassais, ce n'était plus un jeu, ça ne l'avait jamais été. Pourtant, il était trop tard pour rebrousser chemin. Mon orgueil ne le permettrait pas. Je n'avais pas fait tout ça pour rien, après tout. Je restai quelques instants au bas de l'escalier, essayant de me décider sur la marche à suivre. J'ignorais combien de temps j'étais rester là, à tergiverser. Une minute ? Peut-être dix ? Peut-être une heure ? J'avais perdu toute notion du temps. Après un long soupir résigné, je me décidai à pousser la porte et à monter les marches. Le froid automnal me cueillit aussitôt, me faisant légèrement frissonner. Comme d'habitude, je me promenais à moitié débraillée comme si au final, les capes étaient en option. Le temps de réfléchir encore un peu et j'avais déjà escaladé les dernières marches, et poussé la porte. Manderly se tenait effectivement là, sa bouteille à la main. Je n'avais pas rêvé, il était bel et bien dans un sale état. Sans bruit, je me glissai à l'intérieur de la pièce, me plaquant contre le mur. Et je restai là, jusqu'à ce qu'il me remarque. Je le vis lancer le sortilège du Patronus, et s'y reprendre à deux fois avant de réussir. Fascinée, je regardais cette étrange forme argentée, forme que je n'avais jamais été capable de produire. Aussi loin que je me souvienne, aucun filet argenté de ce genre n'était jamais sorti de ma baguette, tout portait à croire que le mal me rongeait depuis longtemps, tellement longtemps que je n'étais plus capable de ressentir quoi que ce soit d'humain, tel que la joie ou l'espoir. C'était encore plus flagrant depuis que les ténèbres avaient envahi mon âme. C'était ainsi que Liam Manderly m'avait toujours connue. Ténébreuse, malgré mon très jeune âge. Pourtant, tous s'évertuaient à croire que je pouvais encore être sauvée, à commencer par ceux qui avaient programmé ma réinsertion à l'école. Finalement, le professeur de botanique me remarqua. Il voulut se relever pour se donner un peu de consistance, mais le résultat ne fut guère concluant, il s'effondra comme un vulgaire tas de chiffon. « Bonsoir Miss Ewing. Pardon, ce soir, je peux t'appeler Alice, je crois, comme au bon vieux temps... Allez, viens t'assoir. Mon patronus ne mord pas. Malgré sa sale réputation. » Je ne réagis pas tout de suite, restant là, à le regarder sans mot dire, les bras croisés sur  ma poitrine. Mon regard était froid, indifférent, quoique toujours attiré par la silhouette argentée. J'allais lever la main pour le toucher, avant de me raviser. Ne risquais-je pas d'être brûlée si je m'approchais de ce concentré d'énergie positive, comme le serait un vampire exposé à l'eau bénite ? « Un patronus. » constatai-je finalement, platement. « Cela m'étonne que vous ayez réussir à en produire un dans votre état. C'est un exercice qui demande énormément de concentration et d'énergie positive, non ? » Je m'approchai alors, d'un pas. « C'est marrant, parce que j'ai toujours été désespérément inerte face à ce sortilège, jamais rien de tel n'est sorti de ma baguette, pas même une volute de fumée. » Un sourire blasé avait investi mes lèvres, tandis que je m'avançais encore, mes talons claquant sur la vieille pierre. « Ce n'est définitivement pas pour moi. » Même avec la meilleure volonté du monde, cela ne marchait pas. Au fond, quel souvenir particulièrement heureux et intense pouvais-je invoquer afin de produire un malheureux patronus ? Je n'en savais rien. Je ne voyais pas. C'était à croire que mon âme était damnée, depuis toujours.


Dernière édition par Alice M. Ewing le Lun 26 Mai - 13:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Esprit embrumé, au-dessus d'une mer de brouillard, sous la lune   Dim 3 Nov - 21:30

Lévrier irlandais et "chat sauvage"

Alice s'approche lentement du Patronus. Apparemment, je compte bien moins que lui. Un vague sourire se forme au coin gauche de ma lèvre. Le mouvement est trop fort et déclenche un haut le coeur. Heureusement pour moi, je n'ai plus rien à vomir. Le suc gastrique qui est remonté me brûle quand même l'oesophage. Une rasade de whiskey le fait retomber dans mon estomac et efface un peu la douleur, pour la remplacer par la brûlure de l'alcool. La bouteille est presque vide, maintenant. Par la tresse de Cuchulain, tous les diables sont contre moi, ce soir.
Elle lève la main vers mon lévrier, sans le toucher. N'hésite pas... L'énergie d'un pa... d'un patronus n'est pas dang...ereuse, elle ne peut rien te faire de mal... Que du bien... Mais peut être ne l'ac...ceptes-tu toujours pas?
La voix est hésitante, la langue est pateuse et l'odeur de la bile et de l'alcool peut agréable. Quelques flashs remontent de nos discussions, à Sainte Mangouste. Rien de cohérent pour la soirée. La froideur d'Alice. Un thé à la cafétéria de l'hôpital. Sa rancune envers ceux qui l'avaient abandonnée, les derniers temps. L'infirmière qui me parle de l'orpheline et de son histoire, la peur dans les yeux.
Un patronus. Cela m'étonne que vous ayez réussir à en produire un dans votre état. C'est un exercice qui demande énormément de concentration et d'énergie positive, non ?
C'est vrai. Mais je sais trouver en moi des ressources cachées. Une tarte aux pommes est peut être un objet très simple, mais elle peut être associée à de belles émotions, à une famille, à une enfance qui a connu ses hauts faits.
C'est marrant, parce que j'ai toujours été désespérément inerte face à ce sortilège, jamais rien de tel n'est sorti de ma baguette, pas même une volute de fumée. Elle sourit en s'avançant. Aura-t-elle le courage de le toucher? D'accepter un peu de bonheur, pour une fois? Finalement, cela pourrait bien la brûler en fait. Il est dur de devenir humaine à son âge...
Ce n'est définitivement pas pour moi.Allez, gamine, ose le bonheur, pour une fois dans ta vie. Tu veux qu'on essaye ensemble?

Incohérences, colère et ordres

La proposition est sortie toute seule, comme ça. Sans réfléchir. Mais en parallèle, j'ai senti sourdre une certaine colère. C'est moi, le mec au fond du trou, ce soir. Cette grande ado ne va pas me voler cela. Nous sommes le 17 octobre. Pas un quelconque jour de l'année. Tous les autres, je te les laisse. Ou je te propose qu'on les partage. Je vais garder pour moi les 12 mai (notre rencontre), les 14 août (notre mariage), les 21 février (son anniversaire) et les 28 mai (notre baiser). D'autres dates suivront peut être, mais Alice a le devoir de me laisser malheureux ces jours là.
Lentement, je compte les dates sur mes doigts. Je tends le pouce, puis l'index, le majeur, l'annulaire (et sa bague), l'auriculaire de ma main gauche, en poussant chaque nouveau doigt avec l'index de l'autre main.
5 JOURS! ... J'ég...jige ces cinq jours, pour mon malheur personnel. Tu n'as pas le droit de faire la gueule ces jours là! Marché conclu?
Elle comprendra ce qu'elle pourra. Pour moi, c'est très clair. Je sais où j'en suis de mon raisonnement. Bien sûr, l'auditrice, aussi attentive qu'elle soit, aura sans doute plus de mal à me suivre...
Alors ce soir, tu mmmm'écoutes, tu bbbois peut être un coup avvec mmmmoi, si on trouve une autre bouteille... et tu apprends à lancer des patronus.
Je dresse ma baguette devant moi, manquant de frapper Alice, par maladresse.
ACCCCio whiskey!
J'écoute avec attention pendant plusieurs secondes, un doigt sur la bouche, pour intimer le silence à Alice, mais rien ne se passe.
Jesus! Où est ce sacré Hector, quand on a besoin de lui?
Un craquement, un nuage de fumée. Digne comme un majordome de l'époque victorienne, l'elfe de maison est là devant moi, gardant son air sérieux et précieux, tout en fronçant ses épais sourcils. Il se tient plus droit que d'habitude, comme s'il compensait le tassement de mes épaules. La rigueur de la science botanique, dans toute sa splendeur.
Professeur? Le ton est tout en reproches. Les trois syllabes bien détachées. Un mouvement de menton marquant l'accent tonique. Mais je n'ai cure, ce soir, de lui déplaire.
Ah, enfin, vous voilà. Trouvez moi, une autre bouteille de whiskey, s'il vous plait. Dans la serre, les cuisines, la cachette de Owen grey ou la réserve d'un collègue, je m'en fiche. Et deux verres, s'il vous plait. Et sans commentaire. Je sais bien ce que vous pensez. On verra cela demain.
Et toi, gamine, tu t'assieds!

Pas sympa de traiter son assistant de cette manière. Mais l'instinct des elfes de maison l'obligera bien à répondre à ma demande. Quant à Alice, comment réagira-t-elle? La dernière phrase était impérative et accompagnée d'un geste de ma main, qui tape deux fois le sol à ma droite. Pour y arriver, il faut passer devant le patronus...
Un nouveau craquement et Hector a déjà disparu. Il reviendra quand il voudra. Vite, j'espère.


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MessageSujet: Re: Esprit embrumé, au-dessus d'une mer de brouillard, sous la lune   Ven 27 Déc - 12:59

Fascinée, je regardais la forme de lumière argentée se mouvoir sous mes yeux. C'était si beau, si irréel, et pourtant, si inaccessible. Rien de tel ne pouvait sortir de ma baguette, j'en étais persuadée. C'était un concentré d'énergie positive, et mon âme était bien trop sombre pour en receler ne serait-ce que quelques gouttes. Tout cela s'était noyé dans mes ténèbres, à un point tel que moi-même, je m'étais perdue au détour des sentiers les plus obscurs. La beauté de cette chose accaparait toute mon attention, si bien que j'en oubliais la présence du professeur fortement aviné. J'étais littéralement hypnotisée par ce lévrier, crevant presque d'envie de le toucher. N'allait-il pas se volatiliser à mon toucher ? Moi qui avais la fâcheuse propension à détruire tout ce que j'effleurais, je me posais la question. La créature diffusait une lueur douce et apaisante. Pour la première fois depuis longtemps, je sentis la chaleur m'envahir, une chaleur que je croyais ne plus être capable de ressentir un jour. Cela ne signifiait qu'une chose, que tout espoir n'était pas mort, que je n'étais pas totalement irrécupérable. Je pouvais encore changer. La question qui se posait était alors de savoir si j'en avais réellement envie. « N'hésite pas... L'énergie d'un pa... d'un patronus n'est pas dang...ereuse, elle ne peut rien te faire de mal... Que du bien... Mais peut être ne l'ac...ceptes-tu toujours pas? » Même complètement ivre, il venait de mettre le doigt sur une des problématiques qui charpentaient mon existence. Acceptais-je de ne pas être foncièrement mauvaise, qu'il y avait du bon en moi ? J'eus envie de rire à cette pensée. Je refusais cette perspective. C'était tellement absurde. Tout le monde me détestait, et je me complaisais dans la haine qu'on vouait à mon égard. Je m'en nourrissais. Je carburais à la rancœur, c'était mon moteur depuis tellement d'années à présent, depuis tellement longtemps que je répugnais à m'en séparer. J'avais l'impression que ce faisant, j'allais me retrouver amputée d'une partie de mon âme, de ce que j'étais. On ne pouvait pas toucher à ça sans me dénaturer complètement. Pourtant, j'avançai un peu plus la main, prête à effleurer cet être, mais je me ravisai brutalement, comme si ce truc venait de me brûler. Au final, peut-être étais-je de ces créatures qui craignaient la lumière du jour, et qui préféraient vivre dans l'obscurité.

Au final, le bien, le mal, tout ça, c'était des notions purement relatives. Tout reposait sur du subjectif, il n'y avait pas de vérité universelle. Voilà bien longtemps que j'avais cessé tout ce questionnement, cette distinction, au demeurant artificielle, n'éveillait aucun intérêt en moi. J'agissais selon mes instincts, selon mes désirs, sans me brider outre mesure. Je me fichais bien des répercussions que cela pouvait avoir, d'ailleurs, pour le coup, ce que je faisais me paraissait être une bonne idée, et pourtant, les autres n'étaient pas du même avis. Pour tout le monde, j'étais cette fille un peu déséquilibrée, qui ne savait pas faire la différence entre le bien et le mal, le bon et le mauvais. J'étais celle qui était dépourvue de toute conscience, et de toute considération d'ordre moral. Je n'étais rien d'autre que ça. « Tu veux qu'on essaye ensemble? » J'arquai un sourcil interloqué. Moi, essayer de lancer un patronus ? N'avait-il pas compris que tous mes essais ont été jusqu'alors infructueux ? De base, j'étais une bien piètre sorcière, c'était à se demander si dans le fond, je n'étais pas qu'une cracmol tant ma magie, si elle existait, était erratique et peu efficace. Exactement comme les jeunes enfants qui découvraient leurs pouvoirs, ma magie était la plus puissante sous l'emprise d'émotions fortes, comme la colère, ou encore l'angoisse. Je ne savais pas bien jeter des sorts en étant pleinement concentrée. Autrement dit, le fait que je me retrouve à un niveau d'études aussi élevé tenait du miracle. Pourtant, tout le monde s'escrimait à voir en moi l'existence d'un certain potentiel. Potentiel de quoi, je me le demande. Potentiel pour tout détruire sur mon passage, sans doute. C'était à ça que j'étais vouée de toute façon, semer le chaos et la destruction. Je hochai alors fermement la tête, comme pour décliner sa proposition. Je ne voulais pas connaître l'humiliation d'avoir encore une fois échoué. C'était mon orgueil qui parlait. Mais me rétamer méchamment devant un homme complètement ivre, c'était différent, non ? Il ne m'en tiendrait pas rigueur. Alors, pourquoi ne pas tenter, tout simplement ? Parce que je n'étais pas courageuse, et il s'agissait là d'une réponse qui me suffisait amplement.

Peut-être que finalement, ma réponse ne conviendrait pas au professeur. Peut-être qu'il râlerait, qu'il me rappellerait à l'ordre. Il me répéterait sans doute de ne pas sous-estimer mes capacités, que j'avais du potentiel. En bref, qu'il fallait que je me reprenne. L'ombre d'un sourire sarcastique se dessina sur mes lèvres. En ce moment précis, ce n'était sûrement pas moi qui étais au plus bas. « 5 JOURS! ... J'ég...jige ces cinq jours, pour mon malheur personnel. Tu n'as pas le droit de faire la gueule ces jours là! Marché conclu ? » Cinq jours ? Quels étaient donc ces cinq jours ? J'avais peut-être loupé un épisode, je ne comprenais plus rien. J'esquissai une moue dubitative. « Moi, je trouve que vous vous lamentez trop sur votre sort, professeur. » Si le terme professeur avait été ajouté en signe de politesse, mon reproche, lui, n'avait absolument rien de poli. Il n'y avait plus de hiérarchie qui tienne, je n'étais plus son élève et il n'était plus mon professeur. Il était simplement cet ami que j'avais connu à Sainte-Mangouste. Tout du moins, il ressemblait fort à l'idée que je me faisais d'un ami. « J'ignore ce qui vous a mis dans cet état, mais vous feriez mieux d'arrêter de boire. » Seigneur, que j'étais mal placée pour donner des leçons. Je haussai les épaules d'un air contrit, avant de me rapprocher de sa silhouette avachie. Je m'accroupis pour être juste à sa hauteur. « Alors ce soir, tu mmmm'écoutes, tu bbbois peut être un coup avvec mmmmoi, si on trouve une autre bouteille... et tu apprends à lancer des patronus. » C'était tout un programme. Je n'étais guère emballée par ces perspectives, mais je n'osai rien dire, pour une fois. Par contre, un verre ne serait pas de refus, finalement. J'eus un mouvement de recul lorsque Manderly manqua de m'éborgner avec sa baguette. Puisque j'étais déjà accroupie, je tombai assise sur les fesses, les mains rivées au sol pour amortir la chute, bien que je ne chutai pas de beaucoup. C'était juste ce qu'il fallait pour rétablir un tant soit peu l'équilibre. « ACCCCio whiskey! » En fait, il me faisait de la peine. Il était dans un état tellement pitoyable que j'en venait à me demander comment il pourrait lancer des sorts efficaces. Je n'étais même pas étonnée que celui-là ne produise aucun effet. « Ah, enfin, vous voilà. Trouvez moi, une autre bouteille de whiskey, s'il vous plait. Dans la serre, les cuisines, la cachette de Owen grey ou la réserve d'un collègue, je m'en fiche. Et deux verres, s'il vous plait. Et sans commentaire. Je sais bien ce que vous pensez. On verra cela demain. Et toi, gamine, tu t'assieds! » Le truc, c'était que j'étais déjà assise, techniquement parlant, mais sans doute pas à l'endroit qu'il voulait que je sois. Je regardais fixement l'endroit où il voulait que je m'installe. Puis, sans dire un mot, je contournai le patronus et m'assis à nouveau. L'art ou la manière de ne pas s'embêter avec les choses. « Et maintenant ? » interrogeai-je, en appuyant ma tête contre le mur de pierres. « Vous comptez vraiment lancer des sorts...dans un tel état ? » je me souvenais bien de ce qui s'est passé la dernière fois que j'avais bu comme un trou. J'avais été tellement incapable de maîtriser ma magie que j'avais tué quelqu'un. Ce n'était qu'un regrettable accident. Ce n'était pas censé se passer ainsi, tout du moins au départ. « En admettant que je m'essaie à l'exercice, pensez vous vraiment que j'en sois capable ? » Sous-entendu, lancer des patronus, bien évidemment. Mais était-ce utile de le préciser ?


Dernière édition par Alice M. Ewing le Lun 26 Mai - 13:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Esprit embrumé, au-dessus d'une mer de brouillard, sous la lune   Sam 4 Jan - 17:03

Souvenirs confus de Sainte Mangouste

Alice passe à côté du grand lévrier argenté et s'installe à ma droite. Malgré la quantité d'alcool qui agit sur mon cerveau et perturbe mes sens, je ressens la chaleur qu'elle dégage dans cette soirée brumeuse. Bizarrement, sa présence à mes côtés me fait du bien. Pendant longtemps, à Sainte-Mangouste, elle était ce qui se rapprochait le plus d'une amie. Ma famille venait rarement à Londres me voir et si j'avais des bonnes relations avec le personnel soignant, nous n'étions pas réunis pour les mêmes raisons. Alice était une patiente elle aussi. Et si elle était seule à l'hôpital, orpheline, j'étais aussi abandonné qu'elle à cette période. Son coeur froid avait le don de réchauffer le mien. Et même si elle ne souriait pour ainsi dire jamais, elle était là pour moi.
Etrange, quand on connait le parcours de la gamine. Et sans doute, les autres patients et employés de Sainte-Mangouste n'avait pas l'impression qu'elle était particulièrement attentionnée ou douce avec moi. Mais au fond de mon esprit, c'était elle qui m'avait raccroché à la vie. Comme ce soir.
Toujours là quand j'ai besoin de toi, Alice. Merci... Je me tourne légèrement de son côté, lentement. Mais mon cerveau se met à tourbillonner sur lui même. Je la vois s'appuyer contre le mur. Un mouvement sans doute calme, mais qui est amplifier par mon état. J'ai l'impression qu'elle va se fracasser le crâne contre les remparts. Je crispe tous les muscles de mon visage, en attendant le bruit du choc qui n'arrive finalement pas et me détend un peu.

Et maintenant ? Vous comptez vraiment lancer des sorts...dans un tel état ? 
Elle avait bien évidemment raison. Ce n'était pas le meilleur moment pour réussir à lancer des sorts, mais j'avais bien réussi à faire sortir mon beau lévrier irlandais. Et de toute façon, maintenant, c'était elle qui devait lancer des sorts, plus moi. C'était elle l'apprentie sorcière...
C'est pas faux... Il est beaucoup bien plus difficile d'obtenir un résultat si l'on n'a pp...pas l'esprit clllair. Mais je peux te dire... qu'aujourd'hui, c'est sans alcool que mon cerveau était ravagé. J'avais besoin d'oublier ma solitude dans quelques verres.
Et c'est tà ton tour d'essayer!

Il y avait bien quelque chose qui passait dans son regard à cet instant. Je tentais tant bien que très mal de me rappeler si elle avait déjà bu. En avions-nous déjà discuté? Mes souvenirs sont trop confus pour cela.
En admettant que je m'essaie à l'exercice, pensez vous vraiment que j'en sois capable ?
Je la regarde avec attention. Mes yeux partent un peu en vrille. Je louche un peu quand j'ai un coup dans le nez. J'essaie de me concentrer sur ses yeux. Mais il est difficile de se plonger dans son regard, d'aussi près. Je passe sans cesse d'un oeil à l'autre, cherchant à lire dans son esprit. Mais j'ai beau faire, je ne suis pas légilimens. Je lui souris aimablement.
Bien sûr, cocotte, on va y arriver ensemble. Cocotte? Pourquoi pas? Je ne me souviens pas l'avoir jamais appelé ainsi. Et je ne m'en souviendrai pas demain.

Cours particulier

Pour commencer, sors ta baguette! Et fais un geste, COMME CA! J'accentue théâtralement le mouvement manquant de peu mon genou et son oreille.Allez! J'attends impatiemment qu'elle s'exécute.
Ensuite, ferme les yeux et cherche un souvenir heureux. Ton plus beau souvenir. Je sais que... tu adores faire la dure. Mais si tttu sais te mettre en colère, c'est qqq... que tu es capable de tous les sentiments humains. Pour l'aider, je ferme aussi les yeux et me concentre aussi. Aileen. Notre propriétaire qui nous tend des clés. Un au revoir. Une porte claquée du pied et nous sautons sur le lit, même pas recouvert de draps. Maman, sortant une tarte aux pommes du four. Andrew et notre fou-rire sur le pont enjambant la Lagan river. Mon premier sort, en cours.
Tu es sans doute fière de quelque chose. Dès que tu es prête, lance toi! Expecto patronum! Ma baguette s'illumine légèrement et je perds mon précédent sort. Mon patronus disparait sous la lune, qui se marre...
Oups! Tant pis. Mais où est ce fichu Hector?


Let's have a Party in the Greenhouses

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Alice M. Ewing
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MessageSujet: Re: Esprit embrumé, au-dessus d'une mer de brouillard, sous la lune   Lun 26 Mai - 13:42

Au début, je n'avais pas prévu de rester. Je ne me sentais pas réellement d'humeur à faire la conversation à un vieil alcoolique qui n'avait plus toute sa tête. De la même façon, j'avais promis à la mère Filztter de ne pas me montrer trop familière avec un membre de l'équipe professorale. Elle m'avait enjoint de respecter la hiérarchie. Je leur devais le respect qu'impliquait leur fonction. Ils n'étaient pas des parents de substitution ni même des copains. Ils étaient là pour m'inculquer tout ce que j'avais besoin de savoir pour décrocher mes diplômes, rien de plus. La nature humaine étant ce qu'elle est, certains professeurs ne pouvaient pas s'empêcher d'avoir des favoris. Des chouchous, comme disaient les gens jaloux de ne pas pouvoir bénéficier d'autant d'attention. Parfois, j'avais méprisé ces élèves qui entraient dans les bonnes grâces de l'Autorité. Je n'avais jamais eu ni les notes, ni le comportement adéquat pour être dans leurs petits papiers. J'étais ce boulet qu'ils se traînaient dans l'espoir de pouvoir faire quelque chose de moi un jour. Pourtant, avec Manderly, c'était différent. Ce soir, il n'était pas vraiment mon professeur. Il se rapprochait au plus près de la figure paternelle que je n'avais jamais connue. Ne m'avait-il pas appelée gamine quelques instants plus tôt ? Il fallait reconnaître que c'était un surnom bien trop affectueux pour une simple élève. Comme à mon habitude, je restais neutre, aussi inexpressive que les pierres contre lesquelles j'étais adossée. Je ne souriais pas, mon regard n'exprimait aucune émotion, si ce n'est qu'une certaine curiosité. « Toujours là quand j'ai besoin de toi, Alice. Merci... » Je ne répondis rien à ces quelques mots qui signifiaient sans doute beaucoup à ses yeux. Je n'étais pas certaine de savoir ce qu'il fallait répondre dans de telles circonstances. Les conventions sociales m'échappaient totalement. Fallait-il que je réponde de rien, comme si je trouvais ça normal d'être présente alors que ça ne l'était pas du tout – il était mon professeur, que diable ! Le pire dans tout ça, c'était que je n'avais même pas fait exprès d'être présente. Si j'étais là, c'était uniquement par hasard. Bon, d'accord, ce n'était pas tout à fait par hasard. En fait, je l'avais suivi dès lors que je l'avais aperçu en train de tituber. J'émis alors l'ombre d'un sourire crispé. « Je vous ai suivi. » finis-je simplement par avouer, sans fioritures, exposant simplement ce qui était. Sous entendu, je n'avais aucun mérite, jamais je n'aurais dû me trouver là. Mais pour Manderly ça devait être du pareil au même, j'étais là, c'était tout ce qui comptait. Je donnais l'illusion d'être une amie fidèle au poste, sur qui on pouvait compter, mais ce n'était pas moi tout ça, ça ne serait jamais moi.

Concernant son histoire de patronus, j'étais toujours aussi sceptique. Déjà que je n'étais pas certaine d'y arriver en étant complètement sobre, j'étais exactement en train de me dire que si le professeur Manderly avait réussi à créer ce lévrier, cela tenait probablement du miracle. L'alcool devait certainement avoir des vertus curatives. Certes, on n'avait plus l'esprit très clair, nos pensées se débridaient parfois, mais justement, c'était ça le truc. Peut-être était-on un peu plus enclins à montrer ce que nous étions, à aborder les choses sous un angle un peu plus positif. L'alcool rendait les gens guillerets, plus ouverts que d'habitude. « C'est pas faux... Il est beaucoup bien plus difficile d'obtenir un résultat si l'on n'a pp...pas l'esprit clllair. Mais je peux te dire... qu'aujourd'hui, c'est sans alcool que mon cerveau était ravagé. J'avais besoin d'oublier ma solitude dans quelques verres. Et c'est tà ton tour d'essayer! » C'était triste quand on y pense. En être réduit à oublier sa solitude dans un fond de whisky. Pourtant, dans un sens, je comprenais. La solitude qui me rongeait n'était sans doute pas comme la sienne, mais l'idée était la même. La solitude lorsqu'elle durait trop longtemps rendait fou. Peut-être est-ce même ce qui m'avait fait plonger de l'autre côté de la barrière. Je n'avais pas eu de garde-fou susceptible de me donner une bonne paire de baffes pour me remettre les idées en place. J'avais toujours vogué en roue libre, me contentant de suivre mon instinct d'autodestruction. L'ennemi, ce n'était pas les autres, ça ne l'avait jamais été. Mon plus grand ennemi, c'était moi-même. « Je n'ai pas de baguette. » opposai-je en guise de protestation, tandis que je me doutais bien que cet argument serait irrecevable à ses yeux. Je pouvais toujours utiliser la sienne, n'est-ce pas ? Or, je n'osais pas. Personne ne m'avait jamais prêté sa baguette. Dans le fond, je craignais la réaction de l'objet dès lors que je m'en emparerai. Allait-il manifester un rejet si violent que mes paumes en brûleraient, ou allais-je être projetée à l'autre bout de la pièce ? Certaines baguettes n'étaient pas taillées pour être en contact du mal. Elles ne convenaient qu'à une âme pure et innocente, dépourvue de mauvaises intentions. En plus de cela, j'étais une bien piètre sorcière. Je peinais déjà à sortir un aguamenti avec ma propre baguette, comment pourrais-je lancer un sortilège d'une telle puissance avec la baguette d'un autre ? Pourtant, cela ne semblait pas être un obstacle. Il semblait convaincu que je pouvais y arriver. « Bien sûr, cocotte, on va y arriver ensemble. » Je détournai le regard pour contempler le lévrier. Mouais. On va dire que je n'étais pas spécialement convaincue mais bon, l'espoir fait vivre, non ?

Déjà, il se mettait en position. Je me redressai légèrement, un peu tendue. Déjà, il me montrait la marche à suivre. Je dus me pencher sur le côté pour esquiver ses grands gestes. La pointe de sa baguette effleura mon oreille. Heureusement que j'avais des bons réflexes, sinon, il m'aurait sans doute éborgnée. « Allez! » J'eus un léger mouvement de recul. Je m'apprêtais à réitérer mon objection de tout à l'heure, mais il ne semblait pas décidé à la prendre en compte. En plus, avec les nouvelles restrictions qui accompagnaient ma réinsertion à Poudlard, je n'avais pas le droit de garder ma baguette sur moi. Tant que je n'en avais pas besoin, elle était conservée dans le bureau de la directrice. Elle ne la sortait uniquement dans le cadre de nos leçons particulières. Elle me la donnait pour mes cours pratiques et je devais la lui rendre aussitôt après. Question de sécurité, voyez vous ? La plupart du temps j'étais désarmée. Inoffensive. Lui par contre n'était pas du tout inoffensif. En fait, son ivresse le rendait dangereux. Je me rappelai alors de ce qui s'était passé ce soir là. Ce fameux soir où je m'étais définitivement damnée en me tournant vers le mal. J'avais aussi mon discernement amoindri par la boisson. L'alcool avait fini par gommer la frontière qui existait entre le bien et le mal, entre ce qui est permis et ce qui est interdit. Ce soir là, j'avais succombé à mes démons intérieurs, j'avais lâché la bête qui était en moi. Puis, je revins brusquement à la réalité. Mon regard s'était assombri. Je m'approchai du professeur. « ça suffit. » décrétai-je en m'emparant de sa baguette. La confisquer serait un terme plus approprié. « Vous allez finir par produire une catastrophe si vous continuez comme ça. Ce n'est pas ce que nous voulons, ni vous, ni moi. » D'ici à ce qu'on m'accuse d'y être pour quelque chose puisque j'avais la fâcheuse manie d'être dans les mauvais coups. Puis, je sentis une vive douleur dans le creux de ma main. Surprise, je lâchai le bout de bois, qui tomba sur le sol dans un bruit mat. Je regardai l'intérieur de ma paume. brûlée. Je refermai ma paume non sans grimacer de douleur. « Je crois que votre baguette ne m'aime pas. » dis-je d'un ton qui se voulait détaché. « Ecoutez, je pense que ce n'est pas une bonne idée. » un drôle de sentiment m'avait prise aux tripes. C'était un sentiment inexplicable. De la peur, peut-être ? « Il faut soigner ça. » c'est que ça faisait mal, cette cochonnerie. Ma peau rougeoyait et formait des cloques par endroits. La vache. Ce stupide bout de bois ne m'avait pas loupée.
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Esprit embrumé, au-dessus d'une mer de brouillard, sous la lune

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